jump over navigation bar
Department of State SealU.S. Department of State
International Information Programs and USINFO.STATE.GOV url
Thématique Régions Ressources Produits    English |  Español |  Русский |  Arabic |  Chinese |  Persian
Actualités de Washington
  

L'Afrique doit mieux lutter contre la traite des personnes

Déposition de Mme Shirley Barnes devant la Chambre des représentants

Par Matthew Pritchard
Rédacteur du « Washington File »

Washington - Il faut que l'Afrique adopte des lois plus rigoureuses pour lutter contre la traite des femmes et des enfants qui sévit tant à l'intérieur qu'à partir de ce continent, ainsi que des lois plus appropriées en ce qui concerne le travail des enfants.

C'est ce qu'a fait valoir Mme Shirley Barnes, ancienne ambassadrice des États-Unis à Madagascar, lors d'une déposition faite le 9 mars devant la sous-commission nouvellement reconstituée chargée de l'Afrique, des droits de l'homme dans le monde et des opérations internationales.

Prenant la parole dans le cadre de l'examen d'un projet de loi visant le renforcement de la protection des victimes de la traite de personnes et la prorogation d'une loi déjà en vigueur, Mme Barnes a aussi prôné la création d'un institut fédéral américain afin de rassembler des données sur la traite des femmes et des enfants en Afrique.

« On ne s'est guère penché sur le problème de la traite des femmes et des enfants en Afrique et, en conséquence, moins de programmes ont été mis sur pied afin de mettre un terme à ce genre d'activités et d'aider les victimes », a-t-elle souligné.

Prenant pour référence une récente étude de l'UNICEF, elle a indiqué que la traite des êtres humains, euphémisme contemporain du mot esclavage, était un gros problème en Afrique. « Le trafic de femmes et d'enfants africains est un moyen facile et bon marché de tirer profit du travail des enfants et de les exploiter ainsi que les femmes aux fins de la prostitution », a-t-elle précisé, émettant l'espoir que les États-Unis s'associeraient avec les pays d'Afrique afin d'élaborer des lois plus strictes en matière de lutte contre la traite des personnes et qu'ils privilégieraient (par leur aide) les associations féminines. L'éducation et la réinsertion, a-t-elle insisté, sont essentielles pour freiner le trafic des femmes et des enfants africains à des fins d'exploitation sexuelle.

Les États-Unis, selon elle, devraient aussi créer un centre de recherche pour coordonner les données générales relatives à la traite des femmes et des enfants de façon à mieux appréhender la véritable ampleur du problème. Elle a suggéré qu'un tel centre soit établi dans un établissement d'enseignement supérieur afro-américains et qu'il soit jumelé à une université africaine.

Les femmes et les enfants deviennent les victimes des trafiquants de bien des façons et pour bien des raisons. La pauvreté, les bouleversements au sein d'une collectivité, les pressions familiales et même les catastrophes naturelles préparent le terrain à cette pratique et les conflits armés, la corruption gouvernementale et la demande universelle de main-d'œuvre bon marché facilitent le recrutement de nouvelles victimes.

On estime à entre 600.000 et 800.000 le nombre de femmes, d'enfants et d'hommes qui font l'objet d'un trafic transnational chaque année, a précisé pour sa part M. John Miller, directeur du bureau du département d'État chargé de la lutte contre la traite de personnes. Ce chiffre ne tient pas compte des victimes qui sont restées dans leur pays.

L'ONU, a indiqué Mme Barnes, pense que le trafic international de personnes touche chaque année au moins 200.000 enfants d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale et qu'au moins 400.000 enfants sont embrigadés de force pour travailler en Afrique occidentale.

Le trafic des femmes et des enfants n'est pas spécifique aux pays d'Afrique occidentale, a-t-elle souligné. Certains pays d'Afrique centrale et d'Afrique australe, tels que le Botswana, la République démocratique du Congo, le Lesotho, le Mozambique, le Malawi, l'Afrique du Sud, le Swaziland, la Tanzanie, le Zimbabwe et la Zambie sont considérés comme des pays « sources » pour ce qui est de la traite des personnes, et de nombreux autres pays sont des pays de transit utilisés par les trafiquants.

Nombre de femmes et d'enfants victimes de ce trafic se retrouvent exploités par l'industrie du sexe, a précisé Mme Barnes, citant une étude de l'Organisation internationale pour les migrations faisant ressortir que le Liban est un pays de prédilection pour les trafiquants de jeunes filles éthiopiennes qui sont ensuite envoyées aux quatre coins du monde, la plupart d'entre elle pour être prostituées.

S'efforçant de lutter contre le problème, le gouvernement éthiopien et l'Agence des États-Unis pour le développement international ont créé un centre de réinsertion pour venir en aide aux victimes de la traite des personnes.

La peur de l'infection par le VIH/sida aggrave encore le problème de la traite des personnes en Afrique depuis quelque temps, a ajouté Mme Barnes : les « clients » recrutent de plus en plus de très jeunes filles, pensant qu'elle sont trop jeunes pour être infectées.


Date de rédaction: 11 mars 2005 Mise à jour:

Options:  Version imprimable Version imprimable    Envoyez cet article par courriel Envoyez cet article par courriel     Abonnement Abonnement

Retour


       Le présent site est géré par le département d'État des États-Unis.
       Le gouvernement des États-Unis décline toute responsabilité quant au contenu des autres sites auxquels il pourrait se référer.