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M. Zoellick s'entretient avec le premier vice-président du SoudanIl doit de nouveau se rendre sous peu au Soudan.
Par Charles W. Corey Washington - Le secrétaire d'État adjoint, M. Robert Zoellick, qui a annoncé qu'il se rendrait prochainement au Soudan, s'est entretenu, le 1er novembre au département d'État, avec M. Salva Kiir, le premier vice-président du gouvernement d'union nationale du Soudan. S'adressant aux journalistes à la suite de ces entretiens, M. Zoellick a précisé qu'il se rendrait au Soudan la semaine du 7 novembre afin de vérifier que la politique énoncée dans le cadre de l'Accord de paix global (CPA) n'a pas déraillé et que toutes les parties en sont conscientes. M. Kiir participait également à la conférence de presse. Les entretiens avec M. Kiir, a précisé M. Zoellick, ont porté sur le gouvernement récemment formé dans le Sud-Soudan, la mise en œuvre de l'Accord de paix et la situation dans la région du Darfour. Outre ses fonctions de premier vice-président du gouvernement d'union nationale, M. Kiir est aussi président du gouvernement autonome du Sud-Soudan et chef du Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS). Le Sud-Soudan a récemment annoncé la formation de son propre gouvernement autonome prévu par l'accord de paix global qui a mis fin à 20 années de guerre civile entre le nord du pays, musulman, et le sud qui ne l'est pas. Anciens ennemis, le Parti national du Congrès et le MPLS ont tous deux des représentants auprès du gouvernement d'union nationale à Khartoum, la capitale du pays. M. Zoellick a indiqué aux journalistes que durant son voyage au Soudan, il comptait se rendre à Khartoum, au Darfour, et à Juba, siège du gouvernement autonome du Sud-Soudan. Résumant ses entretiens avec M. Kiir, M. Zoellick a fait valoir qu'ils avaient été « une très bonne occasion de parler de l'évolution de la situation sur le terrain et de diverses façons de collaborer et de s'entraider ». Il a précisé qu'il avait eu également l'occasion de s'entretenir le même jour par téléphone avec le deuxième vice-président du gouvernement d'union nationale, M. Ali Osman Taha. « J'ai insisté sur certaines des mesures à mettre en œuvre dans le cadre de l'accord de paix et évoqué certaines questions liées au Darfour », a dit M. Zoellick aux journalistes. Pour sa part, M. Kiir a expliqué aux journalistes qu'il était venu aux États-Unis pour donner des précisions sur l'évolution de la situation après la mort tragique de son prédécesseur, M. John Garang, qui était premier vice-président du Soudan et chef de l'Armée populaire de libération du Soudan, le bras armé du MPLS. M. Garang est décédé le 30 juillet lorsque l'hélicoptère présidentiel de l'Ouganda dans lequel il se trouvait s'est écrasé au sol, trois semaines seulement après avoir été nommé premier vice-président du gouvernement d'union nationale du Soudan. Levée des sanctions Lorsqu'on lui a demandé s'il avait évoqué avec M. Kiir la question de la levée des sanctions contre le Soudan, M. Zoellick a répondu : « Nous nous sommes penchés sur le fait que les sanctions avaient, à l'origine, été imposées du fait de la vive hostilité à la politique du gouvernement du Soudan dans nombre de domaines. » La clé, selon lui, c'est que le Soudan montre que l'accord de paix lui a permis de s'engager dans une nouvelle direction, surtout en ce qui concerne le Darfour. « Il nous faut donc constater des résultats concrets avant que des changements puissent être apportés à notre politique en matière de sanctions », a-t-il souligné. « L'un des sujets soulevés aujourd'hui (avec M. Kiir) et que j'ai évoqué avec le vice-président Taha est la nécessité d'établir la Commission du bilan et de l'évaluation dont la création est préconisée dans l'accord de paix global », a-t-il indiqué. M. Taha, quant à lui, aurait donné les assurances que cette commission serait mise en place et que les Soudanais accepteraient que M. Tom Eric Vraalsen, envoyé spécial pour le Soudan du secrétaire général de l'ONU, en présiderait l'organisation. « Si cela se réalise, c'est un pas dans la bonne direction », a dit M. Zoellick, ajoutant que M. Taha avait également mentionné la création d'une commission nationale du pétrole et d'une commission sur les frontières, deux institutions qui sont pour lui « essentielles ». Le suivi d'autres mesures est aussi nécessaire, a-t-il dit. « Les mesures déjà prises, qui sont un signe positif, relèvent de conditions imposées par l'accord de paix, et il y en a beaucoup d'autres qui doivent encore être appliquées », a-t-il fait valoir. Recrudescence de la violence au Darfour Les entretiens ont aussi porté sur l'aggravation de la violence au Darfour, a dit M. Zoellick. « Dans ce domaine, nous avons exhorté le gouvernement à accepter l'offre du Canada de quelques véhicules blindés pour le transport de personnel afin d'appuyer les forces de l'Union africaine », a-t-il précisé, ajoutant qu'on lui avait dit que c'était chose faite, mais qu'il n'avait pas été en mesure de le confirmer. Il a émis l'espoir que, durant sa tournée au Soudan, il serait en mesure de s'entretenir avec certains des représentants des groupes rebelles pour vérifier qu'ils adoptent bien une position unie afin de résoudre les problèmes auxquels se heurte la région. « Il ne s'agit pas seulement d'assurer la sécurité et de fournir une aide humanitaire, mais de progresser finalement vers la paix », a-t-il dit. Interrogé à propos des initiatives mises en œuvre au Darfour par les forces de maintien de la paix de l'Union africaine, M. Zoellick a reconnu l'intensification récente de la violence dans la région et déclaré : « La présence de djandjawids et de forces gouvernementales a été signalée, et c'est l'une des raisons pour lesquelles nous voulons renforcer encore plus les capacités de l'Union africaine. » Et d'ajouter : « Vous ne pourrez jamais vraiment sécuriser cette région tant que les conditions ne seront pas propices à l'application d'un accord de paix et les activités mises en œuvre ont pour objectif d'essayer d'empêcher la violence, notamment à l'encontre des femmes. » Il aurait fait remarquer à M. Taha et à ses collègues que si, comme il l'affirme, le gouvernement de Khartoum tient toujours à l'accord de paix global, il lui faut traduire ses affirmations par des activités qui le prouvent. Pour sa part M. Kiir a affirmé à ce sujet : « Nous restons tous, le MPLS et le Parti national du congrès, attachés à l'application de l'accord de paix global. Nous n'avançons pas vite mais nous allons dans la bonne direction en ce qui concerne la mise en œuvre de cet accord. » Date de rédaction:
04 novembre 2005 Mise à jour:
04 novembre 2005
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