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Actualités de Washington
  

Il faut intensifier la recherche agricole pour aider les pays pauvres

Résumé des propos de M. Norman Borlaug, lauréat du prix Nobel de la paix en 1970

Par Kathryn McConnell
Rédactrice du "Washington File"

Washington - Les plantes contractant de nouvelles maladies et la superficie des terres arables dans le monde ne changeant pas, il faut que la communauté internationale des chercheurs et des donateurs redouble d'efforts pour mettre au point de nouvelles techniques agricoles et les partager avec les pays en développement, notamment en Afrique.

C'est ce qu'a fait valoir M. Norman Borlaug, lauréat du prix Nobel de la paix en 1970, dans un discours prononcé le 20 mai au Club national de la presse à Washington, dans le cadre de la série de conférences annuelles "George C. Marshall" parrainée par l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID).

On attribue à M. Borlaug, dont le travail dans le domaine de la recherche agricole lui a valu le qualificatif de "père de la révolution verte", le mérite d'avoir sauvé plus de vies que n'importe qui d'autre, a dit M. Syed Hasan Ahmad, ambassadeur du Bangladesh auprès des Etats-Unis, qui a présenté M. Borlaug à l'auditoire.

Grâce au travail de M. Borlaug dans les années 1960 et 1970, a-t-il précisé, l'amélioration du rendement des cultures céréalières a permis de sauver des millions de personnes au Bangladesh et dans d'autres pays en développement, et son pays, jadis dépendant d'une importante aide alimentaire des Etats-Unis, a aujourd'hui une production alimentaire légèrement excédentaire.

Selon M. Borlaug, les améliorations apportées aux techniques agricoles ont conduit à une forte augmentation de la production céréalière dans les pays en développement d'Asie, production qui est passée de 309 millions de tonnes en 1961 à 962 millions de tonnes en 2000.

Les avantages de la révolution verte n'ont, par contre, guère profité à l'Afrique à cause de la lourdeur de ses bureaucraties gouvernementales et du délabrement de ses infrastructures.

De nombreux pays d'Afrique, a expliqué M. Borlaug, n'ont pas de réseaux routiers adéquats. Lorsqu'ils ont des routes, les déplacements y sont entravés par des mines, une situation qui nuit au transfert des intrants et des connaissances agricoles vers les agriculteurs.

Ces pays enregistrent aussi une forte croissance démographique et un déclin de la fertilité de leurs sols, une situation qui rend encore plus vive la nécessité d'améliorer leur production alimentaire.

M. Borlaug a exprimé l'espoir que les progrès de la biotechnologie permettraient, avant la fin du siècle, de trouver les moyens de transférer l'immunité à la rouille (champignon qui gêne la croissance des végétaux), dont bénéficie déjà le riz, à d'autres céréales, notamment au blé, au maïs, au sorgho et à l'orge. Il a également formé le voeu de trouver le moyen de transférer une plus grande partie des protéines du blé à la pâte utilisée pour les pains à levain, améliorant ainsi leur valeur nutritive.

La biotechnologie, a-t-il souligné, offre de grandes possibilités lorsqu'il s'agit de mettre au point des espèces de plantes vivrières résistantes aux insectes, aux maladies et aux mauvaises herbes, d'en améliorer la valeur nutritionnelle et d'en accroître le rendement.

Selon lui, ceux qui exigent la preuve d'une innocuité à 100 % des espèces issues de la biotechnologie sont peu réalistes. "Dans le monde de la biologie, il n'y a pas de risque zéro et ceux qui adhèrent au "principe de précaution" et veulent la preuve à 100 % que les nouvelles plantes sont inoffensives retardent le progrès d'une recherche agricole qui a fait ses preuves au plan scientifique", a-t-il souligné.

Outre la nécessité de mettre au point des plantes ayant un meilleur rendement et étant moins nocives pour l'environnement par le truchement de la biotechnologie et d'autres techniques, a-t-il fait remarquer, il est aussi nécessaire de se livrer à davantage de recherches afin de trouver les moyens d'améliorer l'efficacité des systèmes d'irrigation. Par ailleurs, les agriculteurs des pays en développement doivent être mieux formés à l'utilisation efficace d'engrais adaptés à l'état de leurs terres.

Les progrès de l'agriculture sont aussi liés à l'instauration de la paix, notamment dans les pays en développement car, a fait remarquer M. Borlaug, reprenant les propos de M. John Boyd Orr, premier directeur de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) : "Il est impossible d'établir la paix sur des estomacs vides."

Selon M. Borlaug, 56 % des pays où une grande partie de la population souffre de la faim sont en proie à une guerre civile. C'est en outre dans les pays à faible production agricole que le niveau d'illettrisme est le plus élevé, une situation qui nuit aux possibilités d'avenir des nouvelles générations.

L'USAID, pour sa part, a mis en oeuvre une initiative baptisée CABIO (Collaborative Agricultural Biotechnology Initiative) qui vise à aider les pays en développement à accéder et à gérer les outils de la biotechnologie grâce à la recherche, au renforcement des institutions publiques et à la diffusion d'informations.


Date de rédaction: 21 mai 2004 Mise à jour:

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