|
|||||||||||
|
|||||||||||
|
![]() | ||
Condoleezza Rice : il faut mettre fin à la traite des personnesCette année, le Rapport sur la traite des personnes dans le monde met l'accent sur l'exploitation de leur labeurPar Susan Ellis Washington - Le 3 juin, à l'occasion d'une cérémonie au département d'État, la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, a annoncé la publication du cinquième rapport annuel sur la traite des personnes dans le monde et fait état des actions positives prises par les divers gouvernements pour mettre fin à cet esclavage des temps modernes, mais aussi du refus de certains à prendre des mesures appropriées. Elle a exprimé l'espoir que ce rapport détaillé sensibiliserait la communauté internationale au caractère criminel de la traite des personnes et qu'il encouragerait les gouvernements du monde entier à réagir avec détermination pour y mettre un terme. Elle a fait remarquer que chaque année jusqu'à 800.000 personnes sont les victimes de ce trafic transnational et que des millions supplémentaires sont les victimes de trafiquants sur le territoire même de leur pays. Quatre sur cinq de ces victimes sont des femmes et une sur deux mineure. Selon elle, les chiffres montrent que la majorité des victimes de la traite transnationale des personnes sont embrigadées dans le commerce du sexe, mais ils font aussi ressortir un taux alarmant d'asservissement aux fins d'exploitation du labeur de ces personnes, un problème sur lequel se penchent spécifiquement les auteurs du rapport. Il n'y a pas que les pays en développement qui sont responsables de la traite des personnes, même si la pauvreté, la corruption et le manque d'éducation accroissent la vulnérabilité de leurs populations. Les pays de « destination » et les pays prospères où existe une forte demande en sont aussi en grande partie responsables. À l'heure actuelle, a indiqué Mme Rice, des personnes concernées, des étudiants, des organisations religieuses, des associations de femmes et des organisations non gouvernementales ont lancé une sorte de « mouvement abolitionniste des temps modernes » et œuvrent avec courage et compassion afin de mettre fin à ce commerce qui repose sur l'avilissement de l'homme. « Les États-Unis sont fiers d'être avec eux sur la ligne de front de la campagne en matière de lutte contre la traite des personnes », a-t-elle affirmé. Elle a précisé que les États-Unis avaient, dans le cadre de leur aide à l'étranger, fourni plus de 96 millions de dollars durant l'année budgétaire 2004 pour aider d'autres pays à renforcer leurs efforts en matière de lutte contre la traite des personnes. Cette assistance a permis de créer des unités policières spécialisées afin d'enquêter dans les affaires de trafic de personnes, de venir en aide aux victimes, de construire des centres d'abris d'urgence et de mettre sur pied des programmes visant la réinsertion à long terme et la formation professionnelle. Le rapport fait état des initiatives mises en œuvre entre mars 2004 et mars 2005 dans 150 pays en vue de lutter contre le problème, a expliqué le principal conseiller du département d'État pour les questions liées à la traite des personnes, M. John Miller. « Dans le monde, le nombre de condamnations pour des affaires de traite de personnes a augmenté de plus de 3.000 l'année dernière et 49 pays ont promulgué une nouvelle loi interdisant la traite des être humains. C'est un gros changement par rapport à il y a quatre ou cinq ans », a-t-il fait remarquer. La méthodologie sous-tendant la rédaction du rapport repose sur une évaluation à trois niveaux : - La catégorie 1 comprend les pays qui respectent les normes internationales en matière de lutte contre la traite des personnes et qui s'attaquent au problème avec vigueur. - La catégorie 2 comprend les pays qui ont fait preuve d'un engagement afin de trouver une solution à leur problème mais qui n'ont pas encore atteint les normes internationales. Certains pays où l'on craint que les efforts ne soient pas réguliers font partie d'une sous liste dite de « veille de catégorie 2 ». - La catégorie 3 comprend les pays dont les gouvernements n'ont pas réussi à atteindre les normes minimales en matière de lutte contre la traite des personnes et qui ne font pas grand-chose pour améliorer leur situation. Si certains pays ont pris des mesures pour lutter contre l'asservissement des êtres humains depuis le début de la préparation du rapport, dans d'autres la situation n'a nullement progressé. C'est le cas notamment de l'Équateur qui figure encore cette année parmi les pays de catégorie 3. Cependant, a fait valoir M. Miller, il y a quelques jours, le parlement de ce pays a adopté des modifications à son code pénal qui pourraient conduire à la réalisation de progrès dans la lutte contre l'esclavage. M. Miller souligne dans le rapport que c'est le trafic d'êtres humains pour le commerce du sexe qui porte sur le plus grand nombre de personnes, ce qui se traduit par un nombre croissant de victimes de ce trafic dans les pays où la prostitution est permise ou encouragée. Il s'agit donc, selon lui, de mettre l'accent sur l'éducation des éventuels « clients » et sur la dissuasion. Toutes les formes d'esclavage inquiètent les États-Unis, a dit M. Miller, et c'est pourquoi ils se sont penchés plus particulièrement sur le problème de la traite de personnes en vue de l'exploitation de leur labeur, notamment sur la servitude involontaire de travailleurs étrangers et ils se sont inspirés des informations plus précises fournies par les pays d'origine et par les organisations non gouvernementales. Quatre pays continuent à figurer sur la liste de pays de catégorie 3 : l'Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis, car ils n'ont pas fait d'efforts significatifs pour combattre la traite de personnes en vue du travail forcé. « Le travail forcé peut concerner des travailleurs étrangers qui se retrouvent obligés de travailler dans des conditions apparentées à une servitude involontaire ou des enfants que l'on oblige à vivre dans des conditions déplorables et qui sont obligés de faire courir des chameaux au mépris de leur sécurité », a expliqué M. Miller. Et d'ajouter : « La Birmanie, la Corée du Nord, le Soudan, et Cuba restent sur la liste des pays de catégorie 3 principalement parce qu'ils n'ont pas réussi à juguler le travail forcé sur leur territoire. Un autre pays, le Cambodge, y figure aussi en raison de la complicité du gouvernement dans le trafic des personnes. Il a souligné le caractère positif de l'ajout, l'année dernière, d'une sous-liste « veille » en catégorie 2. En effet, 31 des 46 pays qui y figuraient l'année dernière ont nettement amélioré leurs résultats. Plusieurs pays de catégorie 3, en 2004, ont pris des mesures pour passer à la catégorie 2. « Le président du Guyana a réussi à faire adopter la première loi de lutte contre le trafic des êtres humains et a mis en œuvre une campagne nationale faisant ressortir les dangers de ce trafic. Le Bangladesh a mis sur pied l'unité de police spécialisée dans la lutte contre la traite des personnes qu'il promettait depuis longtemps et celle-ci a commencé à procéder à des enquêtes tout en venant à la rescousse d'un nombre croissant de victimes. « Le placement des pays à un niveau ou à un autre dépend uniquement des actions prises par leur gouvernement pour lutter contre la traite des personnes telle que la définit la loi des États-Unis. Les normes sont fixées par la Loi visant la protection des victimes de la traite des personnes et s'appliquent de la même façon à tous les pays », a précisé M. Miller. Date de rédaction:
06 juin 2005 Mise à jour:
06 juin 2005
|
||
|
Options: |
|
||||||||||||||||||