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La situation des femmes s'améliore dans les pays en développementLe discours de Mme Elisabeth Rehn, avocate finlandaise des droits de la femme, au Club national de la presse
Par Colleen Flanagan Washington - "Il sera impossible de tenir vraiment compte des préoccupations des femmes des pays en développement tant qu'elles ne participeront pas à part égale à la vie politique de leur nation", affirme Mme Elisabeth Rehn, ancienne ministre de la défense de Finlande, actuellement membre la Commission d'examen du département des opérations de maintien de la paix de l'ONU, lors d'un discours prononcé le 1er octobre au Club national de la presse. En sa qualité de représentante du secrétaire général de l'ONU pour les questions liées au règlement des conflits, Mme Rehn est bien placée pour savoir combien il est important de montrer aux femmes vivant dans des pays déchirés par la guerre qu'elles peuvent jouer un rôle important dans la reconstruction de leur société. L'ONU et l'Union européenne, selon elle, devraient montrer l'exemple en nommant davantage de femmes à des postes de haut niveau au sein de leurs organisations. Elle a indiqué qu'au Congo et en Somalie, l'ONU avait déjà constaté des résultats surprenants au plan du rôle des femmes dans la vie politique. En Somalie, 25 sièges du Parlement sont garantis pour des femmes, même si ce sont des clans puissants qui choisissent les femmes pour ces postes. Et si l'imposition de quotas n'est pas un mécanisme parfait, Mme Rehn estime que c'est un pas dans la bonne direction. Elle admet cependant qu'il faudra surmonter d'importants obstacles avant qu'une place importante soit accordée aux femmes au sein de leur gouvernement. Dans des situations de guerre civile, a-t-elle fait remarquer, les femmes sont autant des victimes que des combattantes, et la question de leur force ou de leur détermination à reconstruire leur société ne se pose même pas. "Au Rwanda, des femmes se font brutalement violer par des hommes séropositifs par le VIH qui visent à propager la maladie dans les rangs de l'ennemi, et on leur coupe parfois les membres en guise de trophée. Certaines femmes qui pensent avoir du travail en tant que domestiques sont simplement vendues à des magnats du commerce du sexe et obligées à avoir des relations sexuelles avec des centaines d'hommes. Si ces femmes ont la chance de s'échapper, souvent elles ne peuvent réintégrer leur communauté qui leur jette l'opprobre à cause de leur passé", a-t-elle déclaré. "On dit que ces hommes sont des bêtes. Mais des bêtes ne feraient pas cela. Ces hommes sont des monstres", a-t-elle dit, expliquant que le viol est considéré comme une arme puissante car "lorsqu'une femme est violée, son père, sa mère et toute sa collectivité le sont aussi puisqu'ils n'ont pas été en mesure de la protéger". Et si les organisations non gouvernementales (ONG) ne ménagent aucun effort pour inculquer à ces femmes des compétences pratiques pour améliorer leur condition, c'est d'une formation plus pertinente que ces dernières ont besoin en cette ère de mondialisation. "La plupart savent déjà comment cuisiner, faire le ménage et coudre, et ce qu'elles souhaitent c'est apprendre à se servir d'ordinateurs. Elles ne veulent pas se faire distancer par les techniques de l'information", a souligné Mme Rehn, ajoutant qu'en raison de la solidité des associations féminines en Afrique, si on donne aux femmes accès à des ordinateurs, elles seront rapidement capables de les utiliser à bon escient. Date de rédaction:
06 octobre 2003 Mise à jour:
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