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La reconstruction de l'Irak est une cause importanteL'interview de Mme Condoleezza Rice par Chris Matthews de la chaîne MSNBCLa tâche de reconstruire l'Irak est « une bataille difficile », mais son objectif est louable, affirme la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice. « Il s'agit d'avoir au cœur du Moyen-Orient un régime d'un autre genre qui peut être en paix avec ses voisins, qui peut être un modèle du développement démocratique dans la région et pour le monde entier, qui peut, ainsi que l'a dit le président, être la contrepartie à l'idéologie de la haine qui pousse les gens à écraser des avions dans des immeubles un beau jour de septembre », a déclaré Mme Rice le 13 juin, lors d'une interview avec M. Chris Matthews de la chaîne MSNBC. Elle a fait remarquer que de nombreux pays se sont ralliés pour appuyer le gouvernement irakien nouvellement élu, citant la Jordanie, qui assure la formation de forces de sécurité irakiennes, ainsi que les 80 pays qui seront représentés à Bruxelles (Belgique), le 22 juin, pour étudier les moyens de coordonner l'appui de la communauté internationale en faveur de la reconstruction en Irak. Elle a fait état de préoccupations à propos du comportement de la Syrie et de l'Iran à l'égard de l'Irak. Reconnaissant la longueur et la perméabilité de la frontière entre la Syrie et l'Irak, elle a néanmoins fait valoir que le gouvernement syrien pourrait en faire plus afin de garantir que les terroristes ne se servent pas de son territoire pour préparer des attaques contre d'innocents Irakiens. La conduite de l'Iran à l'égard de l'Irak, selon elle, a un caractère contradictoire. Se réjouissant des bonnes relations de voisinage qui existent entre les deux pays, elle a formulé le voeu de relations transparentes entre les deux pays, de relations où les tentatives de déstabilisation de l'Irak seraient absentes. À l'heure actuelle, a-t-elle dit, l'Irak est le témoin d'une lutte politique entre différents groupes ethniques et sectaires, mais des progrès sont tout de même réalisés car toutes les parties se sont engagées dans le processus animées d'une bonne foi et d'un esprit d'ouverture. Elle a souligné l'importance d'une formation appropriée des forces de sécurité irakiennes pour qu'elles assument la responsabilité des opérations de sécurité ainsi que le souhait du gouvernement des Etats-Unis de faire rentrer les soldats américains chez eux aussitôt que possible. « Au bout du compte, ce ne seront pas nos forces qui rétabliront la sécurité en Irak, ce seront les forces irakiennes. Ce jour viendra ; il doit venir car il faut que les Irakiens assument eux-mêmes la responsabilité de leur destin », a-t-elle souligné. L'interview n'a pas uniquement porté sur le Moyen-Orient, et Mme Rice a mentionné le triste sort réservé à la population de Corée du Nord sous le régime de Kim Jong-Il. « Le plus malheureux, c'est que tandis que le régime nord-coréen cherche à avoir des armes nucléaires, sa population est toujours totalement dépendante de l'aide alimentaire qui vise à l'aider à surmonter sa malnutrition », a-t-elle fait remarquer, ajoutant que si la Corée du Nord revenait à la table des négociations à six sur le nucléaire, elle constaterait que beaucoup de pays sont prêts à l'aider à surmonter ses problèmes intérieurs. (Les négociations à six (Corée du Nord, Corée du Sud, Russie, États-Unis, Chine, Japon) ont pour but d'amener Pyongyang à abandonner son programme nucléaire.) À propos de la situation politique et économique en Russie, Mme Rice a indiqué que la concentration du pouvoir observée depuis quelque temps au Kremlin était une réaction naturelle aux années quelque peu chaotiques de la dernière décennie, rappelant cependant que cette concentration de pouvoir ne devait pas aller à l'encontre d'une presse et d'un appareil judiciaire indépendants. La Russie, a-t-elle précisé, dispose de formidables ressources humaines et d'une classe moyenne qui s'élargit, autant de conditions qui devraient faciliter sa croissance économique. « Les Russes ont la base de connaissances, la base intellectuelle pour être une société tout à fait remarquable et pour encourager l'esprit d'entreprise. Cependant, il leur faut les structures légale et politique pour que cela puisse se concrétiser », a-t-elle dit. Et d'ajouter : « L'exigence de la primauté du droit, ce n'est pas seulement pour attirer les gros investissements occidentaux, mais aussi pour permettre l'avènement d'une culture permettant aux Russes de créer eux-mêmes leurs petites entreprises et de faire progresser le pays. » Date de rédaction:
15 juin 2005 Mise à jour:
15 juin 2005
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