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Soudan : les États-Unis prônent l'application de l'accord de paixDéposition de la secrétaire d'État adjointe pour les affaires africaines devant la sous-commission de la Chambre sur l'Afrique
Par Jim Fisher-Thompson Washington - Lorsqu'il s'agit d'œuvrer pour la paix au Soudan, a expliqué la secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines, Mme Jendayi Frazer, la stratégie consiste à entretenir des rapports réguliers entre les membres du nouveau gouvernement d'unité nationale du Soudan et les hauts responsables du gouvernement américain, jusqu'au vice-président Richard Cheney, et à se rendre souvent sur le terrain. L'idée, a-t-elle expliqué le 1er novembre lors d'une déposition devant la sous-commission de la Chambre des représentants chargée de l'Afrique, est « de maintenir l'élan en ce qui concerne la mise en œuvre de l'accord de paix global et de résoudre la crise au Darfour grâce à une diplomatie « engagée » de la part des principaux membres du gouvernement des États-Unis. « Le président Bush a été le premier chef d'État à dénoncer publiquement la violence et les atrocités commises au Darfour en 2004 », a rappelé Mme Frazer aux membres de la sous-commission, ajoutant que les États-Unis avaient été le premier pays à demander au Conseil de sécurité des Nations unies de prendre des mesures et qu'ils avaient accordé 160 millions de dollars pour aider à financer la mission de maintien de la paix de l'Union africaine au Darfour. Les États-Unis sont sur la bonne voie et leur stratégie progresse, a-t-elle affirmé. « Nous estimons que nous avons les outils en place pour maintenir l'élan », et faire en sorte que les parties œuvrent pour ne pas faire dérailler l'accord de paix et négocier la fin du conflit au Darfour, a-t-elle souligné. Ancien professeur à l'université Harvard, Mme Frazer, qui était conseillère pour les affaires africaines auprès du Conseil national de sécurité avant d'être nommée ambassadrice des États-Unis en Afrique du Sud, n'a assumé que très récemment ses fonctions de responsable du bureau Afrique au département d'État. Pour elle, le pouvoir de transformation associé aux commissions et institutions qui découleront de l'accord de paix seront les véritables garants du partage du pouvoir et de la richesse qui garantira la paix pour l'ensemble du Soudan. Le parti au pouvoir à Khartoum, le Parti national du Congrès, et le Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS) ont signé l'accord de paix global le 9 janvier, mettant ainsi fin à 20 années de guerre civile entre le nord majoritairement musulman et le sud qui ne l'est pas. Le gouvernement d'unité nationale qui en a résulté a assumé ses fonctions le 9 juillet. Des pourparlers se tiennent actuellement sous les auspices des États-Unis à Abuja (Nigeria) en vue de trouver une solution au conflit du Darfour, qui a commencé au début de 2003. Les États-Unis maintiennent la communication avec le gouvernement de Khartoum Pour Mme Frazer, les entretiens qu'elle a eus le 1er novembre avec le vice-président, M. Richard Cheney, avec la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, et avec le premier vice-président du gouvernement d'unité nationale du Soudan, M. Salva Kiir, également chef du Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS), et l'importante conversation téléphonique qu'a eue le secrétaire d'État adjoint, M. Robert Zoellick, avec le deuxième vice-président du Soudan, M. Ali Osman Taha, membre du Parti national du Congrès, sont deux exemples des outils figurant à l'arsenal diplomatique des États-unis. Selon Mme Frazer, M. Taha a indiqué durant sa conversation avec M. Zoellick, que le président du Soudan, M. Oumar Hassan Ahmad al-Bashir, aurait officiellement annoncé le 1er novembre la création de plusieurs importantes commissions, préconisées dans l'accord de paix global. À propos des déplacements de hauts fonctionnaires américains au Soudan, Mme Frazer a rappelé qu'elle s'y était rendue en octobre et que M. Zoellick doit partir sous peu pour une visite officielle dans la région. Ces deux personnalités s'étaient déjà rendues au Soudan au cours des six derniers mois. Mme Frazer a également mentionné la récente nomination de M. Cameron Hume, diplomate chevronné qui parle parfaitement l'arabe, au poste de chargé d'affaires auprès de l'ambassade des États-Unis à Khartoum. Interrogée sur la différence entre le rôle que jouera M. Hume et celui que joue le représentant spécial de M. Zoellick au Soudan, M. Roger Winter, Mme Frazer a expliqué que la présence de M. Hume sera plus régulière, qu'elle sera « permanente » et « quotidienne », alors que celle de M. Winter sera plus « itinérante ». Elle a indiqué que des observateurs américains avaient assisté aux pourparlers sur le Darfour qui se sont tenus à Abuja, qui se sont conclus en juillet avec la signature d'une déclaration de principe, un résultat qu'elle a qualifié de « modeste ». D'autres pourparlers se sont terminés le 20 octobre, mais leurs résultats ont été, de l'avis de Mme Frazer, « décevants ». Les États-Unis continuent à exercer des pressions pour que le gouvernement du Soudan contrôle les djandjawids Le fait que M. Hume soit nommé aux fonctions de chargé d'affaires ne représente par une normalisation des relations entre les États-unis et le gouvernement de Kharthoum, qu'ils tiennent toujours pour responsable de la violence commise au Darfour par les djandjawids, a-t-elle souligné. « Nous continuons à dire clairement que la responsabilité du gouvernement du Soudan, maintenant gouvernement d'unité nationale, est à la fois de cesser son appui aux djandjawids et d'œuvrer activement pour qu'ils cessent leurs activités et en même temps maintenir la discipline de ses propres forces », a-t-elle expliqué. Quelque 400.000 personnes seraient déjà mortes au Darfour selon le président de la commission, M. Chris Smith (républicain du New-Jersey) et, a fait observer Mme Frazer, « une très grande détermination anime notre stratégie vis-à-vis du Darfour. Durant l'année budgétaire, nous avons fourni plus de 650 millions de dollars, principalement sous forme d'aide humanitaire, en appui à la mission de l'Union africaine, et plus de 450 mililons de dollars au titre de la reconstruction et de l'aide humanitaire pour d'autres régions du Soudan. À propos de l'aide, Mme Frazer s'est dite préoccupée par le fait que le gouvernement de Kharthoum ne fasse pas parvenir rapidement les fournitures humanitaires aux réfugiés du Darfour, une préoccupation réitérée par M. Zoellick dans sa conversation téléphonique avec M. Taha. Le gouvernement américain, a-t-elle indiqué, continue aussi à faire pression sur le gouvernement de Khartoum pour qu'il accepte les 105 véhicules blindés offerts par le gouvernement du Canada afin d'appuyer la force de l'Union africaine, mais jusqu'ici seulement 35 véhicules ont été autorisés. À la question que lui posait M. Donald Payne, représentant démocrate du New-Jersey, de savoir si l'Agence des États-unis pour le développement international (USAID) comptait ouvrir une mission permanente au Soudan, Mme Frazer a répondu que l'USAID était en train de construire un bâtiment à Juba, dans le sud du pays et envisageait d'y installer son opération d'aide au Soudan qui est actuellement entreprise de Nairobi (Kenya). « Tout un éventail d'activités appuiera le gouvernement du Sud-Soudan à partir de cet endroit », a-t-elle expliqué. Date de rédaction:
04 novembre 2005 Mise à jour:
04 novembre 2005
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