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Les Etats-Unis poursuivent leur lutte contre la traite des personnesInterview du haut responsable du département d'Etat chargé de coordonner cette lutte
Par Vicky Silverman Washington - Au début du mois d'octobre 2003, M. John Miller, qui est à la tête du service de la lutte contre la traite des personnes du département d'Etat, s'est rendu dans six pays (Pays-Bas, Grèce, Suède, Russie, Inde et Thaïlande) pour évaluer sur place la situation ainsi que les progrès réalisés grâce aux efforts que les Etats-Unis déploient pour mettre un terme à cet esclavage moderne dans le monde entier. Dans chaque pays, il s'est entretenu avec des victimes, avec des représentants d'organisations non gouvernementales qui apportent une aide aux victimes et avec des policiers et de hauts responsables. Lors de l'interview qu'il a accordée au "Washington File" le 21 octobre, il a déclaré que ses entretiens avec les victimes de la traite des personnes l'avaient beaucoup frappé. "On peut lire les statistiques - nos services estiment que le nombre de victimes de la traite se situent entre 700.000 et 900.000 tous les ans, et d'autres organismes estiment qu'il est encore plus important -, on peut lire tous les rapports de notre service, mais c'est en parlant avec les victimes que l'on se rend compte de l'horreur de leur situation." En outre, ces entretiens révèlent les divers aspects de l'esclavage, qu'il s'agisse de la prostitution forcée ou de l'exploitation des travailleurs étrangers en usine aussi bien dans les pays riches que dans les pays en développement. Ces personnes sont les "victimes de la brutalité et de la cupidité", a-t-il dit. En septembre 2003, le président Bush a souligné le problème occulté de la traite des personnes lors de sa déclaration annuelle à l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies. "Il a été le premier chef d'Etat à soulever cette question devant une telle institution", a indiqué M. Miller en ajoutant que les propos du président montraient que les Etats-Unis étaient résolus à mettre fin à la traite des personnes tant sur leur territoire qu'à l'étranger. A cet égard, M. Miller a fait état de plusieurs mesures récentes prises par le gouvernement Bush, notamment le décret 13257 promulgué au début de l'année et selon lequel tous les organismes fédéraux compétents doivent contribuer à la lutte contre la traite des personnes et apporter une aide aux victimes. "Notre service au département d'Etat est chargé de coordonner ces efforts, a-t-il indiqué. Il dispose d'un budget modeste, 10 millions de dollars, pour financer à l'étranger des projets dans les domaines de la prévention, de l'information, de la répression et de la justice. "L'aide globale des Etats-Unis au titre des programmes à l'étranger est d'environ 55 millions de dollars par an, dont la majorité est affectée à des organisations non gouvernementales. Celles-ci jouent, à mon avis, un rôle primordial dans ce domaine." Une autre mesure importante, a-t-il dit, a été la publication par le département d'Etat de son troisième rapport annuel sur la traite des personnes en juin dernier. "Pour la première fois (...), des pays vont subir des conséquences - les Etats-Unis leur appliqueront des sanctions - pour leur inaction face au problème. Durant les mois qui ont précédé la publication du rapport, nous avons observé que les pays étaient plus disposés à prendre des mesures essentielles, telles que l'adoption de lois contre la traite, la formation de policiers, l'information du public." Selon M. Miller, les effets cumulés de l'éventualité de sanctions, de la sensibilisation accrue de l'opinion publique, de l'opprobre et du financement de programmes de réformes ont contribué à faire passer 10 pays sur 15 de la catégorie III à la catégorie II, indiquant par là que ces 10 pays avaient fait des progrès dans la lutte contre la traite des personnes. A l'heure actuelle, 70 % des pays dont le problème de travail forcé (à savoir 100 personnes ou plus que l'on a fait venir ou envoyer à l'étranger aux fins de travail forcé, selon la définition des Etats-Unis) est étayé par des documents figurent maintenant dans la catégorie II telle que la définit le droit américain. "La majorité des pays, a indiqué M. Miller, sont maintenant conscients de ce problème et commencent à prendre des mesures. Toutefois, ils sont loin de remplir les 7 conditions, définies dans notre rapport, qui sont nécessaires pour figurer dans la catégorie I. Le Congrès envisage de modifier la loi en question, de diviser peut-être la catégorie II pour mieux reconnaître les efforts et les ressources consacrés à la lutte contre la traite, mais je ne suis pas sûr que cette modification ait lieu cette année." Les pays figurant dans la catégorie II, a-t-il expliqué, sont ceux qui font des "efforts importants". "Selon une de nos interprétations, les "efforts importants" ou les progrès qu'un pays a faits ne signifient pas la même chose chaque année. La barre devient de plus en plus haute d'une année sur l'autre. Par exemple, après la promulgation d'une loi contre la traite des personnes dans un pays, nous cherchons à savoir si ce pays ouvre bien des enquêtes et qu'il traduit bien en justice les trafiquants. Nous continuerons d'oeuvrer au niveau gouvernemental et avec des organisations non gouvernementales en vue d'élaborer les stratégies et les plans nécessaires pour susciter des changements." En conclusion, M. Miller s'est déclaré convaincu que les Etats-Unis maintiendraient leur impulsion afin de soutenir les forces visant à mettre un terme à la traite des personnes. Date de rédaction:
14 novembre 2003 Mise à jour:
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