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Les écrits font partie intégrante de l'art africainUne nouvelle exposition ouvre ses portes au Musée national de l'art africain à Washington.
Par Bruce Greenberg Washington - Une nouvelle exposition appelée « TEXTures », associant mots et images du passé et du présent afin de constituer un message artistique puissant, a récemment ouvert ses portes au Musée national de l'art africain à Washington. « TEXTures est une exposition vraiment importante à nos yeux », a affirmé la conservatrice du musée, Mme Sharon Patton, lors d'une présentation à la presse tenue le 8 février. « Elle reflète notre désir de collectionner et d'exposer l'art africain contemporain (...) elle est également un élément important de la célébration du 25e anniversaire de notre association à la Smithsonian Institution. » D'après le catalogue de l'exposition, « TEXTures » met en lumière les méthodes novatrices par lesquelles les artistes associent l'écriture et la calligraphie à la photographie, la peinture murale et autres moyens d'expression. M. David Binkley, organisateur de l'exposition, a fait remarquer : « C'est la première exposition consacrée à des artistes africains qui travaillent en combinant le mot et l'image. » Pour eux, mélanger le langage écrit avec divers moyens d'expression est une façon de faire face à leur passé colonial tout en prenant note de la culture africaine contemporaine. Le langage utilisé peut être littéral, mais aussi symbolique. Ainsi, l'artiste égyptien Fathi Hassan (né au Soudan), adapte une forme figurative de l'arabe, sa langue maternelle, dans des photographies et des peintures murales, transformant ces signes pseudo-arabes en formes qui se prêtent admirablement aux thèmes ornementaux de ses œuvres. Le Sud-Africain Willem Boshoff a créé « Writing in the Sand », un double chemin de sable séparé en son milieu par un passage. Dans le sable sont tracés des mots en association libre afin de représenter les qualités éphémères des langues africaines et des traditions orales du continent - traditions qui sont en train de disparaître rapidement à cause de la domination de l'anglais. Berni Searle, également d'Afrique du Sud, a assemblé une collection de ses photographies de visages. Les photos sont translucides et extrêmement agrandies, et suspendues au niveau du regard sur un filin invisible. Elles représentent diverses formes de scarification, des marquages rituels coupés ou gravés dans la peau. Son intention est d'évoquer la période de la traite des esclaves africains - les scarifications étant sensées évoquer le marquage au fer rouge des esclaves - ainsi que certaines pratiques tribales utilisant la scarification comme parure personnelle. Ailleurs, on peut admirer de la soie teintée à l'indigo et ornée de motifs d'inspiration islamique par l'artiste algérien Rachid Koraichi pour évoquer le commerce de la soie qui florissait autrefois en Afrique du Nord. Les motifs sont réalisés à partir de grandes estampes de bois qui proviennent de la collection personnelle de M. Koraichi, collection qui est également exposée. L'œuvre sans doute la plus controversée est un arrangement composé de 57 cartons recouverts de toile blanche sur les côtés desquels sont inscrits des passages sexuellement explicites. Ces cartons sont empilés comme dans un entrepôt, comme s'ils n'étaient pas destinés à la vue du public. L'artiste, Ghada Amer, appelle son œuvre « Encyclopedia of Pleasure » (Encyclopédie du plaisir). Les textes sont tirés d'un manuel arabe sur l'épanouissement sexuel et spirituel qui date du 11e siècle ap. J-C. L'exposition « TEXTures : Word and Symbol in Contemporary African Art » a ouvert le 11 février et durera jusqu'au 4 septembre. Date de rédaction:
14 février 2005 Mise à jour:
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