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Actualités de Washington
  

Les É.-U. continuent de développer leur partenariat avec l'Afrique

Propos de hauts responsables du gouvernement Bush au Congrès

Par Susan Ellis
Rédactrice du « Washington File »

Washington - Les États-Unis s'emploient assidûment à « bâtir un partenariat avec l'Afrique » propre à favoriser la paix et la stabilité dans ce continent tout en y stimulant le développement économique, a déclaré le conseiller spécial du département d'État sur le Soudan, M. Michael Ranneberger, lors d'une audience tenue le 1er mars par la commission sénatoriale des relations étrangères.

Au cours de sa déposition qui se rapportait aux priorités budgétaires des États-Unis à l'égard de l'Afrique subsaharienne, M. Ranneberger a fait le point de l'engagement grandissant des États-Unis en Afrique, particulièrement au cours des quatre dernières années où une bonne cinquantaine d'élections se sont déroulées et où la plupart des économies nationales africaines ont progressé.

« Il est significatif que les institutions régionales africaines se renforcent et prennent une part de plus en plus active et efficace à l'atténuation des conflits, à la promotion de la démocratie, à l'intégration régionale et à la lutte antiterroriste », a-t-il déclaré.

Une active participation américaine demeurera cependant essentielle à la stabilité et au progrès de l'Afrique, a-t-il poursuivi, notant en particulier les efforts des États-Unis au sujet du Soudan - tant pour l'accord Nord-Sud qu'à l'égard de la crise au Darfour - ainsi qu'en faveur d'une solution des problèmes qui se posent dans la région des Grands Lacs et en Somalie.

Au cours de cette même audience, M. Lloyd Pierson, directeur adjoint de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), a affirmé, lui aussi, qu'il considérait l'avenir de l'Afrique sous un jour optimiste : « Le règlement de plusieurs conflits qui freinaient le développement économique et social est particulièrement encourageant », a-t-il dit.

« Pourtant, en dépit de ces tendances favorables, l'Afrique subsaharienne devra faire face à d'énormes difficultés sur le plan du développement. Elle reste la région la plus pauvre du monde, puisque la moitié de ses 700 millions d'habitants doivent vivre moyennant moins d'un dollar par jour. Les inégalités en termes de sexe et de revenu sont également très répandues. »

Et de poursuivre : « Bien que beaucoup d'États africains aient pris des mesures salutaires en vue d'améliorer la gestion démocratique de leurs affaires publiques, notamment sur le plan de la responsabilisation, l'instabilité persistante dans divers pays, dont le Zimbabwe, le Soudan et la République démocratique du Congo, continue d'avoir un effet dissuasif sur les engagements tant nationaux qu'internationaux. »

« Fait encourageant, les institutions africaines elles-mêmes commencent à démontrer une capacité croissante à faire face au conflit et à l'instabilité et à adopter des mesures plus réalistes de lutte contre la pauvreté et de promotion de la croissance économique », a déclaré M. Pierson.

M. Ranneberger a fait écho à ces propos, soulignant le rôle de plus en plus utile que jouait l'Union africaine, notamment dans la mission cruciale de maintien de la paix qu'elle a entreprise au Darfour, dans l'ouest du Soudan. « Le renforcement de ces organisations régionales africaines et de nos relations avec ces dernières constitue un objectif prioritaire de la politique des États-Unis », a-t-il affirmé.

« Mais les défis sont de taille. Le développement n'avance pas en Afrique à un rythme assez soutenu pour réduire la pauvreté généralisée : il est peu vraisemblable que l'Afrique atteigne les objectifs de développement énoncés dans la Déclaration du millénaire. »

M. Ranneberger a énuméré les principaux objectifs de l'aide américaine en faveur de l'Afrique : améliorer le respect des droits de l'homme et l'administration publique en luttant contre la corruption et en renforçant la société civile, promouvoir la prospérité en stimulant le commerce et les investissements, renforcer la capacité africaine de lutte contre les terroristes, engager des alliés internationaux et œuvrer avec l'Union africaine et d'autres organisations subrégionales africaines au règlement des crises et des conflits, lutter contre le sida et les autres maladies infectieuses, enfin favoriser la conservation des ressources naturelles de l'Afrique.

Le président de la sous-commission sur l'Afrique, M. Mel Martinez, a interrogé les deux responsables au sujet de la situation actuelle du Compte du millénaire (MCA), ce nouveau programme d'aide au développement dont huit pays subsahariens ont été admis à bénéficier.

M. Ranneberger a répondu que le Compte du millénaire contenait « d'énormes promesses (...) pour les économies montantes de l'Afrique. Le montant mondial du MCA pour l'année budgétaire 2006, de trois milliards de dollars demandés par le gouvernement Bush, doit en fait aller en grande partie à l'Afrique, puisque la moitié des pays admissibles se trouvent dans ce continent. »

M. Pierson a ajouté que l'USAID s'efforçait d'aider les pays dits du « seuil », c'est-à-dire non encore admissibles à profiter de ce programme, à s'élever à un niveau où ils pourront prétendre à leur admission selon les dispositions du MCA.

M. Ranneberger a également souligné la réussite notable de la Loi sur les possibilités et la croissance économique en Afrique (AGOA), qui a, selon lui, suscité la création de plus de 190.000 emplois au cours des quatre dernières années.

« Le commerce bilatéral a dépassé 44 milliards de dollars l'an dernier. Outre les progrès attribuables à l'AGOA, nous pouvons signaler d'autres indices positifs d'activité économique en Afrique. Ainsi, les investissements directs étrangers y ont augmenté de 28 %. Les investissements des États-Unis en Afrique subsaharienne ont augmenté de 37 % environ. »

Pour conclure, M. Ranneberger a déclaré : « Dans l'ensemble, les Africains ont à l'égard des États-Unis une attitude favorable, que nous devons renforcer. Nos histoires et nos cultures s'imbriquent. Nous sommes unis, liés par des valeurs fondamentales communes. C'est pourquoi le public américain approuve l'augmentation de l'aide à l'Afrique du moment que les décaissements se font de manière responsable et transparente. »


Date de rédaction: 04 mars 2005 Mise à jour:

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