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Tsunami : des organismes publics des É.-U. proposent d'aider les pays sinistrésLes travaux du colloque international qui se tient à HonoluluPar Cheryl Pellerin Honolulu - Les États-Unis ont offert, le 6 juin, une aide et diverses ressources aux 175 représentants des 18 pays ravagés par le tsunami du 26 décembre 2004, qui assistent actuellement à Hawaï à un colloque d'une durée d'une semaine organisé par l'Administration nationale des études océaniques et atmosphériques (NOAA), l'Agence du commerce et du développement ainsi que par le forum de Coopération économique Asie-Pacifique (APEC). Ce colloque est destiné à aider ces pays à se préparer à faire face à des catastrophes naturelles en mettant en place des systèmes d'alerte modernes et en se dotant de moyens d'intervention. « Sur la demande du président Bush, le Congrès vient d'affecter 857 millions de dollars aux activités de secours et de reconstruction dans les zones sinistrées », a indiqué un haut responsable du département d'État, M. Douglas Hartwick. Quelque 16,6 millions de dollars seront consacrés à la mise en place de systèmes d'alerte rapide et de moyens d'intervention, dans le cadre d'une collaboration avec les pays directement touchés par le tsunami du 26 décembre. Lors de la séance d'ouverture du colloque d'Honolulu, M. Hartwick a déclaré : « Le tsunami a mis en évidence de façon tragique les conséquences pour la population lorsqu'on n'est pas prêt à faire face à une telle catastrophe. (...) Il nous faut maintenant faire tout ce que nous pouvons pour mettre au point des systèmes susceptibles de permettre de prévenir de nouvelles catastrophes et d'en atténuer les effets. » Pour sa part, un haut responsable de la NOAA, M. William Brennan, a fait remarquer qu'un bon ensemble de moyens techniques, de travaux préparatoires et de réseaux de télécommunications pourrait permettre aux collectivités de se préparer à faire face à une telle éventualité. « Les événements tragiques du 26 décembre, a-t-il dit, ont attiré l'attention sur les travaux de la NOAA », qui est responsable du fonctionnement du réseau d'alerte des États-Unis en cas de tsunami dans le Pacifique. Ce réseau est efficace, selon lui, parce qu'il se compose d'éléments essentiels de tous les services qui relèvent de la NOAA, notamment le Service météorologique national, le service océans et côtes, le service satellites et information, le service de la pêche et le service de recherche. Un tel réseau, a-t-il expliqué, exige des connaissances dans toute une variété de disciplines, une intégration importante et la collaboration en vue de la réalisation d'un but commun. Il se fonde sur quatre éléments : 1) des observations, en particulier celles fournies par des bouées captives, par la surveillance du niveau de l'eau et par un réseau d'observation des séismes, 2) des prévisions, des modèles et des avertissements, 3) l'information de la population et 4) la durabilité. À l'heure actuelle, la NOAA augmente son dispositif d'observation, a précisé M. Brennan. « Le président Bush a affecté 37,2 millions de dollars pour les deux prochaines années en vue de mettre en place un système d'alerte en cas de tsunami pour toutes les côtes des États-Unis. Une fois mis en place, ce système sera aussi avantageux pour d'autres pays. » Par ailleurs, lorsque d'autres systèmes seront établis dans d'autres parties du monde, il sera alors possible que le monde entier soit prêt à faire face à l'éventualité d'un tsunami en un lieu quelconque. Les États-Unis sont résolus à créer des systèmes mondiaux d'observation, et la NOAA en particulier est prête à participer à la mise en place de tels systèmes dans d'autres parties du monde, notamment dans l'océan Indien. « Nos connaissances peuvent être utiles en la matière », a dit M. Brennan. C'est ainsi que la NOAA peut contribuer sur le plan technique à la mise en place de systèmes de détection de données à l'aide de marégraphes et de bouées DART, par exemple, ainsi qu'à la création de systèmes de télécommunications, à la formation de météorologues, à la diffusion des avertissements et des connaissances nécessaires pour assurer l'interopérabilité des systèmes. La NOAA a également mis en route le programme « TsunamiReady » destiné à informer les responsables des organismes locaux de secours et la population locale ainsi qu'à favoriser l'élaboration d'un plan d'intervention en cas d'urgence au niveau de toutes les collectivités. « Nous avons créé, a-t-il précisé, une équipe qui œuvre de concert avec d'autres organismes américains, et nous sommes prêts à collaborer avec les pays intéressés, avec des partenaires internationaux et avec le secteur privé en vue de transmettre nos connaissances et de fournir une assistance technique. » De son côté, le directeur de l'« U.S. Geological Survey » (USGS), M. Charles Groat, a déclaré : « Une chose que nous avons apprise de cette catastrophe tout comme d'éruptions volcaniques ou de séismes, c'est que nos moyens techniques de surveiller ces phénomènes et de les interpréter ne peuvent jamais rester figés. Il nous faut investir dans la mise au point de techniques susceptibles de permettre d'obtenir les informations en temps réel. » Avec la Fondation nationale des sciences, l'USGS fait fonctionner le réseau sismographique mondial, qui se compose de 137 stations d'observation des séismes dont la répartition est uniforme à travers le monde. Ce réseau enregistre tous les signaux émis par la Terre et sert à diffuser des avertissements en cas de tsunami et à effectuer des travaux de recherche et d'autres tâches. Les tremblements de terre sont en effet souvent la cause d'un tsunami. « Nous sommes maintenant en mesure de transmettre en temps réel des informations en provenance de ces stations grâce aux moyens que nous avons obtenus depuis le tsunami, a dit M. Groat. Nous mettons en place des stations d'observation sismique par voie à bande large de meilleure qualité dans des zones où elles n'existaient pas jusqu'ici. Nous augmentons donc nos moyens de recueillir ce genre d'information. » Grâce à son Centre d'information sur les tremblements de terre de Golden (Colorado), l'USGS a maintenant les moyens d'obtenir ces informations en temps réel, de les interpréter à l'aide d'un logiciel et de techniques analytiques très perfectionnés et de les transmettre sans tarder à la NOAA lorsqu'un tremblement de terre dans un bassin océanique risque de causer un tsunami ou à des villes ou des régions du monde qui s'inquiètent au sujet d'un tremblement de terre. » Quant à Mme Lauren Moriarty, haute responsable du département d'État, elle a déclaré : « Dans le Pacifique, nous avons appris qu'il est coûteux de mettre en place des systèmes d'alerte et de les entretenir. Fait encore plus important, nous avons appris qu'ils n'étaient guère utiles si nous ne coopérions pas. La transmission de bonnes informations en temps réel peut permettre de sauver des vies. Même quelques minutes perdues à chercher à comprendre les données obtenues ou à les transmettre aux personnes compétentes peuvent avoir pour conséquence la mort de victimes et la destruction d'agglomérations. » Mme Moriarty a également fait la lecture d'une lettre du sénateur démocrate d'Hawaï, M. Daniel Inouye, dans laquelle il souhaite la bienvenue aux participants au colloque. « La technologie, dit-il, ne peut pas stopper la marée montante ou mettre fin à la menace que constitue une tempête en formation, mais elle peut éclairer les choix d'une collectivité. Nous ne pouvons pas endiguer les eaux de l'océan, mais nous pouvons (...) diffuser une alerte rapide et nous préparer à évaluer les risques, à réagir et à procéder à une évacuation de manière à réduire la menace pesant sur la population. » Date de rédaction:
09 juin 2005 Mise à jour:
09 juin 2005
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