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Actualités de Washington
  

La société civile est la clé de la croissance de l'Afrique

Résumé des propos d'un haut responsable du département d'État

Par Charles W. Corey
Rédacteur du « Washington File »

Washington - Les organisations de la société civile ont un rôle clé à jouer pour aider les Africains à profiter de la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique subsaharienne (AGOA) et, conséquemment, elles constituent l'un des grands dossiers qui seront abordés lors du prochain Forum de coopération commerciale et économique entre les États-Unis et l'Afrique subsaharienne (dit Forum de l'AGOA) qui se tiendra à Dakar (Sénégal).

C'est ce qu'a affirmé, le 3 juin, la secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines, Mme Constance Berry Newman, lors d'une conférence de presse tenue au Centre de la presse étrangère à Washington.

« Les organisations non gouvernementales jouent un rôle en soutenant les entreprises et le commerce. Elles ont également été très énergiques sur le plan de la promotion de la démocratie, de la bonne gestion des affaires publiques et des efforts de renforcement des capacités. Les acteurs de la société civile œuvrent dans l'ensemble de l'Afrique à la promotion de ces idéaux. » C'est pourquoi, a-t-elle précisé, les États-Unis sont heureux de faciliter les contacts entre ces groupes et les peuples africains.

Les réseaux de la société civile, a-t-elle souligné, cherchent à réaliser le potentiel économique de l'Afrique par le truchement de programmes d'éducation et de formation destinés aux responsables publics et au secteur privé. Ils créent ainsi des liens qui sont la clé du succès.

Elle a ajouté que l'on s'attendait à ce que les discussions lors du forum de Dakar soient « candides » et « utiles » du point de vue de l'avancement du processus global de l'AGOA. « Il y a un lien évident entre les rôles respectifs que jouent la société civile, le secteur privé et les gouvernements pour faire marcher l'AGOA. »

« Les États-Unis sont honorés que le Sénégal ait accepté d'accueillir le forum cette année, et sont persuadés qu'il (...) comptera parmi les meilleurs. »

Le conseiller économique de l'ambassade du Sénégal à Washington, M. Ahmadou Fall, a quant à lui déclaré que le gouvernement et le peuple du Sénégal remerciaient les États-Unis d'avoir choisi leur pays comme site d'accueil du prochain forum de l'AGOA.

M. Fall, qui représentait l'ambassadeur Amadou Lamine Ba qui avait été appelé à New York pour affaires urgentes, a attribué à l'AGOA la transformation des relations entre les États-Unis et l'Afrique par le truchement de la promotion des investissements et de la coopération économique entre les États-Unis et 37 pays africains remplissant les conditions requises pour bénéficier de l'AGOA.

« Le rôle et les contributions des organisations de la société civile sont cruciales du point de vue de la promotion et de la mise en œuvre de l'AGOA », a-t-il souligné, ajoutant que le prochain forum serait une bonne occasion pour les ministres, les entrepreneurs et les représentants de la société civile de l'Afrique d'engager une discussion sérieuse sur le développement.

Comme on lui demandait de citer des exemples de succès de l'AGOA en Afrique, Mme Newman a déclaré que les entreprises du secteur du textile et du vêtement au Lesotho avaient connu une forte expansion dans le cadre de l'AGOA. « A ce jour, les effets bénéfiques de l'AGOA se sont fait sentir essentiellement dans le secteur du vêtement », entraînant la création de milliers d'emplois pour les Africains.

Elle a toutefois précisé que le prochain forum mettrait l'accent sur la nécessité de la diversification économique des pays participant à l'AGOA. « Tout le monde reconnaît que les principaux succès - à l'exception des industries extractives - ont été enregistrés dans le domaine du vêtement et du textile, (...) et que pour continuer d'aller de l'avant, la diversification sera extrêmement importante. »

Dans ce but, le forum de Dakar comprendra une série d'ateliers et de discussions visant à examiner les autres voies de développement dans le cadre de l'AGOA et à reconnaître que la richesse de l'Afrique se trouve dans son sol et dans les ressources des peuples qui vivent dans les zones rurales. « Ces gens profiteront de l'AGOA si l'agriculture est étendue. »

M. Fall a déclaré aux journalistes que grâce à l'AGOA, le Ghana jouissait d'investissements supplémentaires et de la création de 1.000 emplois, et que le Malawi avait bénéficié de la création de 70.000 emplois.

Reprenant les propos de Mme Newman, il a affirmé que le prochain forum ne porterait pas seulement sur les textiles. « Nous devons exporter plus de produits vers les marchés des États-Unis », et le forum aidera l'Afrique à atteindre cet objectif.

Mme Newman a rappelé que le forum aurait « des applications pratiques » pour chacun des participants. Les ateliers offriront des informations claires sur la façon de faire des affaires et exporter des produits agricoles aux États-Unis, et de rassembler des fonds pour démarrer une entreprise. De plus, les participants pourront évoquer les problèmes qu'ils ont rencontrés dans le cadre de l'AGOA et la façon dont ils les ont réglés.

Comme on lui demandait ce que faisait l'AGOA pour lutter contre la pauvreté en Afrique, Mme Newman a répondu que l'AGOA était l'un des outils utilisés pour réduire la pauvreté. « Il faut une bonne gouvernance afin d'attirer les investissements. Les gouvernements doivent investir dans l'éducation de leurs peuples. Les donateurs doivent coopérer avec les États bénéficiaires afin d'adapter l'aide à leurs besoins. Tout cela doit arriver en même temps que les gouvernements et les peuples essaient de profiter de l'AGOA (...) »

« Ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'au bout du compte (...) l'objectif de l'AGOA est de réduire la pauvreté et d'augmenter le niveau de vie des peuples du continent » et cela est plus susceptible d'avoir lieu dans le cadre d'une plus forte croissance économique.

Elle a cité l'exemple du Lesotho : « C'est grâce à l'emploi (créé dans le cadre de l'AGOA) que les familles ont élevé leur niveau de vie. »

Divers représentants des organisations de la société civile participaient également à la conférence de presse : Fred Oladeinde, coordonnateur du Réseau de la société civile de l'AGOA (« AGOA Civil Society Network »), Oumar Barou Makalou, président du Réseau, et Vernice Guthrie-Sullivan, vice-présidente de ce même réseau.

Le Forum de l'AGOA se déroulera à Dakar du 18 au 20 juillet à trois niveaux séparés : ministériel, secteur privé et société civile.

L'AGOA a été promulguée le 18 mai 2000 en tant que Titre I de la Loi de 2000 sur le commerce et développement. La loi offre aux pays africains des incitations tangibles à poursuivre leurs efforts de libéralisation de leur économie et d'instauration du libre-échange. Des renseignements supplémentaires (http://www.agoa.gov/) sont disponibles sur le site Web du ministère du commerce des États-Unis.


Date de rédaction: 08 juin 2005 Mise à jour: 08 juin 2005

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