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Dix-sept pays peuvent prétendre à une aide du Compte du millénaireConférence de presse du président-directeur général de la Société du compte du millénaire.
Par Berta Gomez Washington - Dix-sept des pays les plus pauvres du monde peuvent maintenant prétendre à une aide du Compte du millénaire ("Millenium Challenge Account" ou MCA), a indiqué le président-directeur général de l'organisme ("Millenium Challenge Corporation" ou MCC) qui administre ce compte, M. Paul Applegarth, lors de la conférence de presse qu'il a donnée le 9 novembre au Centre de la presse étrangère de Washington. A l'heure actuelle, la MCC examine les propositions et les documents soumis par des pays intéressés et pourrait commencer à décaisser des fonds à la fin de cette année. Le Congrès a voté près de 1 milliard de dollars au titre de la dotation du MCA pour l'année budgétaire 2004, et le gouvernement Bush a demandé 2,5 milliards de dollars pour l'année budgétaire 2005. La liste des pays admissibles pour 2004 comprend 8 Etats d'Afrique (le Bénin, le Cap-Vert, le Ghana, le Lesotho, Madagascar, le Mali, le Mozambique et le Sénégal), 4 Etats d'Asie (l'Arménie, la Géorgie, la Mongolie et le Sri Lanka), 3 Etats d'Amérique latine (la Bolivie, le Honduras et le Nicaragua) et 1 Etat d'Océanie (Vanuatu). Le 8 novembre, la MCC a ajouté le Maroc à cette liste pour l'année budgétaire 2005, mais en a rayé le Cap-Vert du fait que ce pays a maintenant un revenu par habitant supérieur à la limite de revenu prévue pour l'aide du MCA. M. Applegarth a cependant indiqué que le Cap-Vert pouvait encore prétendre à une aide au titre de l'année budgétaire 2004 et que de hauts responsables de la MCC examinaient actuellement, en consultation avec des responsables cap-verdiens, la proposition de financement de projets de développement de ce pays. Par ailleurs, M. Applegarth a déclaré qu'il ne savait pas encore quand les premiers fonds seraient décaissés et que ses services avaient reçu jusqu'ici 14 des 16 propositions attendues des pays admissibles. La MCC a informé le Congrès qu'elle avait entamé des négociations avec 4 pays (la Géorgie, le Honduras, le Nicaragua et Madagascar) et qu'elle poursuivait ses travaux avec d'autres pays. Les propositions de financement soumises à la MCC portent notamment sur des projets de développement en zone rurale, d'enseignement et de microcrédit. Selon M. Applegarth, elles montrent un degré remarquable de réflexion et d'imagination de la part des pays intéressés. Le fait d'être admissible à l'aide du Compte du millénaire ne se traduit pas nécessairement par l'obtention d'une aide, a-t-il dit. La MCC examine toutes les propositions en vue d'évaluer dans quelle mesure les projets prévus sont le plus susceptibles de réduire la pauvreté et de stimuler la croissance économique. En outre, elle continue d'oeuvrer de concert avec les "pays du seuil", c'est-à-dire les pays qui ne remplissent toutes les conditions nécessaires pour prétendre à une aide du MCA, mais qui sont sur la bonne voie. Le 8 novembre, elle a annoncé qu'elle allait ajouter 6 pays (le Burkina Faso, la Guyana, le Malawi, le Paraguay, les Philippines et la Zambie) à la liste des pays du seuil, qui comprend déjà le Kenya, l'Ouganda, Sao Tomé, la Tanzanie, le Timor oriental et le Yémen. Le gouvernement a prévu 40 millions de dollars en 2004 au titre de ces pays en vue de les encourager à prendre des mesures susceptibles de leur permettre par la suite de prétendre à l'aide du MCA. A propos de l'historique du MCA, M. Applegarth a indiqué que ce nouvel organisme était issu de la Conférence internationale sur le financement du développement qui avait eu lieu en 2002 à Monterrey (Mexique) et au cours de laquelle les pays industriels et les pays en développement étaient convenus que le développement exigeait la participation active des pays bénéficiaires d'une aide ainsi que des résultats durables. Il avait alors été décidé que les pays industriels fourniraient une aide supplémentaire aux pays en développement qui faisaient tout leur possible afin de stimuler la croissance économique, de réduire la pauvreté et d'élaborer une politique judicieuse. Le Compte du millénaire représente donc pour les Etats-Unis la réalisation de l'engagement qu'ils ont pris à Monterrey il y a deux ans, a-t-il fait remarquer. Selon les plans du gouvernement Bush, la dotation du MCA devrait atteindre 5 milliards de dollars par an à compter de l'année budgétaire 2006. Toutefois, tant la Chambre des représentants que le Sénat ont voté des textes de loi prévoyant une réduction des crédits affectés au MCA, ce qui préoccupe fort le gouvernement Bush qui a décidé de faire tout son possible pour que le Congrès vote dans les semaines à venir les 2,5 milliards de dollars demandés pour 2005. L'importance accordée au MCA provient en partie de la décision que le gouvernement Bush a prise en 2002 au sujet de la révision de la stratégie nationale de sécurité des Etats-Unis, qui a pendant longtemps reposé sur deux grands piliers, la défense et la diplomatie. Le président Bush et ses conseillers en matière de politique étrangère ont décidé de modifier cette stratégie pour y ajouter le développement et pour indiquer qu'il était dans l'intérêt des Etats-Unis, sur le plan de la sécurité nationale, d'encourager la réduction de la pauvreté, la croissance et le développement dans le tiers monde. A cet égard, le MCA fait partie de mesures visant à encourager le développement dans le monde dans un certain nombre de domaines. M. Applegarth a fait état des mesures prises par les Etats-Unis pour réduire les obstacles aux échanges avec des pays d'Afrique et d'Amérique latine et le rôle que Washington jouait pour alléger la dette des pays très endettés. Depuis 2001, l'aide publique des Etats-Unis au développement a augmenté considérablement, a-t-il dit en ajoutant que le gouvernement s'était également engagé à consacrer 15 milliards de dollars à la lutte mondiale contre le sida au cours d'une période de cinq ans. Les mesures relatives à l'encouragement des échanges commerciaux, à l'allégement de la dette et à l'aide à l'étranger sont toutes liées à la défense de la sécurité nationale des Etats-Unis et sont toutes représentatives de la façon dont les Etats-Unis considèrent leur rôle sur le plan international. "Il s'agit d'un effort bipartite, et non pas d'un effort des républicains ou des démocrates", a-t-il souligné. Date de rédaction:
12 novembre 2004 Mise à jour:
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