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La diplomatie des Etats-Unis est-elle efficace dans le monde arabe ?Il faut la doter de plus d'arabophones.
Par Jim Fisher-Thompson Washington - Si les Etats-Unis veulent renforcer leur influence dans la Corne de l'Afrique et d'autres régions et pays musulmans, ils doivent se doter de plus de diplomates qui parlent l'arabe et qui comprennent l'Islam. C'est ce qu'a affirmé un ancien diplomate américain, M. David Shinn, lors d'un discours prononcé le 9 juillet à l'U.S. Institute for Peace (Institut des Etats-Unis pour la paix). Selon lui, le seul moyen pour les Etats-Unis de stimuler le dialogue avec des représentants de l'Islam est de former plus de personnel à la langue et à la religion qui dominent le monde musulman. "Il est vital d'aller au-delà du dialogue, de la diplomatie publique et du reportage. Il est essentiel d'identifier et de financer des projets d'assistance que les communautés islamiques appellent de leurs voeux." Or cela ne peut se faire que si les Etats-Unis ont du personnel formé à ce genre de travail. Selon M. Shinn, qui a passé 30 ans au Service diplomatique et qui est maintenant professeur à l'Ecole Elliott d'affaires internationales de l'Université George Washington, il faudrait commencer aux Etats-Unis par acquérir une "meilleure compréhension du rôle de l'islam et de sa diversité dans la Corne de l'Afrique et dans d'autres pays où il est la religion dominante ou constitue une minorité non négligeable". Même si le département d'Etat a nommé des diplomates chevronnés et spécialistes du monde arabe tels que Hume Horan et Norm Anderson au poste d'ambassadeur au Soudan, "le Service diplomatique manque cruellement de personnel parlant l'arabe et étant au fait des principes fondamentaux de l'islam". "A l'exception de l'ambassade à Khartoum, où les Etats-Unis ont traditionnellement nommé quelques diplomates arabophones qui connaissent également bien l'islam, c'est habituellement complètement par hasard que ces individus sont nommés ailleurs en Afrique subsaharienne." En conséquence, les ambassades des Etats-Unis dans cette région ne sont pas dotées du personnel qui permettrait de fournir les meilleures analyses de tous les dossiers relatifs à l'islam. On manque tout simplement de diplomates qui maîtrisent complètement l'islam." De plus, il y a actuellement une absence complète de personnel américain dans des régions clées telles que Kaduna et Kano au nord du Nigeria, Mombasa au Kenya, Mogadiscio et Hargeisa en Somalie et Zanzibar en Tanzanie, où les Etats-Unis avaient autrefois des consulats. "Or il est impossible de comprendre l'évolution des événements dans des régions où l'on n'a pas de personnel." "Et lorsqu'il y a du personnel, trop souvent, il n'a jamais eu aucun lien avec le monde islamique et doit tout apprendre pour communiquer avec les collectivités locales. Ce processus a été amorcé dans certaines ambassades, mais il reste beaucoup à faire." Sur le plan politique, M. Shinn a souligné qu'avant d'adopter une approche régionale à l'islam en Afrique, les Etats-Unis "devaient acquérir, tant à Washington que dans leurs ambassades à l'étranger, une meilleure connaissance des nuances de l'islam dans chaque pays africain où cette religion est importante". Toutefois, pour assurer le succès, il faut s'attacher à couper les appuis financiers au fondamentalisme et les remplacer par "une aide occidentale aux communautés islamiques de l'Afrique de façon à améliorer les conditions de vie du musulman moyen. "Les musulmans africains peuvent construire des mosquées avec leurs propres fonds. Les pays occidentaux doivent améliorer les soins médicaux, lutter contre le VIH/sida, construire et soutenir des écoles laïques et aider à améliorer l'agriculture." A cet égard, un récent rapport consultatif du Centre d'études stratégiques et internationales préconise la mise en oeuvre d'une vaste initiative de coopération avec les communautés musulmanes qui serait financée à hauteur de 200 millions de dollars par an. M. Shinn a ajouté que, dans le cadre de cette initiative, "les Etats-Unis, et peut-être d'autres pays, seraient en mesure de proposer des changements dans la façon dont les gouvernements hôtes traitent les minorités islamiques. Ces propositions seraient d'autant plus efficaces qu'elles seraient liées aux projets d'aide financés par les Etats-Unis." "Il serait particulièrement souhaitable que les riches pays arabes participent à cet effort sans lier leur aide à un soutien quelconque à la philosophie fondamentaliste. Cela exigera des discussions franches avec les Saoudiens." Date de rédaction:
03 août 2004 Mise à jour:
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