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L'influence des jeunes sur la société de l'informationIls font valoir leurs vues à l'occasion du Sommet mondial sur la société de l'information.
Par Charlene Porter Genève - L'énorme hall d'exposition du Palexpo, à Genève, dans lequel a été organisé le Sommet mondial sur la société de l'information, aurait bien pu être baptisé "ville numérique" tant étaient nombreux les grands et petits noms de l'industrie qui y étaient représentés - Hewlett Packard, Microsoft, Nokia - et y exposaient les derniers-nés de leurs produits dans un immense espace où brillaient les écrans à haute résolution, les téléviseurs à technologie plasma et tous ces équipements incarnant les nouvelles techniques de pointe de l'âge de l'information. "C'est l'une des expositions les plus exaltantes que j'aie jamais vues", a expliqué le chef de la délégation américaine au sommet, M. David Gross, à l'occasion d'une conférence de presse organisée à Washington, ajoutant : "C'était sensationnel (...) de constater l'intensité des efforts menés par le monde en développement lui-même afin de trouver des solutions aux difficultés auxquelles il se heurte lorsqu'il s'agit d'utiliser les nouvelles technologies, entre autres à des fins pédagogiques, pour appuyer les systèmes sanitaires ou pour aider les gens aux plans social et économique." Parmi toutes ces merveilles de la technologie, des accents terre-à-terre étaient mis en évidence. Certains murs, notamment, étaient consacrés à l'expression artistique d'enfants. Un thème commun avait inspiré ces dessins aux couleurs vives représentant des scènes familières aux yeux des enfants et c'était leur façon de concevoir l'influence qu'auront les techniques de l'information et de la communication sur le monde. Ces dessins avaient été choisis dans le cadre d'un concours organisé par le comité d'organisation du Sommet en reconnaissance du fait que les jeunes d'aujourd'hui seront les chefs de file de la société de l'information qui se construit à l'heure actuelle. On s'est rendu compte, en effet, que les jeunes, dans toutes les cultures, comprennent mieux le monde des techniques de pointe que n'importe qui d'autre. "Ce sont les jeunes qui sont le plus à l'aise dans le domaine de la technologie. Ils sont capables de se familiariser avec elle très facilement et on compte sur eux pour modeler la société de l'information dans laquelle nous vivons", a fait remarquer Jennifer Corriero, cofondatrice et directrice de "TakingITGlobal", un groupe qui a son siège au Canada. Jennifer Corriero n'a que 23 ans, mais son jeune âge n'a pas empêché qu'elle et son groupe participent à l'élaboration de la Déclaration de principes et du plan d'action adoptés à la fin du sommet. "TakingITGlobal" a joué un rôle décisif dans la formation d'un groupe de jeunes qui a participé à la série de conférences préparatoires s'étendant sur dix-huit mois et qui ont donné corps au texte final des résolutions traitant de la façon de faire bénéficier tous les peuples du monde des avantages conférés par les techniques de l'information. Grâce au travail de ce groupe, un paragraphe de la Déclaration de principes souligne le fait qu'il ne faut pas oublier les jeunes lorsqu'on trace la voie à suivre en vue d'instituer une société de l'information tout à fait inclusive. Jennifer Corriero s'en réjouit mais elle pense néanmoins que la Déclaration de principes aurait pu mieux reconnaître que les jeunes peuvent jouer un rôle dans la préparation de l'avenir. "Je ne pense pas qu'on parle suffisamment de la nécessité d'impliquer les jeunes. Nous devons développer la capacité des jeunes et nous devons aussi puiser dans leur savoir", a-t-elle souligné. Durant le sommet, une "journée de la jeunesse" avait été organisée autour de tables rondes, d'ateliers et de conférences de presse portant sur la façon de faire jouer un rôle aux jeunes dans l'élaboration de la société de l'information. Si certains jeunes ont déjà leur place dans cette société de l'information, pour des millions d'autres, la réalité est tout autre, et c'est en partie pour cette raison que l'UNICEF a rendu public son rapport intitulé "La situation des enfants dans le monde 2004" à l'occasion du Sommet mondial sur la société de l'information. "L'internet a le potentiel de changer la vie des gens, mais pas s'ils ne savent pas lire, pas s'ils ne comprennent pas les simples mathématiques (...) Rien ne prépare plus un enfant en vue d'un engagement avec le monde - y compris celui du web - qu'un enseignement de base et l'alphabétisme", a fait remarquer la directrice de l'UNICEF, Mme Carol Bellamy en annonçant la publication du nouveau rapport. Le rapport de l'UNICEF met l'accent sur la nécessité d'éduquer les quelque 120 millions de jeunes qui, dans le monde, ne peuvent aller à l'école, et qui sont, pour la majorité, des filles. L'UNICEF fait ressortir les coûts et conséquences du manque de scolarisation de ces dernières, mentionnant les conclusions d'études montrant que les filles qui ne sont pas allées à l'école sont plus vulnérables à la pauvreté, à la faim, à la maladie et à l'exploitation sexuelle. Ainsi, dans le vacarme qui s'élevait de la "ville numérique", l'UNICEF parlait au nom des millions qui étaient absents et cet organisme ne manquera sûrement pas les occasions de défendre l'alphabétisme en attendant l'organisation, à Tunis en 2005, de la deuxième phase du Sommet mondial sur la société de l'information. L'importance des jeunes dans l'élaboration de la société de l'information n'a pas échappé non plus à M. Gross qui a fait part de sa vision en ce qui concerne l'influence des techniques de l'information sur l'avenir des jeunes. "Jadis, si vous étiez un enfant élevé dans la brousse d'Afrique du Sud, ou dans les plaines du Kalahari, un certain destin était inéluctable, mais aujourd'hui, à cause de la technologie, de l'internet et des autres techniques (...) les possibilités en ce qui concerne votre destin potentiel sont bien plus vastes qu'elles ne l'ont jamais été", a-t-il souligné. Date de rédaction:
22 décembre 2003 Mise à jour:
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