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Actualités de Washington
  

La biotechnologie au secours de la lutte contre les maladies

Des insectes génétiquement modifiés pourraient stopper la propagation de certaines affections

Par Kathryn McConnell
Rédactrice du "Washington File"

Washington - Des scientifiques sont en train de rechercher comment des insectes génétiquement modifiés pourraient stopper la propagation de maladies qui affectent le bétail et les cultures, réduire l'utilisation d'insecticides et produire des protéines pharmaceutiques, ont déclaré les participants à une conférence sur les insectes transgéniques qui s'est tenue à Washington les 20 et 21 septembre.

Ils ont toutefois insisté sur l'importance du développement parallèle de la réglementation de ce domaine. Cette réglementation doit en outre être claire et coordonnée entre les diverses agences gouvernementales concernées afin de s'assurer que la mise au point d'insectes transgéniques est accompagnée d'évaluations adéquates des risques.

"La réglementation américaine sera une importante composante du développement de principes internationaux relatifs aux insectes génétiquement modifiés", affirment les auteurs d'un rapport intitulé "Bugs in the System ?" qu'a publié l'Initiative sur les aliments et la biotechnologie de la fondation Pew, qui parrainait cette conférence.

A l'heure actuelle, il n'existe aux Etats-Unis aucune loi fédérale réglementant la biotechnologie. Cette industrie est réglementée par diverses lois et plusieurs organes du gouvernement fédéral, notamment l'Agence de protection de l'environnement, l'Administration de la sécurité alimentaire et pharmaceutique, le ministère de l'agriculture et l'Institut national de la santé.

Cette conférence a rassemblé des scientifiques et des spécialistes de la réglementation afin d'échanger des informations sur ce nouveau domaine de recherche qui consiste à utiliser des techniques de manipulation génétique pour modifier des insectes de façon à réduire, voire éliminer, certaines maladies qui affectent le secteur agricole. Un participant à la conférence a cependant souligné qu'il fallait absolument s'attacher à évaluer les effets potentiellement négatifs de ces modifications génétiques.

Les chercheurs s'intéressent notamment à la possibilité d'utiliser des insectes génétiquement modifiés pour réduire la prolifération d'organismes nuisibles, ce qui permettrait d'économiser des millions de dollars de pesticides et de récoltes perdues, et de réduire considérablement les quantités de pesticides répandues dans les champs. Les scientifiques espèrent arriver à améliorer les insectes en augmentant leur capacité de se nourrir de mauvaises herbes et d'insectes nuisibles, notamment en prolongeant leur durée de vie et en renforçant leur tolérance aux écarts de température et leur résistance aux maladies et aux pesticides, expliquent les auteurs du rapport.

Ils résument ensuite diverses tentatives de modifications d'insectes. Par exemple, les scientifiques veulent améliorer un programme génétique actuellement utilisé en Californie pour lutter contre le ver rose du cotonnier. Ils souhaitent mettre au point un ver porteur d'un gène qui empêcherait sa progéniture de se reproduire.

Les abeilles sont également un insecte qui intéresse beaucoup les chercheurs. Les abeilles, qui ne se contentent pas de produire du miel, mais assurent aussi la pollinisation de nombreuses plantes, souffrent de plusieurs maladies et parasites. Les scientifiques cherchent à les rendre résistantes à ces menaces et à certains insecticides auxquels elles se trouvent exposées lorsqu'elles butinent dans les champs.

Ils recherchent également des moyens de modifier le ver à soie de façon à lui faire produire une fibre connue sous le nom de soie d'araignée qui, du fait de sa résistance, pourrait servir à améliorer les gilets pare-balles, les parachutes et les ligaments artificiels. Les scientifiques cherchent par ailleurs à mettre au point des vers à soie capables de produire plus de protéines pharmaceutiques, qui sont utilisées de plus en plus fréquemment dans la fabrication de médicaments.

Dans le cadre de ces recherches, on tente également de modifier les moustiques afin de les empêcher de transmettre le paludisme, maladie qui fait de 1 à 3 millions de victimes chaque année. Les réduves, qui propagent la maladie de Chagas, une affection parasitaire endémique en Amérique centrale et du Sud, et la mouche tsé-tsé, qui est responsable de la trypanosomiase africaine (maladie du sommeil) chez l'homme et d'une affection similaire dans le bétail, font également l'objet de recherches.

Le rapport (en anglais) est disponible sur Internet à l'adresse suivante : http://pewagbiotech.org/research/bugs


Date de rédaction: 23 septembre 2004 Mise à jour:

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