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Actualités de Washington
  

AGOA : le forum de Dakar portera sur la diversification des échanges commerciaux

Aperçu sur l'ordre du jour de ce forum

Par Charles W. Corey
Rédacteur du « Washington File »

Washington - La nécessité d'accroître les échanges commerciaux et de les diversifier en vue de favoriser la croissance économique et la compétitivité des entreprises sera le thème principal du Forum de coopération économique États-Unis-Afrique subsaharienne qui va se tenir du 18 au 29 juillet à Dakar (Sénégal).

Ce forum, qui est mieux connu sous le nom de forum de l'AGOA (loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique), se composera de trois réunions : une réunion des ministres des États-Unis et des États d'Afrique subsaharienne pouvant prétendre à bénéficier des avantages de cette loi ; une réunion de représentants du secteur privé des États-Unis et du secteur privé des pays africains ; enfin, une réunion de représentants d'organismes de la société civile tant américaine qu'africaine.

Il s'agit du principal véhicule du gouvernement des États-Unis pour énoncer sa politique en matière de commerce et d'investissement envers les pays d'Afrique subsaharienne. Ce forum permet aussi d'envisager de nouvelles façons de renforcer les relations économiques entre les États-Unis et les pays africains dans le cadre de la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique.

Trois forums de l'AGOA ont déjà eu lieu : le premier à Washington en octobre 2001, le deuxième à Maurice en janvier 2003 et le troisième de nouveau à Washington en décembre 2003.

Les participants au forum de Dakar se pencheront sur la question de savoir comment les pays bénéficiaires de l'AGOA peuvent diversifier leurs exportations en tirant parti du traitement préférentiel offert par cette loi à une vaste gamme de produits.

Les ateliers et les séances plénières auront pour objet d'encourager les investissements dans diverses branches du secteur industriel des pays africains, de fournir des informations pratiques sur les conditions à remplir pour exporter aux États-Unis et d'inciter les pays qui n'ont pas encore profité des avantages offerts par l'AGOA à le faire.

Les sujets à l'ordre du jour de la réunion ministérielle comprennent : le renforcement de la coopération commerciale et économique entre les États-Unis et l'Afrique subsaharienne, les moyens d'attirer les investisseurs, l'établissement de nouveaux liens entre le secteur public et le secteur privé en matière de coopération agricole, le commerce des produits agricoles de grande valeur et l'incidence de la pandémie du sida sur le rythme de développement économique de l'Afrique subsaharienne.

Pour leur part, les représentants du secteur privé aborderont plusieurs questions dont l'avenir de l'agriculture africaine et les exportations à valeur ajoutée, la facilitation des échanges grâce à l'amélioration de l'infrastructure des transports, le tourisme vert ainsi que le développement du secteur privé.

Quant aux représentants des organismes de la société civile, ils porteront leur attention sur les contributions importantes que ces organismes apportent dans le cadre de l'AGOA et sur ce qu'ils peuvent faire pour rendre l'application de cette loi encore plus efficace. Ils débattront aussi du rôle du Compte du millénaire et du lien important entre l'enseignement et le développement d'un pays.

Lors d'une conférence de presse tenue à Washington le 3 juin, la secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines, Mme Constance Newman, a souligné que les organisations de la société civile avaient « un rôle indispensable à jouer pour aider les Africains à profiter de la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique subsaharienne (AGOA) et, qu'à ce titre, elles seraient l'un des principaux sujets » du Forum de l'AGOA.

La loi originelle sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA I) a été adoptée le 18 mai 2000 au Titre 1 de la Loi de 2000 sur le commerce et le développement. Le 6 août 2002, le président Bush a promulgué des amendements, connus sous le nom d'AGOA II, qui ont considérablement étendu le traitement préférentiel accordé aux exportations des pays d'Afrique subsaharienne bénéficiant de l'AGOA. Ces deux lois ont encore été considérablement renforcées et modifiées le 12 juillet 2004 par le président Bush par ce qui est devenu l'AGOA III, ou Loi de 2004 sur l'accélération de l'AGOA. Cette loi offre des incitations tangibles aux pays africains qui continuent leurs efforts de libéralisation de leur économie.

Dans la foulée de l'AGOA, les échanges bilatéraux ont augmenté en 2004 de 37 % par rapport à l'année précédente pour atteindre 44,4 milliards de dollars. Les exportations américaines vers l'Afrique subsaharienne ont augmenté de 25 % par rapport à 2003, atteignant 8,6 milliards de dollars. Les importations réalisées dans le cadre de l'AGOA (y compris le Système généralisé de préférences ou SGP), ont atteint 26,6 milliards de dollars en 2004, soit une augmentation de 88 % par rapport à 2003. Les importations non pétrolières réalisées dans le cadre de l'AGOA ont totalisé 3,5 milliards de dollars, soit 22 % de plus qu'en 2003. Trente-sept des 48 pays de l'Afrique subsaharienne remplissent les conditions requises pour bénéficier de l'AGOA.

Évoquant l'importance du forum de l'AGOA qui va avoir lieu à Dakar, le premier ministre du Cap-Vert, M. Jose Maria Neves, a déclaré que son pays considérait ce forum comme « très important » et que, conséquemment, il y serait bien représenté.

M. Paul Applegarth, P.D.G. de la Société du Compte du millénaire (MCC), est du même avis. Ils ont tous deux tenu ces propos le 13 juillet au Centre de la presse étrangère à Washington, où ils ont également évoqué l'accord passé récemment entre la MCC et le Cap-Vert.

« On a souvent considéré l'aide de l'étranger comme la clé du développement, mais le lien entre le commerce et le développement est capital », d'où l'importance du Forum de l'AGOA, a souligné M. Applegarth.

Il a précisé que la MCC participerait également au Forum, où elle a l'intention de signer un accord financier préliminaire avec le Sénégal. En fin de semaine, M. Applegarth se rendra au Burkina Faso afin de signer le premier accord dit du seuil avec le gouvernement de ce pays.

Ce Programme du seuil s'adresse aux pays qui sont sur le point de répondre aux normes requises pour prétendre aux avantages du Compte du millénaire (MCA). Cela signifie que si ces pays mettent en œuvre les réformes nécessaires, ils finiront par recevoir une aide au titre du MCA.

Deux pays africains, à savoir Madagascar et le Cap-Vert, ont déjà passé un accord avec la MCC.


Date de rédaction: 14 juillet 2005 Mise à jour: 14 juillet 2005

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