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Actualités de Washington
  

Ouverture du Forum de l'AGOA à Dakar

Le président Bush annonce dans un message vidéo une nouvelle initiative en faveur de l'Afrique.

Par Charles Corey
Rédacteur du « Washington File »

Dakar (Sénégal) - Le président de la République sénégalaise, M. Abdoulaye Wade, a ouvert officiellement le Forum de l'AGOA en déclarant que la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA) se fondait sur une conception commune de partenariat entre les Etats-Unis et l'Afrique subsaharienne qui devrait permettre à cette dernière de s'intégrer dans l'économie mondiale et de parvenir à une croissance économique durable.

Dans un message vidéo, le président Bush a souhaité la bienvenue aux délégués et fait part de son intention de lancer en faveur de l'Afrique subsaharienne une nouvelle initiative destinée à « donner à un grand nombre de créateurs d'entreprises accès aux informations et aux conseils » dont ils avaient « besoin pour réussir et pour exporter ».

Pour sa part, le président Wade a déclaré devant les délégués de 37 pays africains que l'AGOA contribuait à sortir le continent africain de la pauvreté au moyen de l'expansion du secteur privé et de l'accroissement des échanges commerciaux. Il a fait remarquer que la lutte contre la pauvreté ne se gagnait pas par la charité, mais par l'accroissement des échanges et par la croissance économique.

S'adressant aux délégués, il leur a dit qu'ils étaient venus pour jeter les fondements de l'avenir de l'Afrique lors de ce grand événement qui devrait exprimer une conception commune d'un avenir meilleur.

M. Wade s'est félicité du fait que le Forum de l'AGOA représentait l'engagement commun des Etats-Unis et des pays africains à donner une nouvelle vigueur à l'Afrique.

A propos du message vidéo de M. Bush, il a déclaré qu'il s'agissait d'un message empreint d'optimisme, qui était aussi fondé sur la conviction que l'Afrique disposait des richesses matérielles, morales et humaines nécessaires pour se développer.

Dans son message vidéo, M. Bush a remercié les délégués d'être venus participer à des discussions sur une conception commune d'une Afrique démocratique et prospère.

« Il s'agit d'un moment prometteur de l'histoire de l'Afrique, a-t-il dit. Les gouvernements de nombreux Etats africains sont en cours de transformation. L'économie de nombre d'entre eux est dynamique et en expansion, et dans l'ensemble de l'Afrique subsaharienne la croissance économique est maintenant la plus forte depuis huit ans.

« Un élément important de cette prospérité croissante est la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique. Cette loi judicieuse réduit les obstacles au commerce, augmente les exportations, crée des emplois et accroît les possibilités tant pour les Africains que les Américains.

« L'AGOA donne des résultats. Les réformes d'ordre politique en Afrique inspirent confiance aux investisseurs américains. L'an dernier, les exportations des Etats-Unis en Afrique subsaharienne ont augmenté de 25 % et leurs importations en provenance des pays bénéficiaires de l'AGOA ont augmenté de 88 %.

« La réussite de l'AGOA montre que la libéralisation du commerce et les investissements étrangers constituent pour l'Afrique les moyens les plus sûrs et les plus rapides de faire des progrès. »

M. Bush a ajouté qu'il avait été heureux de promulguer l'an dernier une loi relative à l'élargissement des avantages de l'AGOA, qui constituait selon lui « un programme essentiel ».

Par ailleurs, il a déclaré que les discussions qui allaient avoir lieu pendant le Forum de l'AGOA étaient indispensables à l'accroissement des échanges commerciaux et à leur diversification de manière à ce que la croissance économique des pays africains puisse se poursuivre.

« Je suis certain, a-t-il dit, que vos efforts susciteront un intérêt plus grand et des investissements plus importants dans les pays bénéficiaires de l'AGOA.

« L'Afrique est un continent plein de promesses, de talents et de possibilités, et ensemble nous aiderons les peuples de l'Afrique à avoir l'avenir brillant qu'ils méritent. »

Le ministre de l'agriculture des Etats-Unis, M. Mike Johanns, a également pris la parole lors de l'ouverture du forum. Il a déclaré que les progrès réalisés au cours de ce forum auraient une grande incidence sur l'avenir de nombreux pays africains en accroissant les possibilités économiques et l'accès aux marchés.

Il a rappelé que le thème de ce forum était l'accroissement et la diversification des échanges commerciaux en vue d'encourager la croissance économique et la compétitivité des entreprises.

Il existe de nombreuses possibilités dans le secteur de l'agriculture, a-t-il dit tout en soulignant que le passage du stade des possibilités à celui des exportations exigeait beaucoup de travail, d'investissements et de connaissances techniques.

L'AGOA, a-t-il dit, est « au centre des objectifs du gouvernement Bush, car elle encourage les échanges commerciaux et les investissements et elle incite les Etats à appliquer une politique judicieuse ».

Grâce à cette loi, les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et l'Afrique subsaharienne et vice-versa ont atteint plus de 44 milliards de dollars en 2004 (les importations des Etats-Unis en provenance des pays d'Afrique subsaharienne ont augmenté de 50 % entre 2000 et 2004) et les investissements tant des Etats-Unis que d'autres Etats se sont accrus dans ces pays.

Les Etats-Unis reçoivent maintenant plus de 24 % des exportations des pays d'Afrique subsaharienne et sont ainsi devenus leur plus grand partenaire commercial au niveau individuel. Si l'on ne tient pas compte du pétrole, les importations en provenance des pays bénéficiaires de l'AGOA, notamment les importations de vêtements, d'automobiles et de produits agricoles transformés, ont plus que doublé depuis 2001 pour atteindre 3,5 milliards de dollars en 2004.

Ce nouvel accès au marché américain a créé des milliers d'emplois en Afrique et attiré des centaines de millions de dollars d'investissements.

M. Johanns a rappelé aux délégués que les chefs d'Etat et de gouvernement du G8 s'étaient engagés, lors de leur récente réunion au sommet en Ecosse, d'accroître l'aide au développement de l'Afrique et qu'ils étaient convenus d'annuler la dette des pays pauvres très endettés.

En outre, les Etats-Unis se sont engagés à consacrer de nouvelles ressources à l'enseignement et à la lutte contre le paludisme en Afrique, en plus du programme d'aide du président Bush à la lutte contre le sida dont le budget prévu est 15 milliards de dollars sur une période de cinq ans.

M. Johanns a réaffirmé que si l'aide et l'allégement de la dette pouvaient créer des conditions plus propices au développement, c'était le commerce qui constituait le moteur du développement. Pour les pauvres, a-t-il dit, les échanges commerciaux se traduisent par l'eau courante, par l'électrification, par un logement décent et par l'accès à l'enseignement et à de meilleurs soins médicaux pour les membres de leur famille.

Pour ce qui est de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), M. Johanns s'est fait l'écho des propos du président Bush en déclarant que les négociations de Doha organisées sous l'égide de cette institution constituaient le moyen le plus pratique et le plus important de réduire la pauvreté dans le monde.

Les Etats-Unis, a-t-il dit, sont « prêts à supprimer leurs subventions agricoles et ont mis au défi les autres pays de dire qu'ils étaient prêts à faire de même ».

« Il est essentiel de saisir cette nouvelle occasion d'entreprendre des réformes véritables, en particulier dans le secteur de l'agriculture », a-t-il souligné en faisant remarquer que si les négociations de Doha n'aboutissaient pas, il faudrait probablement attendre longtemps avant qu'une autre occasion se présente.

Le Forum de l'AGOA constitue le principal véhicule du gouvernement des Etats-Unis pour énoncer sa politique en matière de commerce et d'investissement envers les pays d'Afrique subsaharienne et pour envisager de nouvelles façons de renforcer les relations économiques entre les Etats-Unis et les pays africains dans le cadre de la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique.

Trois Forums de l'AGOA ont déjà eu lieu : le premier à Washington en octobre 2001, le deuxième à Maurice en janvier 2003 et le troisième de nouveau à Washington en décembre 2003. Le forum de Dakar se tient du 18 au 20 juillet.


Date de rédaction: 19 juillet 2005 Mise à jour: 19 juillet 2005

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