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L'Afrique manifeste une nouvelle volonté de promouvoir la croissanceDéposition de M. Robert Zoellick, nommé au poste de secrétaire d'Etat adjoint, devant la commission sénatoriale des relations étrangères
Par Charles W. Corey Washington - L'attitude a « changé du tout au tout » en Afrique où l'on observe aux plus hauts échelons la volonté de promouvoir la croissance économique, a affirmé, le 15 février, M. Robert Zoellick, lors d'une déposition devant la commission sénatoriale des relations étrangères qui se penchait sur sa nomination en qualité de secrétaire d'Etat adjoint. « J'ai travaillé avec l'Afrique il y a une dizaine d'années alors que j'étais employé par le département d'Etat, et j'ai eu l'occasion d'y retourner récemment. J'ai eu le sentiment d'un grand changement d'attitude sur le continent et d'un sentiment de renouveau. Certains dirigeants africains ont réussi à élargir leur horizon ; ils veulent rompre les chaînes du passé, lutter contre la corruption et créer des débouchés économiques », a-t-il expliqué. Répondant aux questions des sénateurs, M. Zoellick, qui s'est rendu à plusieurs reprises en Afrique en sa qualité de représentant des Etats-Unis pour le commerce extérieur, a confirmé que la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA) y était très populaire. « Je suis allé en Afrique subsaharienne en décembre et je me suis arrêté au Lesotho - c'était la première fois qu'un membre du cabinet présidentiel américain y venait -, un pays qui exporte pour 350 à 400 millions de dollars de textiles vers les Etats-Unis dans le cadre de l'AGOA », a-t-il dit. Et d'ajouter : « Nous avons aussi appris que si l'AGOA ouvre environ 98 % du marché américain aux échanges avec l'Afrique subsaharienne, il faut également aider les pays africains à acquérir les moyens de développer leurs capacités commerciales dans certains domaines, notamment en agriculture », de façon à pouvoir s'adapter aux normes sanitaires américaines. Le Bureau du représentant des Etats-Unis au commerce extérieur (USTR) et l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), a-t-il indiqué, ont établi des centres commerciaux régionaux en Afrique orientale, en Afrique australe et en Afrique occidentale en vue de resserrer les liens commerciaux entre les Etats-Unis et l'Afrique. A cette fin, l'USTR travaille aussi en étroite collaboration avec les chefs d'entreprises tant aux Etats-Unis qu'en Afrique, a précisé M. Zoellick qui a loué les efforts mis en œuvre par le « Corporate Council on Africa ». A l'ordre du jour, a-t-il dit, figurent l'évaluation de l'efficacité des centres régionaux et la recherche de moyens permettant aux Etats-Unis de promouvoir des exportations en provenance d'Afrique subsaharienne autres que les textiles et les vêtements. Si les textiles et les vêtements sont un bon point de départ pour les exportations africaines, l'un des défis qui se profilent à l'horizon, a rappelé M. Zoellick, est le démantèlement du système de contingentement vieux de 40 ans (accord multifibre) qui va obliger les pays africains à entrer en concurrence avec la Chine et l'Inde. « Ils bénéficieront de droits de douane plus faibles, mais il leur faudra aussi créer des opérations mieux intégrées », a-t-il fait valoir. Les Etats-Unis, a-t-il souligné, travaillent actuellement à un accord de libre-échange avec les cinq pays membres de l'Union douanière d'Afrique australe (SACU), à savoir l'Afrique du Sud, la Namibie, le Swaziland, le Lesotho et le Botswana, ce qui devrait permettre à ces pays d'accroître leurs échanges. Passant à un autre sujet, le sénateur Russell Feingold (démocrate du Wisconsin), chef de file des démocrates au sein de la sous-commission sénatoriale chargée des affaires africaines, a interrogé M. Zoellick à propos de la situation au Darfour. N'étant pas encore confirmé dans ses fonctions, ce dernier n'a pas voulu trop s'avancer, offrant simplement « ses pensées » et déclarant que la situation était « très difficile ». Faisant allusion à de récents entretiens qu'il a eus à ce propos avec M. Frank Wolf (républicain de Virginie), qui « s'intéresse de très près à la situation au Darfour », il a expliqué : « L'une des initiatives que le département d'Etat vient de prendre - et M. Wolf et moi en avons parlé - a été d'envoyer dans la région un chargé d'affaires, un représentant officiel du gouvernement des Etats-Unis de haut rang afin de vérifier la bonne application de l'accord Nord-Sud. « La raison en est qu'il est question dans cet accord de la création d'un gouvernement d'unité nationale qui, j'espère, réussira à changer l'attitude du gouvernement soudanais à l'égard du Darfour (...) », a-t-il dit. Il est aussi nécessaire, à son avis, de renforcer la force de maintien de la paix dans la région. « J'ai vu ce matin une requête en vue de la faire passer à 10.000 soldats », a-t-il dit, précisant qu'il pensait que les effectifs de cette force avaient été fixés à 3.300, mais qu'en réalité seulement 1.100 soldats avaient été déployés. Il a rappelé aux sénateurs que si les 80 milliards de dollars supplémentaires demandés par le président pour l'année budgétaire 2005 étaient principalement destinés à l'Irak, une partie non négligeable était réservée au Soudan, notamment au Darfour. A propos des crimes de guerre commis au Darfour, M. Zoellick a réitéré la position prise il y a plusieurs mois par M. Colin Powell, l'ancien secrétaire d'Etat, à savoir qu'un « génocide avait bien été commis », et critiqué l'indifférence notoire des gens. Date de rédaction:
16 février 2005 Mise à jour:
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