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Actualités de Washington
  

L'islam aux É.-U. prône la réconciliation, dit un musulman africain

Propos d'un journaliste musulman du Mozambique

M. Bayono Valy, chargé de presse du COnseil islamique du Mozambique
Bayono Valy (au centre) lors d'une table ronde à l'ambassade des États-Unis au Mozambique, où la discussion porte sur sa visite aux États-Unis organisée par le département d'État. À sa droite, un récent visiteur dans le cadre de ce programme, Abdul Carrimo Sau. (photo offerte par Gregory Garland)

Par Jim Fisher-Thompson and Greg Garland
Rédacteurs du « Washington File »

Washington - La religion musulmane telle qu'elle est pratiquée aux États-Unis présente de subtiles particularités car elle n'est pas en proie aux nombreux schismes auxquels se heurtent les musulmans dans d'autres pays et elle encourage ainsi la réconciliation, a déclaré un journaliste mozambicain, M. Bayono Valy, qui est aussi le chargé de presse du Conseil islamique du Mozambique.

M. Valy a récemment animé une table ronde à l'ambassade des États-Unis à Maputo (Mozambique), après être revenu d'un voyage d'études de trois semaines aux États-Unis organisé par le département d'État.

Les musulmans américains offrent un modèle de réconciliation islamique, qu'il s'agisse de divisions théologiques ou ethniques, a-t-il dit.

L'idée courante selon laquelle les musulmans constitueraient une classe marginale aux États-Unis est tout à fait fausse, a-t-il fait remarquer en citant à l'appui le niveau élevé de revenu et d'instruction de nombre d'entre eux. En fait, a-t-il dit, les Américains d'origine iranienne figurent par les immigrés qui ont le mieux réussi dans toute l'histoire américaine.

De nos jours, l'islam est la religion dont le nombre des fidèles augmente le plus rapidement aux États-Unis. Ce nombre est maintenant supérieur à celui des juifs et des fidèles de certaines sectes chrétiennes.

Selon des membres de l'ambassade de Maputo, ce qui a frappé le plus M. Valy, ce n'est pas tant l'importance, le nombre croissant ou la richesse des musulmans aux États-Unis, mais l'absence relative de luttes intestines entre eux.

Les rivalités entre musulmans d'ethnies et ou de sectes différentes qui constituent un fléau au Moyen-Orient et en Afrique n'existent pas aux États-Unis, a-t-il dit.

En général, les mosquées aux États-Unis sont ouvertes à de nombreuses ethnies et aux deux grandes sectes (sunnite et chiite) et ne font pas de distinction entre elles. La pratique de traiter tous les musulmans sur un pied d'égalité reflète, selon lui, l'islam de la Mecque avant l'apparition de la division entre sunnites et chiites. L'islam tel qu'il est pratiqué aux États-Unis présente ainsi aux musulmans du monde entier un modèle d'unité et de réconciliation interne, a-t-il souligné.

M. Valy a conseillé à ses coreligionnaires de cesser de penser que les États-Unis étaient l'ennemi de la religion et de commencer plutôt d'observer que l'islam américain avait quelque chose d'important à offrir aux sociétés musulmanes traditionnelles.

Après avoir indiqué que les musulmans américains mettaient l'accent sur ce que les croyants avaient en commun, au lieu de considérer seulement leurs divergences, il a indiqué que les Américains convertis, en particulier les Afro-Américains, ne s'intéressaient guère aux divisions de l'Ancien Monde. Il s'ensuit que, quel que soit leur milieu, les musulmans américains ne font pas de distinction entre sunnites et chiites.

À la suite d'observations de son auditoire sur le faible degré d'instruction des musulmans mozambicains, M. Valy s'est prononcé en faveur de mesures visant à généraliser l'enseignement en Afrique. Les musulmans américains, a-t-il dit, réussissent en partie du fait de leur haut niveau d'études.

En outre, on peut selon lui expliquer l'unité de l'islam aux États-Unis par le degré élevé d'instruction des dignitaires religieux. Il a indiqué qu'il avait fait la connaissance d'imams américains titulaires de doctorats de sciences politiques et d'autres sciences sociales et que la plupart des imans avaient fait des études supérieures de premier cycle.

Pour ce qui est des femmes musulmanes, M. Valy s'est aussi élevé contre l'idée défendue par certains selon laquelle l'islam décourage les femmes de travailler. Même en Arabie saoudite, a-t-il dit, les femmes travaillent chez elles. La question n'est pas de savoir si les femmes doivent travailler, mais plutôt de savoir le genre de travail qu'elles peuvent faire. Si les femmes ont accès à l'enseignement, le pays et l'islam progresseront, a-t-il dit. Si on les maintient dans l'ignorance, elles entraveront la progression de leur pays.


Date de rédaction: 03 novembre 2005 Mise à jour: 03 novembre 2005

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