|
|||||||||||
|
|||||||||||
|
![]() | ||
Les échanges entre les Etats-Unis et l'Afrique ont progresséL'AGOA aide à compenser les droits de douane et les subventions.Par Bruce Greenberg Baltimore (Maryland) - Grâce à la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA), les règles du jeu, en ce qui concerne l'accès de l'Afrique aux marchés agricoles américains, sont désormais plus équitables, mais les subventions et droits de douane américains sont toujours des obstacles qui continuent à limiter cet accès pour les producteurs agricoles africains. C'est ce qu'ont soutenu des spécialistes participant au sommet du "Corporate Council on Africa" qui s'est tenu à Baltimore du 21 au 24 juin. Si elle a admis que des progrès avaient été réalisés, l'ancienne représentante adjointe au commerce extérieur chargée de l'Afrique, Mme Rosa Whittaker, a aussi parlé de certains des problèmes fondamentaux qu'il faudrait surmonter pour que les produits agricoles africains réussissent à s'implanter sur les marchés mondiaux. La diversification, a-t-elle dit, est essentielle pour que l'Afrique ne soit plus simplement un pays exportateur de matériaux bruts. "Il faut que l'Afrique s'écarte de l'agriculture de subsistance, qui est courante dans l'ensemble de l'Afrique, et adopte un système plus organisé de sélection des cultures, de méthodes de cultures, de transformation des produits agricoles et d'acheminement de ces produits", a-t-elle fait valoir. Il s'agit aussi, à son avis, de développer l'infrastructure africaine afin de remplacer des systèmes de transports inadéquats qui causent souvent des retards dans l'acheminement des produits frais vers les marchés, et de faire des investissements sur une vaste échelle dans la recherche et la formation de façon à permettre aux producteurs agricoles africains d'accroître et de maintenir leurs rendements pour être en mesure de répondre à la demande des marchés mondiaux. M. Patrick Coleman, spécialiste de l'économie agricole et responsable des affaires africaines auprès du bureau du représentant des Etats-Unis au commerce extérieur (USTR), a quant à lui fait part de son optimisme : "L'agriculture africaine est "mûre" pour la transformation, elle a soif des investissements et des techniques qui sous-tendent la production, la distribution et le transport et qui facilitent la commercialisation des produits ; l'avenir de l'AGOA dépend du travail qui sera fait dans ces domaines." L'AGOA, a-t-il indiqué, est désormais "la pierre angulaire de la politique commerciale des Etats-Unis à l'égard de l'Afrique". Elle permet aux Africains d'avoir accès au marché américain, marché dont la valeur atteint 11 milliards de dollars. Elle permet aussi aux Africains de diversifier leurs exportations tout en assurant la croissance de leurs emplois. Il a précisé que 90 % des produits d'exportations africains entraient aux Etats-Unis sans droit de douane. "J'aimerais que davantage de pays soient concernés et plus de produits échangés", a-t-il ajouté. A l'heure actuelle, 66 % du commerce des produits agricoles entre les Etats-Unis et l'Afrique subsaharienne concernent surtout trois pays : l'Afrique du Sud, Madagascar et la Côte d'Ivoire. "Pour la Côte d'Ivoire, c'est le cacao ; pour Madagascar, ce sont les gousses de vanille, et pour l'Afrique du Sud, les produits sont plus variés et vont des agrumes aux vins", a-t-il expliqué. "En vertu de l'AGOA, l'Afrique du Sud est désormais le premier fournisseur étranger d'oranges fraîches et plus de 26 millions de dollars d'oranges sud-africaines ont été importées par les Etats-Unis en 2004, représentant 45 % du marché des agrumes aux Etats-Unis. Les exportations de vins sud-africains ont aussi augmenté en vertu de l'AGOA ; elles ont atteint 18,2 millions de dollars en 2004, une augmentation de 41 % par rapport à l'année précédente. M. Coleman a admis que le commerce de produits agricoles entre l'Europe et l'Afrique était plus important que celui entre les Etats-Unis et l'Afrique, en partie à cause des anciens liens coloniaux ; en effet, 60 % des exportations agricoles africaines sont destinées à l'Europe et seulement 6 % aux marchés américains, une situation qui, selon lui, ne peut qu'être améliorée. Il a donné les grandes lignes des changements qui sont intervenus dans le secteur agricole africain et qui ont résulté de lois commerciales libérales telles que l'AGOA qui ont ouvert la voie à un accroissement et à une ouverture du commerce : conjugaison des ressources pour automatiser la production agricole ; création de coopératives d'exploitation agricole pour remplacer l'exploitation familiale de petits lopins de terre et modification des lois agraires. Et de préciser : "À Madagascar, par exemple, la réforme s'est accompagnée de débouchés au plan de l'investissement. Les Africains sont désormais mieux en mesure d'innover et de saisir les avantages liés aux fluctuations des marchés américains et d'adapter leurs choix commerciaux en conséquence (...) Les études de marché qui ont été faites par Madagascar et les discussions qui ont eu lieu avec les partenaires américains ont débouché sur une multiplication des produits tirés de la vanille : extraits, épices, huiles et parfums. Le Ghana, lui, exporte maintenant du beurre de cacao en plus de ses graines de cacao ; l'Ouganda n'exporte plus seulement des grains de café, mais diverses sortes de café torréfié." "Pour tirer le meilleur parti possible de l'AGOA, les pays africains apprennent donc à diversifier leurs productions", a-t-il fait valoir. Date de rédaction:
30 juin 2005 Mise à jour:
30 juin 2005
|
||
|
Options: |
|
||||||||||||||||||