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Actualités de Washington
  

Les É.-U. et le PAM ont réussi à prévenir une famine en Afrique australe

La coopération des États-Unis avec le Programme alimentaire mondial des Nations unies

M. Michael Hess, directeur adjoint de lUSAID
Le directeur adjoint de l'USAID, M. Michael Hess (Photo USAID)

Par Bruce Greenberg
Rédacteur du « Washington File »

Washington - Des vivres sont acheminés vers des pays d'Afrique australe grâce à la coopération de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et du Programme alimentaire mondial des Nations Unis (PAM), ont déclaré le directeur adjoint de l'USAID, M. Michael Hess, et le directeur adjoint du PAM, M. Jean-Jacques Grasse, lors de la conférence de presse qu'ils ont donnée le 19 décembre dans la capitale des États-Unis.

« Une famine, a dit M. Hess, était prévue pour la période de mai 2005 à avril 2006 (...) et il est bon d'examiner cette période et de voir combien de temps il a fallu pour faire face aux pénuries alimentaires. Grâce à la bonne planification du PAM et du service « Des vivres pour la paix » de l'USAID, nous avons réussi à faire parvenir des vivres en temps opportun de manière à éviter une crise cette année. »

L'USAID et le PAM, a-t-il expliqué, ont contribué à empêcher qu'une famine ait lieu en Afrique australe malgré un certain nombre de facteurs défavorables, dont les conditions climatiques, la pauvreté chronique et la pandémie de sida.

Les deux organismes ont fourni 68.000 tonnes de vivres supplémentaires, portant ainsi le total des tonnes d'aide alimentaire livrées à l'Afrique australe à 370.000.

« Nous estimons que 12,5 millions d'Africains risquent d'être en proie à une pénurie alimentaire (...) Rien qu'au Zimbabwe et au Malawi, leur nombre atteint 10 millions », a dit M. Hess en ajoutant que le partenariat entre le PAM et l'USAID était essentiel à cet égard.

Pour sa part, M. Grasse a souligné que les États-Unis étaient de loin le pays qui apportait l'aide alimentaire la plus importante en Afrique australe. Le PAM, a-t-il dit, n'apporte pas une aide alimentaire à tout le monde. Des organisations non gouvernementales (ONG) participent également à ce effort, et les États-Unis ont un programme très important avec plusieurs ONG qui sont actives dans la région. « Il va nous falloir pourvoir aux besoins alimentaires de quelque 9 millions de personnes, en particulier pendant la période allant de maintenant à mars-avril 2006. »

Aussi bien M. Grasse que M. Hess ont souligné que la pandémie du sida, qui frappait tout particulièrement les pays d'Afrique australe, était une des grandes causes des pénuries alimentaires. Si l'augmentation du taux de mortalité réduit le nombre de personnes dont il faut satisfaire les besoins alimentaires, elle réduit aussi le nombre des agriculteurs qui cultivent les champs et qui produisent des aliments de base.

« Le sida fait encore des ravages dans ces pays, a dit M. Grasse. Malheureusement, ce n'est pas une crise qui va disparaître dans les deux prochaines années. Même si les conditions météorologiques s'améliorent et que ces pays ne subissent pas une sécheresse aussi grave que la sécheresse récente, il faudra du temps avant que la pandémie de sida régresse, comme dans certains pays tels que l'Ouganda. »

En réponse à la question d'un journaliste relative au Zimbabwe, dont la situation économique et politique s'aggrave de jour en jour, M. Grasse a indiqué que le PAM avait signé un protocole d'accord avec le gouvernement du président Robert Mugabe l'autorisant à distribuer sans entrave l'aide alimentaire.

Le PAM, a-t-il dit, de bonnes relations de travail avec le gouvernement zimbabwéen au sujet de la distribution de l'aide alimentaire. Il sait là où les vivres vont, et le gouvernement a accepté clairement de ne pas entraver leur distribution.

Par ailleurs, M. Grasse a cité quelques statistiques pour donner une idée des problèmes auxquels son organisme se heurtait en Afrique australe. « L'espérance de vie est au mieux de 42 ans au Mozambique, au pire de 36 ans en Zambie et au Zimbabwe. On n'avait jamais vu de tels chiffres depuis le Moyen Age en Europe, où l'espérance de vie était tombée à 30 ans et quelque. Il y a seulement 10 ans, elle était de plus de 60 ans dans des pays comme le Zimbabwe. »

De son côté, M. Hess a fait état de la contribution de divers pays donateurs qui avaient permis d'éviter une crise cette année. « Il est évident, a-t-il dit, que l'on a empêché le déclenchement d'une crise. C'est un fait important dû à la mobilisation d'autres donateurs dans le cadre de l'initiative du président Bush et du G8 cet été. D'autres donateurs se sont engagés à verser une contribution financière au PAM, ce qui lui a permis d'acheter des vivres sur le marché local et de les distribuer plus rapidement. On ne peut donc pas parler de crise à l'heure actuelle, et c'est là une bonne chose. »


Date de rédaction: 21 décembre 2005 Mise à jour: 21 décembre 2005

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