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L'art africain contemporain exposé à la SmithsonianLe Musée d'art africain expose les œuvres de 27 artistes de la collection Pigozzi.
Par Christine A. Terada Washington - L'une des plus importantes collections d'art africain contemporain est exposée du 16 novembre au 26 février 2006 au Musée national d'art africain de Washington. « L'art africain contemporain : chefs-d'œuvre de la Collection Jean Pigozzi » regroupe 100 objets d'art de 27 artistes africains contemporains, la plupart peu connus et autodidactes. Il s'agit de la première exposition américaine qui donne une vue d'ensemble de l'art africain subsaharien contemporain. Elle est organisée conjointement par la Collection d'art africain contemporain Jean Pigozzi, qui est domiciliée à Genève, et par le Museum of Fine Arts de Houston. C'est en 1989, après avoir été inspiré par l'exposition « Magiciens de la Terre », qui avait lieu cette année-là au Centre Georges Pompidou, à Paris, que l'investisseur et photographe suisse Jean Pigozzi a commencé à collectionner des peintures, dessins, photographies, sculptures, « mixed media » (œuvres utilisant des techniques mixtes) et vidéos africains. Avec André Magnin, conservateur de cette exposition établi à Paris, il décida alors d'assembler une vaste collection et acquit 6.000 objets d'art de 93 artistes originaires de 20 pays d'Afrique subsaharienne. Cette collection a été constituée sur une période de 15 ans. Lors d'une conférence de presse, la directrice du Musée national d'art africain, Mme Sharon Patton, a souligné que cette collection différait des expositions précédentes. Elle l'a qualifiée de moteur de discussion et de reflet de l'art africain contemporain et dit qu'elle servirait à susciter « un dialogue mondial ». « En présentant cette collection, nous cherchons moins à montrer l'art africain contemporain qu'à nous acquitter de notre mission qui consiste à sensibiliser le public aux arts visuels africains, dans le cas présent certaines des œuvres d'art les plus importantes qui émanent de l'Afrique contemporaine », a affirmé Mme Patton. Parmi les clous de « African Art Now » figurent notamment les photographies de Malick Didibé, qui illustrent la culture rock-and-roll du Bamako (Mali) des années 1960, les collages mixed media de Willie Bester, qui traduisent l'opposition à l'apartheid en Afrique du Sud, les dessins format carte postale de Frédéric Bruly Boubré et l'insolite cercueil en forme d'oignon de Samuel Kane Kwei. Les photographies de Seydou Keita, prises dans les années 1950, dépeignent la société de Bamako durant le passage de cette ville cosmopolite colonisée par la France au statut de capitale d'un pays indépendant. Cet artiste malien, décédé en 2001, est le doyen de cette exposition. Ses œuvres côtoient celles de l'artiste le plus jeune qui y soit représenté, Abu Bokri Mansaray (35 ans). Le dessin de Mansaray intitulé « Alien Resurrection », qui date de 2003, illustre une guerre menée par des machines fantastiques qui tuent les gens, tableau des dures réalités de la guerre civile en Sierra Leone. Une autre œuvre saisissante est celle de Romuald Hazoumé intitulée « Roulette béninoise », réalisée en 2003-2004. Il s'agit d'une vraie moto disparaissant sous un amas de bidons d'essence apportant du carburant bon marché au Bénin. Selon la brochure consacrée à l'exposition, « le public est invité à se demander si c'est le commerce international ou le marché noir qui crée cette situation explosive ». Tous les artistes représentés ont vécu en Afrique jusqu'à l'âge adulte et conservent des liens étroits avec les traditions de leur pays. La brochure déclare : « Aucune tradition ou méthode unique n'unit ces artistes. Ils témoignent au contraire de la complexité du patrimoine africain contemporain et réagissent à la fois aux traditions historiques de leur culture locale et à la nouvelle ère de la mondialisation. » Toutes ces œuvres, aussi originales soient-elles, reconnaissent l'existence d'une identité transitoire en infiltrant dans des objets de tous les jours et des méthodes traditionnelles des influences occidentales et des problèmes contemporains. Les responsables du musée espèrent que les visiteurs s'interrogeront sur les événements qui ont inspiré les œuvres présentées et chercheront à approfondir leur connaissance de l'art africain contemporain. Pour compléter l'exposition, le musée organisera une série de manifestations publiques telles que films, conférences et programmes à l'intention des jeunes. Date de rédaction:
21 novembre 2005 Mise à jour:
21 novembre 2005
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