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Un ancien ambassadeur loue les partenariats antiterroristes américano-africainsSelon M. David Shinn, les É.-U. apportent une aide inégalée à la sécurité de l'Afrique.
Par Jim Fisher-Thompson Washington - En mettant l'accent sur la lutte contre la pauvreté aussi bien que sur le renforcement de la sécurité, les partenariats engagés par le gouvernement Bush avec l'Afrique en vue de combattre le terrorisme international s'inscrivent dans une logique judicieuse, a déclaré le politologue et ancien ambassadeur des États-Unis David Shinn. Diplomate de carrière qui a été ambassadeur au Burkina Faso et, plus tard, en Éthiopie, M. Shinn enseigne à présent l'Afrique aux jeunes étudiants américains à la faculté Elliott de hautes études internationales de l'université George Washington, située dans la capitale fédérale. « Aucun pays non africain ne fait plus que les États-Unis pour lutter contre le terrorisme dans ce continent », a déclaré M. Shinn, le 16 novembre, aux plus de 300 participants à la deuxième journée de la conférence de l'Université nationale de défense (NDU) consacrée au thème de « L'Afrique : vitale pour la sécurité des États-Unis ? » Tenue sur le campus de la NDU sis en la base militaire historique McNair à Washington, cette conférence était coparrainée par l'Institut national d'études stratégiques et par le Centre africain d'études stratégiques. Les trois instituts sont des organismes de recherche militaire associés au ministère américain de la défense. Lors de la table ronde sur « Le terrorisme et les menaces transnationales : causes et prédispositions », M. Shinn a déclaré qu'il existait en Afrique de nombreux facteurs qui favorisaient l'essor de l'extrémisme et du terrorisme, notamment : « la gabegie, la corruption, une idéologie et des convictions religieuses radicales, l'opposition à la politique de l'Occident et l'aspiration à un nouvel ordre politique ». Nombreux sont ceux qui pensent que la pauvreté est une cause profonde du terrorisme, a poursuivi M. Shinn, et certains dirigeants africains « ont tendance à établir un lien plus étroit entre la pauvreté et le terrorisme ». Aussi toute stratégie visant à juguler l'extrémisme et le terrorisme en Afrique « doit-elle se jouer en association avec les gouvernements africains. Si ces derniers pensent en effet que la réduction de la pauvreté fait partie intégrante de la solution, alors il faut la considérer sérieusement dans le dialogue. » Il s'ensuit que « la politique des États-Unis concernant le rôle de la pauvreté et de l'inégalité comme motifs d'extrémisme et de terrorisme évolue dans la bonne direction », a déclaré M. Shinn. Il a observé, par exemple, que le président Bush avait déclaré, dans son document sur la Stratégie de sécurité nationale des États-Unis : « La pauvreté ne transforme pas des gens pauvres en terroristes ou en assassins. Mais la pauvreté, des institutions fragiles et la corruption peuvent rendre des États faibles vulnérables aux réseaux terroristes et aux cartels de la drogue à l'intérieur de leurs frontières. » M. Shinn a également noté que la Stratégie nationale de lutte contre le terrorisme élaborée par le gouvernement Bush en février 2003 reconnaissait que, bien que peu d'organisations terroristes eussent des liens avec la pauvreté et la misère, elles exploitaient ces conditions à leur profit : « La stratégie admettait que les États défaillants et fragiles étaient une source d'instabilité et pouvaient devenir des sanctuaires pour le terrorisme. » Pour aider à combattre la pauvreté, M. Bush a annoncé, cette année, l'affectation de nouveaux crédits à la lutte contre le sida en Afrique ainsi qu'à des programmes éducatifs destinés aux femmes et aux enfants. Il a également dévoilé un programme important de remise de dette en faveur des États les plus pauvres d'Afrique. Durant la seule année 2004, l'aide d'urgence et au développement des États-Unis à ce continent a totalisé 3 milliards de dollars. Sécurité africaine Sur le plan de la sécurité, le gouvernement Bush a également pris des mesures pour identifier et pallier les conditions qui contribuaient à la faiblesse et à l'insuccès des États. Il a notamment aidé à résoudre des différends régionaux et à protéger des États contre le terrorisme autochtone. Depuis les attaques terroristes du 11 septembre 2001 contre les États-Unis, plusieurs partenariats multipays ont été établis avec l'Afrique pour y renforcer la sécurité, notamment : - La Force d'intervention conjointe pour la Corne de l'Afrique (CJTF-HOA), créée à Djibouti en 2002. Ses 1.400 militaires et civils s'emploient à collecter des renseignements, à former des unités militaires alliées et à répandre la bonne volonté grâce à des projets civils. Elle œuvre en partenariat avec Djibouti, l'Érythrée, l'Éthiopie, le Soudan, la Somalie, le Kenya et le Yémen, et projette de s'associer en outre à la Tanzanie et à l'Ouganda. - L'Initiative de lutte antiterroriste en Afrique de l'Est (EACTI), dotée de 100 millions de dollars, lancée en 2003 pour fournir du matériel, de l'entraînement et une aide antiterroriste à Djibouti, à l'Érythrée, à l'Éthiopie, à la Tanzanie, à l'Ouganda et au Kenya. - L'Initiative pan-sahélienne (PSI), de 8,4 millions de dollars, visant à assurer une formation antiterroriste aux forces de sécurité de la Mauritanie, du Mali, du Niger et du Tchad en 2003-2004. À titre de suivi, les États-Unis ont entrepris en 2005 l'Initiative transsaharienne de lutte antiterroriste (TSCTI) qui englobe les quatre États sahéliens susmentionnés plus l'Algérie, le Sénégal, le Nigeria, le Maroc, la Tunisie et éventuellement la Libye. Le financement de la TSCTI atteindra peut-être 500 millions de dollars au cours des 7 prochaines années. Tous ces programmes ont pour ambition d'étoffer la capacité militaire et politique des gouvernements africains de répondre à la menace terroriste grâce non seulement à la formation et à la dotation en matériel d'unités antiterroristes, mais aussi « à une aide au développement, au renforcement de la diplomatie publique et à un appui en faveur d'une meilleure gestion des affaires de l'État et d'un meilleur respect des droits de l'homme », a déclaré M. Shinn. Date de rédaction:
18 novembre 2005 Mise à jour:
18 novembre 2005
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