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Actualités de Washington
  

Conflit israélo-palestinien : le Conseil de sécurité approuve à l'unanimité la feuille de route

Ce plan permettra de réaliser l'objectif de deux Etats vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.

Par Judy Aïta
Correspondante du "Washington File"

Nations unies - Le 19 novembre, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité une résolution appuyant la "feuille de route" visant un règlement permanent du conflit israélo-palestinien, un plan de paix soutenu par les Etats-Unis, l'ONU, la Russie et l'Union européenne (Quatuor). La résolution exhorte les deux parties à respecter leurs obligations en vertu de ce plan et à collaborer avec les membres du Quatuor.

Les Etats-Unis, a expliqué le représentant permanent des Etats-Unis auprès de l'ONU, M. John Negroponte, sont en faveur de cette résolution, l'une des rares concernant le Proche-Orient bénéficiant de leur appui, car "elle demande aux parties de respecter leurs obligations et de coopérer avec les membres du Quatuor".

"L'idée de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, énoncée par le président Bush, continue à être un idéal auquel nous sommes pleinement attachés. La feuille de route est un moyen de réaliser cet idéal", a dit M. Negroponte.

S'adressant aux journalistes à l'issue du vote sur la résolution, M. Negroponte a souligné la nécessité de mettre fin à la terreur dans la région et le besoin de négociations directes entre Israéliens et Palestiniens.

"La feuille de route est un cadre permettant aux parties de rechercher un règlement. C'est la seule solution (...) Elle énonce une ligne d'action, mais il faut que les parties elles-mêmes la mettent en oeuvre. Au bout du compte, les résolutions 242 et 338 (...) reconnaissent que c'est aux parties qu'il appartient de négocier la paix et un règlement pacifique. On ne peut pas les leur imposer", a-t-il expliqué.

Et d'ajouter : "Il est indispensable que les parties aient des négociations directes ; il faut qu'il y ait des progrès sur le terrain ; il faut mettre un terme au terrorisme ; il faut que soient créées les conditions propices à un règlement pacifique du différend, et il faut que les parties s'impliquent dans des négociations qui vont de l'avant."

Présentée à l'origine par la Russie, la résolution se réjouit des efforts diplomatiques déployés par le Quatuor et les encourage. Elle appuie la feuille de route et exhorte les parties à respecter les obligations qui en découlent.

Avant le vote du Conseil de sécurité sur la résolution, le secrétaire adjoint de l'ONU pour les affaires politiques, M. Kieran Prendergast, a rendu compte de la situation sur le terrain, faisant remarquer que celle-ci avait été relativement calme depuis un mois, mais qu'aucune action positive n'avait été prise.

"Chacun attendait que l'autre agisse. Le gouvernement d'Israël attendait que l'Autorité palestinienne forme un gouvernement habilité et que le terrorisme s'arrête. L'Autorité palestinienne attendait qu'Israël stoppe ses opérations militaires et prenne des mesures pour atténuer les effets des blocages qui nuisent tant à la vie des Palestiniens, que la communauté internationale conduise les parties vers la paix et que les dissensions politiques internes cessent", a-t-il expliqué.

La communauté internartionale, quant à elle, "attendait que les parties fassent des progrès par leurs propres moyens, malgré l'accumulation depuis des années de preuves irréfutables montrant qu'elles sont incapables de faire la paix sans une intervention internationale".

Demandant que finissent "la période d'inertie, les excuses et la pose de conditions", M. Prendergast a fait remarquer qu'il ne "valait pas la peine" et n'était pas "constructif" de gaspiller du temps à analyser la question de savoir qui a quelle autorité au sein du gouvernement palestinien, ou de se livrer à des conjectures quant au véritable attachement du gouvernement israélien au processus de paix. "Saisissons plutôt cette chance de juger les parties en fonction des actions qu'ils prennent (...) Ces actes, et la volonté de la communauté internationale de jouer son rôle, en diront plus long que toutes les belles paroles", a-t-il recommandé.

Pour M. Prendergast, l'absence de négociations directes ne devrait pas empêcher les Israéliens et les Palestiniens de prendre des mesures afin de respecter les obligations énoncées par la feuille de route.

L'Autorité palestinienne doit affronter et juguler les groupes responsables des attaques terroristes visant les Israéliens. "C'est sur les résultats, et non pas sur les personnes ayant autorité, qu'on devrait juger l'Autorité palestinienne", a-t-il fait valoir.

Israël, pour sa part, devrait prendre des mesures immédiates pour renforcer la confiance, notamment atténuer les blocages, démanteler les postes avancés des implantations, arrêter les activités de colonisation, et cesser la construction de sa prétendue clôture de sécurité en Cisjordanie. "Des mesures plus audacieuses, telles que l'évacuation des implantations dans la Bande de Gaza, pourraient aussi être nécessaires pour que l'espoir et la confiance renaissent et que le processus de paix soit relancé. C'est aussi sur les résultats que l'on devrait juger Israël", a-t-il dit, ajoutant que la situation humanitaire à la fois en Cisjornadie et à Gaza continue de se détériorer à cause non seulement des mesures de sécurité prises par Israël mais aussi à cause du manque de fonds dont souffre l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient.


Date de rédaction: 21 novembre 2003 Mise à jour:

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