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Mme Mbow - Même les gens instruits vivent dans des conditions qui les empêchent d'employer leur savoir à cause de leur profonde pauvreté. Ils n'ont pas d'emploi, ou n'ont pas la possibilité d'améliorer leur situation. Le renforcement de la classe moyenne est important pour la démocratie car un Etat démocratique ne fonctionne pas bien si la classe moyenne s'appauvrit ou si elle n'est pas en mesure de participer à la vie politique du pays. Mme Bwomezi - Nous devons travailler à stimuler l'élément « demande » de la participation des femmes aux affaires publiques. Les personnes qui auront des résultats sont les personnes engagées et non les politiciens. Les politiciens ne cherchent guère à instruire les électeurs, ils ne veulent pas d'électeurs instruits car ceux-ci les feraient perdre aux urnes. Au sein de notre « Partenariat pour l'instruction des femmes », nous appliquons un principe pratique : aller au-devant de la population, diriger des ateliers propres à faire ressortir les qualités et les connaissances qui pousseront les femmes à exiger ce dont elles ont besoin. Une Constitution est une chose merveilleuse, mais il n'y a pas assez de femmes qui font les réclamations nécessaires. Quels sont, selon vous, les principaux problèmes auxquels les femmes ont à faire face dans votre pays ?
Dans l'immédiat, il faudrait qu'une femme siège à la Cour suprême. Il est nécessaire que le président Karzaï nomme des femmes et que le Parlement les confirme. Nous avons beaucoup de femmes juges tout à fait compétentes. Mme Mbow - Ce qui affecte le plus les femmes en milieu rural mais aussi dans les villes, en particulier dans les banlieues, c'est la pauvreté. Certes, la santé est un sujet extrêmement important, mais en Afrique la lutte contre la pauvreté est prioritaire. Il nous faut des ressources pour promouvoir la création d'entreprises capables de fournir aux femmes les moyens de lutter contre la pauvreté. La pauvreté est liée aussi à l'analphabétisme. Mme Bwomezi - En Ouganda, la paix et la sécurité priment. Dans un pays déchiré par la guerre civile, les Ougandaises doivent pouvoir se lever le matin vivantes pour se rendre dans leur potager et trouver de quoi préparer un repas. La pauvreté vient ensuite, suivie de l'éducation bien sûr, l'alphabétisation. Une fois posés les fondements en Ouganda, toute mesure, qu'elle appartienne au domaine de la santé, de l'éducation ou de la lutte contre la pauvreté, doit adopter une approche qui tienne compte des femmes.
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Jeudi 2 mars 2006 Mise à jour:
Jeudi 2 mars 2006
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