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Actualités de Washington
  

Mme Rice va se rendre au Bahreïn pour assister au Forum pour l'avenir

Ce forum portera sur les réformes à entreprendre dans le Grand Moyen-Orient.

Mme Condoleezza Rice
Mme Condoleezza Rice. (©AP/WWP)

Par Phillip Kurata
Rédacteur du « Washington File »

Washington - La secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, se rendra au Bahreïn pour participer les 11et 12 novembre à une conférence internationale sur le soutien à apporter aux réformes politiques, éducatives et économiques entreprises par les pays du Grand Moyen-Orient.

« Le Forum pour l'avenir réunit des représentants de gouvernements et de groupements de la société civile du Grand Moyen-Orient ainsi que d'organisations internationales qui cherchent tous à favoriser la démocratisation, les réformes axées sur l'économie de marché, une politique économique progressive et l'enseignement dans cette partie du monde », a indiqué le secrétaire d'État adjoint aux affaires européennes et eurasiennes, M. Daniel Fried, lors d'une conférence de presse organisée le 9 novembre à Washington.

Au cours de ce forum, Mme Rice compte annoncer deux nouvelles initiatives - la Fondation pour l'avenir et le Fonds pour l'avenir - qui seront financées surtout par les États-Unis, mais aussi par des pays européens et par des pays du Moyen-Orient.

La Fondation pour l'avenir, dont la dotation se composera de 35 millions de dollars versés par les États-Unis, 2 millions par l'Europe, 1 million par la Jordanie et 6 millions par d'autres pays, accordera une aide financière à des organisations non gouvernementales qui œuvrent en faveur de la démocratisation du Moyen-Orient, a déclaré une autre responsable du département d'État, Mme Liz Cheney, au cours de cette même conférence de presse.

D'autres pays, a-t-elle dit, devraient annoncer leur contribution pendant ou après la conférence organisée au Bahreïn. La Fondation pour l'avenir, a-t-elle expliqué, est issue du Dialogue sur l'aide à la démocratisation qui a eu lieu en décembre 2004 à Rabat (Maroc) et dans le cadre duquel des militants de la société civile et des représentants de gouvernements se sont réunis pour la première fois afin de parler des besoins de la société civile et du rôle de l'État à cet égard.

« Les groupements de la société civile, a-t-elle indiqué, ont demandé la création d'une fondation, d'un organisme qui soit indépendant et qui puisse appuyer leurs efforts visant à ouvrir la société dans leurs pays. »

Le siège de cette fondation et de ce fonds sera au Moyen-Orient, a-t-elle dit sans donner plus de précisions.

Le Fonds pour l'avenir, dont la dotation comprendra 50 millions de dollars versés par les États-Unis, 20 millions par l'Égypte, 20 millions par le Maroc et 1 million par le Danemark, encouragera l'esprit d'entreprise au Moyen-Orient et s'inspirera de modèles qui ont donné de bons résultats en Europe centrale et orientale après la dissolution du bloc soviétique.

Selon Mme Cheney, ce fonds offrira un financement sous forme de prises de participation et de prêts à des petites et moyennes entreprises situées dans le Grand Moyen-Orient.

La conférence organisée au Bahreïn sera le second Forum pour l'avenir. Elle poursuivra les travaux entamés lors du premier forum qui a eu lieu en décembre 2004 au Maroc.

Ce premier forum, a indiqué M. Fried, a suscité de grands débats au sujet de savoir s'il était possible d'implanter la démocratie dans le Grand Moyen-Orient et d'y entreprendre des réformes. « Les peuples de la région ont eux-mêmes répondu à cette question, a-t-il dit. Au cours de l'année écoulée, des élections y ont eu lieu. On a pu voir le peuple libanais se soulever et exiger la liberté et la souveraineté. On a vu des groupements de la société civile, qui seront nombreux à assister à la conférence au Bahreïn, parler en faveur d'un ensemble de réformes. »

Pour sa part, Mme Cheney a indiqué que les élections dans les territoires palestiniens, en Irak, au Liban, en Égypte et en Arabie saoudite, ainsi que le nouveau code de la famille au Maroc qui garantit les droits de la femme, constituaient des indications que les États du Grand Moyen-Orient admettaient la nécessité de la démocratisation.

Le débat sur le dossier des réformes au Grand Moyen-Orient, a-t-elle fait remarquer, ne porte pas sur la question de savoir s'il faut entreprendre des réformes, mais plutôt sur celle de savoir comment et quand on peut en entreprendre pour satisfaire les exigences de la population.

« Le rideau de la peur se lève, a-t-elle dit. C'est quelque chose qui sera difficile et qui prendra du temps, mais à de nombreux égards lorsque la population commence avoir voix au chapitre et que l'on reconnaît qu'elle peut exiger cette voix, il devient beaucoup plus difficile pour les pouvoirs publics qui veulent la réduire au silence d'avoir recours aux moyens traditionnels pour le faire. »

Par ailleurs, Mme Cheney a lancé un appel à la Syrie pour que ce pays libère le militant démocratique Kamal Labwani qu'il a incarcéré le 8 novembre, à son retour des États-Unis où il avait été l'invité du département d'État.


Date de rédaction: 10 novembre 2005 Mise à jour: 10 novembre 2005

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