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La Société du compte du millénaire fait des « progrès importants »Propos de son président-directeur général devant une commission sénatorialePar Charles W. Corey Washington - La Société du compte du millénaire (« Millenium Challenge Corporation » ou MCC) a fait des « progrès importants » en ce qui concerne la réalisation de ses objectifs lorsqu'elle a conclu avec Madagascar son premier contrat qui porte sur une aide financière de près de 110 millions de dollars, a déclaré le président-directeur général de cette société, M. Paul Applegarth, à la commission des affaires étrangères du Sénat, le 26 avril. La signature du contrat avec Madagascar le 18 avril « constitue un pas en avant important pour la MCC, mais ce n'est qu'un début, a-t-il dit. De nombreux autres pays prennent des mesures pour pouvoir conclure un tel contrat. Nous sommes en mesure d'améliorer les conditions de vie de centaines de millions de personnes à condition que nous disposions de moyens financiers suffisants. » La MCC, a-t-il indiqué, a déjà informé le Congrès de son intention de conclure des contrats avec le Honduras, la Géorgie, le Nicaragua et le Cap-Vert. Si les négociations en cours aboutissent et si le conseil d'administration de la MCC donne son accord, ces contrats devraient être tous signés cet été. Le conseil d'administration doit examiner le projet de contrat avec le Honduras le 20 mai. Par ailleurs, la MCC prépare des projets de contrat avec plusieurs autres pays. Lors de l'élaboration de ces contrats, la MCC accorde une importance particulière aux domaines suivants : développement dans les zones rurales, agriculture et irrigation, propriété foncière, réformes du secteur financier, développement du secteur privé et mise en place de l'infrastructure. M. Applegarth s'est déclaré persuadé que les contrats conclus donneraient des résultats positifs et mesurables. On peut déjà observer, a-t-il dit, l'influence de l'action de la MCC. « Des États consultent leurs citoyens, parfois pour la première fois (...) Depuis l'annonce des indicateurs du Compte du millénaire en février 2003, le nombre moyen de jours nécessaires pour accomplir les formalités de création d'une entreprise a diminué pour passer de 61 à 46 dans les pays désireux d'obtenir une aide financière du Compte du millénaire. » En outre, un grand nombre de pays se sont attaqués à la corruption, qui constitue l'un des grands critères de la MCC. La MCC a un échéancier différent de celui de nombreux autres organismes d'aide parce que sa mission est aussi différente, a-t-il expliqué. « En matière de secours d'urgence et d'aide humanitaire, la détermination du problème et de la solution est relativement simple : il s'agit de sauver des personnes en danger, de les nourrir et de les héberger. « La tâche de la MCC est fondamentalement différente. Les problèmes sont plus difficiles à régler et les solutions moins évidentes. La découverte des véritables raisons de la pauvreté et l'élaboration de solutions susceptibles d'aboutir à la réduction de la pauvreté et à une croissance durable exigent un examen sérieux et beaucoup de réflexion. » L'élément déterminant est que les pays partenaires de la MCC jouent pour la première fois un rôle primordial dans le processus de développement, a souligné M. Applegarth. « Ils ne veulent pas de solutions temporaires rapides. Ils veulent une aide pour entreprendre des réformes structurelles durables qui réduiront la pauvreté. Nous les aidons et ensemble nous devons définir les objectifs, déterminer les résultats souhaités et comment les mesurer, préparer des plans détaillés d'application et prévoir des formalités transparentes en matière de passation des marchés, la responsabilité budgétaire et la coordination entre donateurs. » La MCC observe déjà les avantages de cette démarche rigoureuse. « Un observateur impartial a récemment décrit notre programme relatif à Madagascar comme un rare exemple d'un organisme de développement qui fait pratiquement tout ce qu'il convient de faire », a dit M. Applegarth en faisant cependant remarquer que c'était le peuple malgache qui avait fait tout ce qu'il fallait faire puisqu'il avait préparé de A à Z son plan de développement avant de le soumettre à la MCC pour obtenir une aide financière. En fin de compte, a-t-il ajouté, il est évident que la définition des obstacles à la croissance, les consultations élargies, la recherche de résultats mesurables et l'élaboration détaillée d'un plan prennent du temps, mais qu'ils donnent de meilleurs résultats. Comme un parlementaire lui demandait pourquoi la MCC n'avait pas encore décaissé la plupart de sa dotation (2,5 milliards de dollars), M. Applegarth a déclaré que son institution souhaitait bien faire au lieu de faire vite afin de ne pas compromettre sa mission. « Personne n'est plus impatient que moi quant à l'obtention de résultats et à la conclusion de contrats. Nous avons déjà une influence. La meilleure preuve que le modèle de la MCC donne des résultats est d'avoir de bons contrats (...) dont les effets sont importants au niveau local. » La MCC est actuellement en rapport avec une trentaine de pays qui comptent 400 millions d'habitants. « En faisant porter nos efforts sur les pays qui gouvernent avec justice, qui investissent dans le domaine social et qui encouragent la liberté dans le domaine économique, nous pouvons aider le monde pays par pays. » En réponse à une question relative à la possibilité de concurrence entre la MCC et l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et d'autres organismes d'aide, M. Applegarth a fait remarquer qu'il s'agissait de différentes formes d'aide à l'étranger et que chaque organisme avait une fonction différente. L'USAID, a-t-il dit, est bien connue pour ses secours aux sinistrés. Quant à la Société de promotion des investissements privés à l'étranger (OPIC) et la Banque d'import-export, leur action porte sur le développement du secteur privé. La fonction de la MCC est de « tenter quelque chose de différent en portant l'attention sur les résultats » et de sélectionner des pays qui montrent qu'ils prennent les mesures nécessaires pour obtenir ces résultats. La MCC « coopère étroitement » avec l'USAID tant à Washington que sur le terrain. À propos de l'Afrique subsaharienne, où sont situés 8 des 17 pays pouvant prétendre à une aide financière de la MCC, M. Applegarth a déclaré qu'il ressortait de l'observation de la situation dans cette partie du monde depuis plusieurs décennies que le simple apport d'une aide financière ne pouvait pas résoudre ses problèmes en matière de développement. « Il faut tirer des leçons de ce qui a donné des résultats et de ce qui n'en pas donné. Ce sont là les leçons sur lesquelles la MCC se fonde », a-t-il dit. « Nous souhaitons beaucoup avoir une incidence en Afrique subsaharienne, mais on doit le faire d'une manière qui donne des résultats », a-t-il souligné. Le Cap-Vert fait d'excellents progrès, et le conseil d'administration de la MCC devrait être prêt à considérer son dossier en juin, ce qui permettrait la conclusion d'un contrat en juillet. Comme on lui demandait pourquoi la MCC ne s'intéressait pas autant à l'Amérique latine qu'à l'Afrique, M. Applegarth a déclaré qu'un grand nombre de pays latino-américains avaient actuellement un revenu par habitant supérieur au minimum fixé par son institution. Il a cependant ajouté que plusieurs pays étaient susceptibles de prétendre à une aide financière de la MCC. Il s'agit du Honduras, du Nicaragua, de la Bolivie ainsi que du Paraguay et du Guayana, ces deux derniers pays faisant partie de la catégorie des « pays du seuil » qui doivent encore prendre des mesures avant de pouvoir prétendre à une aide. Quant à Cuba et Haïti, ces deux pays sont exclus en raison de leur mauvaise gouvernance. M. Applegarth a indiqué qu'il s'attendait à une augmentation importante du nombre des pays figurant sur la liste des candidats en novembre, du fait que des pays à revenu plus élevé pourront présenter leur candidature. La MCC devrait avoir décaissé toute sa dotation (2,5 milliards de dollars) d'ici à la fin de l'année civile en cours, et le président Bush a demandé au Congrès de lui affecter 3 milliards de dollars pour l'année budgétaire 2006. Créée en janvier 2004 par le président Bush, la MCC applique une approche caractérisée par le « bon sens » à l'aide au développement. Elle considère qu'une politique judicieuse et la bonne gouvernance sont indispensables pour réduire la pauvreté et pour favoriser la croissance économique dans les pays en développement. Date de rédaction:
29 avril 2005 Mise à jour:
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