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L'aide alimentaire des États-Unis dans la Corne de l'AfriqueDocument de l'USAIDLe 7 juin, l'Agence des États-Unis pour le développement international ( USAID) a publié une fiche analytique portant sur l'aide alimentaire des États-Unis visant à atténuer la faim dans la Corne de l'Afrique. On trouvera ci-après le texte de cette fiche analytique. Communiqué de presse de l'USAID La faim dans la Corne de l'Afrique Données générales sur la sécurité alimentaire L'aide alimentaire d'urgence, comme celle qui est fournie cette année à l'Éthiopie et à l'Érythrée, est indispensable pour sauver des vies. Les États-Unis estiment que sans cette assistance, les obstacles au développement se multiplieront, aggravant encore les risques auxquels seront exposées les populations lorsque la prochaine crise alimentaire se produira. Les États-Unis reconnaissent que l'aide alimentaire ne peut à elle seule rompre le cycle de la famine. Les États-Unis aident les dirigeants des pays enclins à la famine à améliorer leur économie et à trouver des solutions aux causes profondes des crises alimentaires à répétition. L'objectif que nous partageons, c'est de faire en sorte que ces pays sujets à la famine atteignent un niveau de développement leur permettant de gérer les crises alimentaires par leurs propres moyens. La réduction des risques de famine en Afrique repose sur trois éléments : - améliorer les systèmes d'alerte précoce et les autres mécanismes d'information fondés sur le marché ; - améliorer l'accès aux services fondamentaux (santé, éducation, et hygiène, entre autres) pour les gens souffrant d'une insécurité alimentaire chronique ; - multiplier les petites exploitations agricoles commerciales. Il s'agit notamment d'accroître le rendement par le truchement d'une agriculture durable, d'élaborer des marchés efficaces, d'améliorer la productivité et d'encourager une meilleure gestion des ressources économiques et de l'environnement. Éthiopie Le gouvernement américain estime qu'il y a à l'heure actuelle 12 millions d'Éthiopiens ayant besoin d'une aide alimentaire d'urgence. Ce chiffre est supérieur de 3 millions à celui mentionné par le gouvernement éthiopien dans l'appel qu'il a récemment lancé. Conjuguées aux informations fournies par la mission de l'USAID en Éthiopie et aux nombreuses enquêtes faites par les organisations non gouvernementales, les données du réseau de systèmes d'alertes précoces de la famine (Famine Early Warning System Network, FEWS NET) révèlent que le nombre de personnes qui reçoivent actuellement une aide est bien plus faible que le nombre de personnes qui en ont besoin. (Le FEWS NET a été créé pour renforcer la capacité des pays africains et des organisations régionales à faire face aux problèmes de l'insécurité alimentaire.) La mise en œuvre du programme éthiopien « filet de sécurité pour garantir un niveau minimal de production agricole » (Productive Safety Net Program, PSNP) a accru la vulnérabilité dans de nombreuses régions parce que la totalité des quelque 5,4 millions de personnes qui devaient en bénéficier n'a pas encore reçu une aide adéquate. (Note : selon des informations de l'Agence canadienne de développement international, le gouvernement éthiopien a lancé en 2003 la « Nouvelle coalition pour la sécurité alimentaire », un important effort de collaboration entre les gouvernements donateurs qui vise à réduire définitivement l'insécurité alimentaire et la faim. Cette coalition a débouché sur un programme national de sécurité alimentaire dont le volet principal est un « filet de protection pour garantir un niveau minimal de production agricole ». En vertu de ce filet de protection, une aide est fournie aux familles touchées par l'insécurité alimentaire chronique.) Le gouvernement de l'Éthiopie a lancé un appel d'urgence aux donateurs en mai 2005 faisant état d'une augmentation du nombre des bénéficiaires. Cependant, les chiffres indiqués étaient sous-estimés parce qu'ils ne tenaient pas compte d'éventuels bénéficiaires dans la région d'Amhara et dans celle peuplée de Somalis, des régions ayant reçu une faible pluviosité au début de l'année 2005. Ils ne tiennent pas non plus compte des inondations qui frappent à l'heure actuelle la région peuplée par les Somalis et qui exacerbent encore une situation humanitaire déjà critique. Le gouvernement éthiopien envisage d'effectuer une évaluation des besoins en juin-juillet 2005, afin de déterminer les conséquences des pluies sur les récoltes « Belg » et « Gu ». Généralement, lorsqu'on se livre à une évaluation de la portée de ces récoltes, on constate une augmentation du nombre des bénéficiaires et des besoins en vivres, en particulier dans les zones pastorales, à savoir celles consacrées principalement à l'élevage. Les estimations du nombre de personnes vulnérables en Éthiopie sont basées sur des indicateurs acceptés en matière de conditions de pré-famine et de famine, entre autres : - Exodes des populations, cas de rougeole et de méningite, quantités de vivres d'urgence consommées Les exodes, c'est-à-dire les déplacements de personnes vers d'autres régions où la nourriture pourrait être plus abondante, se produisent dans de nombreuses régions et s'accompagnent souvent de la consommation de vivres d'urgence. Des épidémies de méningite et de rougeole ont aussi été annoncées. Conjuguées aux maladies diarrhéiques, au paludisme et à la pneumonie, ces maladies sont celles qui font le plus de victimes lors de pénuries de nourriture. - Aggravation de la malnutrition et augmentation du taux de mortalité infantile De récentes enquêtes ont révélé que les taux de malnutrition sont supérieurs aux seuils d'urgence cruciaux. Le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans a atteint un niveau critique : 2 morts par 10.000 par jour. - Prix continuellement élevé des céréales Les prix de la nourriture demeurent élevés même après les récoltes, ce qui a graves implications pour les foyers pauvres qui s'approvisionnent sur les marchés pour une grande partie de leurs besoins alimentaires. - Nombre important de morts dans le bétail Le gouvernement éthiopien indique les morts de bétail dépassent 50 % des cheptels dans certaines régions des Afars et celles peuplées par les Somalis. Cette situation aura des conséquences néfastes sur la santé et la nutrition des personnes vulnérables. Érythrée Du fait de la sécheresse qui dure depuis cinq ans, de l'impact d'une pénurie de main-d'œuvre due à la mobilisation militaire et d'un manque de réserves de devises, l'Érythrée n'a été en mesure d'assurer que 19 % de ses besoins alimentaires en 2005. Si d'autres crises humanitaires devaient éclater ou si les livraisons de vivres étaient interrompues, la situation pourrait rapidement devenir critique pour les quelque 2,2 millions de personnes affectées, car beaucoup de foyers n'ont plus les moyens de s'alimenter et leurs biens sont épuisés. En Érythrée, la distribution générale de rations a été réduite de 60 % pour éviter des interruptions dans les livraisons de nourriture et certaines régions du pays qui nécessitent une aide ne la reçoivent pas (par exemple la ville d'Asmara). Si les deux tiers de la population reçoivent une aide alimentaire, certaines populations ont été encore plus durement touchées que d'autres, notamment les ruraux (bergers, par exemple) qui ont perdu entre 70 % et 80 % de leur bétail. Les rapports du FEWS NET laissent entendre que ces peuplades pourraient ne pas s'en remettre. Date de rédaction:
13 juin 2005 Mise à jour:
13 juin 2005
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