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Actualités de Washington
  

La Société du Compte du millénaire envisage une aide à 23 pays

Les déclarations du président Bush et du nouveau directeur de la Société, M. John Danilovich

M. John Danilovich, directeur de la Société du Compte du millénaire
M. John Danilovich.

La Société du Compte du millénaire (Millenium Challenge Corporation, ou MCC), envisage actuellement de faire bénéficier vingt-trois pays de l'aide des États-Unis, a indiqué le nouveau directeur général de cet organisme public, M. John Danilovich.

Au cours de la cérémonie de prestation de serment de M. Danilovich, qui a eu lieu le 20 décembre au département d'État, le président Bush s'est félicité des mesures prises par le nouveau directeur de la MCC pour accélérer l'examen des demandes d'aide adressées à son agence. M. Danilovich avait pris ses fonctions de directeur général de la MCC le 7 novembre dernier.

La MCC administre le Compte du millénaire (Millenium Challenge Account, ou MCA), programme lancé il y a deux ans par les États-Unis pour apporter une aide supplémentaire aux pays qui donnent la preuve de progrès dans trois principaux domaines : une bonne gouvernance, un investissement dans la population et la promotion de la liberté économique.

Six pays ont déjà reçu des fonds du MCA.

Le 16 décembre, la MCC a annoncé que l'Arménie était le dernier en date des pays à recevoir des fonds du MCA.

La MCC accorde son aide pour financer des programmes pluriannuels précis ayant par exemple pour but d'améliorer les droits patrimoniaux à Madagascar, d'aider les agriculteurs du Honduras et du Nicaragua à faire parvenir plus rapidement leurs produits sur les marchés, de reconstruire un gazoduc en Géorgie et de nouvelles routes ainsi que des ponts au Cap-Vert. En Arménie, les fonds du MCA aideront à réduire la pauvreté rurale.

« Le Compte du millénaire donne la possibilité de transformer la façon dont le monde distribue son aide, a déclaré le président Bush à cette cérémonie. La MCC fait partie intégrante de notre stratégie visant à combattre la pauvreté et à encourager le développement économique. »

« Grâce à un processus consultatif et à la prise en charge des programmes par les pays eux-mêmes , nous encourageons et créons des incitations à une culture de responsabilisation et de transparence », a dit de son côté M. Danilovich à propos de ce programme novateur d'assistance. Les pays doivent mettre en place les réformes répondant aux conditions requises par le MCA pour bénéficier de son aide, a-t-il dit.

M. Danilovich avait précédemment été ambassadeur des États-Unis au Brésil et au Costa Rica. Il a des dizaines d'années d'expérience dans le domaine des affaires publiques et privées internationales.

Nous donnons ci-après la transcription des déclarations de MM. Bush et Danilovich :

Maison-Blanche
Bureau du secrétaire de presse
20 décembre 2005

Déclaration du président à la cérémonie de prestation de serment du directeur général de la société du Compte du millénaire

Département d'État

Le président Bush : Je vous remercie de votre accueil chaleureux. C'est pour moi un plaisir d'être de nouveau au département d'État. Je me réjouis d'être ici aux côtés de mon amie Condi Rice, qui fait un travail fabuleux en tant que secrétaire d'État. (Applaudissements). Je suis également heureux d'être en compagnie du conseil d'administration et du personnel de la Société du Compte du millénaire. Et je suis fier de féliciter le nouveau directeur général de la MCC, l'ambassadeur John Danilovich.

La MCC joue un rôle vital pour notre pays et pour mon gouvernement. C'est la raison de ma présence parmi vous. La MCC fait partie intégrante de notre stratégie visant à combattre la pauvreté et à encourager le développement économique. Et diriger cet organisme exige un mélange d'idéalisme, de qualités de chef, de diplomatie et d'expertise économique. John Danilovich possède ces qualités - c'est pourquoi je l'ai choisi et pourquoi il va être un grand directeur à la tête de cette importante société.

Je suis également fier d'être ici aux côtés d'Irène Danilovich et heureux d'être en compagnie de ses trois enfants, J.C, Ace et Alex, de fiers membres de la famille Danilovich. J'apprécie la présence parmi nous aujourd'hui de l'ambassadeur (John) Negroponte - merci, John. Il fait un travail remarquable en tant que directeur national du renseignement. Pour vaincre l'ennemi, nous devons avoir le meilleur service de renseignement possible. Merci d'en assumer la direction.

Le ministre adjoint des finances, Bob Kimmit, est également parmi nous. Je vois aussi mon ami (Robert) Mosbacher, de l'OPIC. Merci d'être venu, Rob. Les membres du gouvernement sont trop nombreux pour que je les mentionne tous et je tiens à remercier les ambassadeurs et membres du corps diplomatique. Excellences, merci de vous être joints à nous aujourd'hui.

Notre pays est fondé sur la conviction que toute vie humaine a de la dignité et de la valeur et nous nous sentons depuis longtemps une responsabilité particulière, celle d'aider ceux qui sont moins fortunés que nous. Pendant des décennies, notre pays à fourni de l'aide au monde en voie de développement dans les meilleures intentions, mais nous ne nous demandions pas si nous obtenions les meilleurs résultats possibles. Trop souvent, l'aide des États-Unis était gaspillée par des dirigeants ineptes, empochée par des fonctionnaires corrompus et engouffrée par une inflation rampante. En n'insistant pas sur la justification de l'emploi des fonds en échange de notre générosité, nous ne servions ni les populations des pays en voie de développement ni les contribuables américains.

C'est pourquoi mon gouvernement a décidé de passer à l'action. Nous avons décidé d'exiger des résultats. Il y a près de deux ans, nous avons lancé le Compte du millénaire (MCA), une façon entièrement nouvelle d'octroyer de l'aide. Le MCA repose sur un principe évident , à savoir que les pays qui recherchent notre aide doivent donner la preuve des résultats qu'ils obtiennent. Je ne pense pas que ce soit trop demander au nom des contribuables, et ce n'est pas trop demander au nom des gens des pays que nous tentons d'aider.

Les pays qui désirent recevoir de l'aide de la MCC doivent en particulier montrer des résultats dans trois domaines : ils doivent gouverner équitablement - ce qui va de soi. Ils doivent investir dans leur population, c'est une utilisation judicieuse des fonds. Et ils doivent encourager la liberté économique.

Les pays pauvres qui prouvent leur volonté d'appliquer ces mesures judicieuses remplissent les conditions requises pour solliciter un contrat MCC. Le mot « contrat » est intéressant. Il signifie que nous travaillons de concert. Il signifie que les pays doivent concevoir et proposer un programme qui réduira la pauvreté nationale et stimulera la croissance économique. Nous soumettons chacune de ces propositions à un examen rigoureux - parfois trop lent et trop rigoureux - et attribuons des contrats aux pays dont les propositions judicieuses comportent un moyen de mesurer les résultats obtenus. Le fait d'exiger que les pays créent et appliquent leurs propres stratégies leur donne un enjeu dans leur succès - et nous donnons aux Américains une raison d'avoir confiance dans la façon dont nous dépensons leur argent.

Le Compte du millénaire offre la possibilité de transformer la façon dont le monde fournit son aide. À ce jour, nous avons signé des contrats avec cinq pays et nous nous sommes engagés à fournir près d'un milliard de dollars d'aide. Cet argent change des existences dans certains des pays les plus pauvres du monde. À Madagascar, où 80 % des habitants vivent avec moins de deux dollars par jour, le contrat MCA aide à moderniser le cadastre national, ce qui permettra à plus de 60.000 personnes d'obtenir des droits patrimoniaux. Au Honduras et au Nicaragua, les contrats MCA aident les agriculteurs à améliorer leurs plans commerciaux pour choisir des récoltes plus profitables et amener plus rapidement leurs produits sur le marché. En Géorgie, où je me suis rendu en avril dernier, un contrat MCA aide à reconstruire un gazoduc qui fournira de la chaleur et de l'électricité à plus d'un million de personnes. Et au Cap-Vert, sur la côte atlantique de l'Afrique, un contrat MCA finance la construction de nouvelles routes et de ponts qui relieront entre elles plusieurs des principales îles du pays. Ces petits pays prennent des engagements importants et les États-Unis sont fiers d'être à leurs côtés.

Nous aidons les gens qui luttent contre la corruption. Nous aidons les gens qui investissent dans la santé et l'éducation de leurs enfants. Nous aidons les gens qui comprennent que la liberté économique est le moyen d'améliorer l'existence de leurs concitoyens.

Nous devons faire davantage pour lutter contre la pauvreté. Je pense qu'un principe essentiel de notre politique étrangère doit être : à ceux qui ont beaucoup reçu, il sera beaucoup demandé. Et c'est pourquoi nous menons le combat contre le VIH/sida. C'est pourquoi nous nourrissons ceux qui ont faim. Et nous allons continuer à contribuer à l'élimination de la pauvreté à travers le monde. John Danilovich est la personne qu'il faut pour assumer cette phase de notre lutte contre la pauvreté. Il sait établir les priorités, il sait résoudre les problèmes, il sait couper court à la bureaucratie.

Au cours de ses six premiers mois à ce poste, il a pris des mesures pour simplifier l'administration de la Société du millénaire et activer l'examen des demandes des pays qui remplissent les conditions requises. John et le conseil d'administration de la MCC vont étudier les demandes de près de deux douzaines de pays qui ont récemment été jugés comme remplissant les conditions requises pour un contrat. Un grand nombre de ces pays ont soumis des propositions qui reflètent de grands progrès. J'ai demandé à John de mener à bien et de signer davantage de contrats dans les mois qui viennent.

Il s'agit d'un bon programme. Allons de l'avant et appliquons-le pour éliminer la pauvreté à travers le monde. Le succès du MCA renforce notre conviction qu'aider les pays à se soustraire à la pauvreté exige un partenariat - et non du paternalisme. Au XXIe siècle, les États-Unis sont prêts à être le partenaire de tout pays qui s'emploie à promouvoir la prospérité, l'égalité et la liberté de sa population.

C'est un engagement que j'ai pris sur tous les continents - des Nations unies à New York à l'Europe, à l'Amérique du Sud, à l'Afrique et à l'Asie. C'est un engagement que j'ai incité les dirigeants des autres pays développes à prendre, en insistant sur l'obtention de résultats mesurables de leur aide à l'étranger. C'est un engagement que j'exhorte le Congres américain à continuer à soutenir en approuvant nos demandes de fonds pour la MCC. Et c'est un engagement que j'ai l'honneur de confier à l'ambassadeur John Danilovich en sa qualité de second directeur général de la Société du millénaire.

Toutes mes félicitations, John. Merci d'avoir accepté d'assumer ce poste.

(L'Ambassadeur John Danilovich prête serment.)

M. Danilovich : Monsieur le Président, Madame la Secrétaire d'État, membres du gouvernement, distingués invités, membres de ma famille et amis. M. le Président, je tiens à vous remercier de vos généreuses paroles de soutien et de me confier la direction de la Société du Compte du millénaire. Et je désire vous exprimer ma reconnaissance personnelle pour votre présence et pour vos propos réaffirmant votre engagement envers cette initiative et envers le renforcement des efforts qui nous permettront de réaliser cette vision.

Votre vision audacieuse, créative et novatrice du Compte du millénaire, réduire la pauvreté grâce à une croissance économique durable, est l'initiative la plus importante et la plus dynamique en faveur de l'aide au développement qui ait été prise depuis le Plan Marshall. En réponse à votre appel à l'action, la MCC a pris forme et, grâce à la conduite éclairée de la Secrétaire d'État Rice, à un conseil d'administration remarquable et à un personnel dévoué, je puis vous assurer que nous progressons rapidement pour accomplir la mission que vous nous avez confiée.

Notre principe fondamental est que la croissance s'obtient le plus rapidement dans les pays qui adoptent une bonne politique et qui s'y tiennent, et que l'aide étrangère est la plus efficace dans les pays démocratiques qui pratiquent une bonne gouvernance, investissent dans le bien-être de l'ensemble de leur population - hommes et femmes - et encouragent la liberté économique.

Nos seize indicateurs politiques sont utilisés pour choisir les pays qui luttent contre la corruption afin de créer un climat propice à la liberté des échanges d'idées, qui se dotent d'un système juridique juste et équitable et qui investissent dans la santé et l'éducation.

Grâce à un processus consultatif et à la prise en charge des programmes par les pays eux-mêmes, nous encourageons une culture de responsabilisation et de transparence. Les pays aidés par le MCA prennent des mesures difficiles, compliquées et, dans certains cas, précédemment inimaginables mais absolument nécessaires pour mettre en place les réformes qui leur permettront de solliciter des fonds du MCA.

Il ne s'agit pas d'une panacée. Il s'agit d'un message pénible, mais clair, de raison, de compassion et d'espoir qui permet à ces pays d'utiliser les outils qu'ils possèdent pour combattre la pauvreté et leur donner une fort emprise sur le développement économique et la croissance.

Nous collaborons actuellement avec vingt-trois pays qui remplissent les conditions requises pour recevoir des fonds du MCA. Comme l'a fait remarquer le président, nous avons signé des contrats avec cinq pays : Madagascar, le Cap-Vert, le Nicaragua, le Honduras et la Géorgie et avons engagé près d'un milliard de dollars pour leur exécution. Nous projetons d'en signer trois autres dans l'avenir immédiat et plusieurs autres avant la fin de 2006.

De la Mongolie au Maroc au Mali, au Mozambique, à la Gambie, au Ghana, à la Namibie, au Lesotho, au Bénin, au Burkina Faso et à la Tanzanie, à la Bolivie et au Salvador, au Sénégal, au Sri Lanka et au Timor oriental, à l'Arménie et au Banawatu, votre initiative, Monsieur le Président, a commencé à promouvoir des réformes et une transformation sociale, économique et politique. Et ces pays savent que le président des États-Unis, la secrétaire d'État, les membres du Congres et la MCC reconnaissent leurs efforts et sont prêts à les aider et à les récompenser.

Monsieur le Président, Madame la Secrétaire d'État, vous pouvez compter sur mon engagement et sur l'engagement de nous tous à la MCC de mener cette tache à bien. Je tiens à exprimer ma gratitude au sénateur Lugar et au députe Kolbe ainsi qu'aux autres membres du Congrès pour leur soutien.

Monsieur le Président, Madame la Secrétaire d'État, je vous remercie de vos conseils, de votre soutien à la MCC et de votre amitié. Merci beaucoup.


Date de rédaction: 23 décembre 2005 Mise à jour: 23 décembre 2005

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