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Actualités de Washington
  

Mme Jendayi Frazer de retour de son troisième voyage au Soudan

Elle a obtenu une rencontre entre les chefs des deux principales factions du Mouvement de libération du Soudan.

Mme Jendayi Frazer
Mme Jendayi Frazer, secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines. (Photo dép. d'État)

Par Jim Fisher-Thompson et Tanya Salseth Feau
Rédacteurs du « Washington File »

Washington - Lors du récent voyage qu'elle a effectué au Soudan, la secrétaire d'État adjointe pour les affaires africaines, Mme Jendayi Frazer, a obtenu que les chefs des deux principales factions rebelles présentes au Darfour se rencontrent pour la première fois et consentent à reprendre de bonne foi les pourparlers de paix.

Répondant aux questions du « Washington File » lors d'une interview accordée le 22 novembre dans son bureau du département d'État, au lendemain de son troisième voyage au Soudan, Mme Frazer a expliqué que le principal objectif de son déplacement était d'obtenir que les chefs des deux principales factions du Mouvement de libération du Soudan (MLS) se rencontrent et consentent à relancer les négociations de paix qui se languissent à Abuja (Nigeria).

Impliquant les représentants du gouvernement soudanais et des rebelles du Darfour, ces négociations, sous l'égide de l'ancien secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine, M. Salim Salim, visent à mettre fin au conflit qui sévit dans l'ouest du pays et qui, depuis trois ans, a fait plus de 180.000 victimes et des millions de personnes déplacées. En raison de l'incapacité des chefs du MLS à présenter un front uni, elles sont actuellement dans une impasse.

La crise au Darfour a éclaté en marge du conflit plus vaste qui oppose le nord du pays au sud. En janvier, un accord de paix global visant à mettre fin à ce conflit a été signé et, en juillet, un gouvernement d'unité nationale a été mis en place dans le cadre de cet accord.

« Je suis arrivée au Soudan vendredi soir (18 novembre) et me suis rendue le lendemain matin au Darfour avec l'équipe américaine, le représentant de l'Union africaine (UA), M. l'ambassadeur Baba Gana Kingibe, et le médiateur de l'UA, M. l'ambassadeur Sam Ibok, pour avoir des entretiens avec les chefs du MLS, MM. Minni Minnawi et Abdel Wahed Nour.

« En résumé, nous avons essayé de nous mettre d'accord sur la composition de leur délégation, de savoir comment leurs factions respectives seraient représentées - individuellement ou ensemble -, de les convaincre d'avoir une position commune à Abuja, et de souligner l'importance de continuer à respecter l'accord de cessez-le-feu signé à N'Djaména », a expliqué Mme Frazer.

Si d'autres tentatives ont vainement été mises en œuvre auparavant pour relancer les pourparlers d'Abuja, Mme Frazer a bon espoir de voir aboutir la dernière intervention en date des États-Unis car, a-t-elle dit, « c'était la première fois que nous réussissions à faire en sorte que les deux chefs du MLS se rencontrent face à face, qu'ils se parlent et qu'ils s'assoient à la même table ». Il s'agissait en effet de créer un climat de confiance pour que les représentants du MLS puissent jouer un rôle utile dans les pourparlers qui doivent reprendre entre le 24 et le 28 novembre à Abuja.

Les deux factions représentées au sein du MLS, a indiqué Mme Frazer, « semblent avoir une position assez semblable pour ce qui est des négociations (...) Leur principal objectif est de mettre fin à la marginalisation de la population du Darfour. Leurs intérêts portent sur le partage des richesses et du pouvoir et sur des accords en matière de sécurité ».

Le plus difficile, a-t-elle dit, consiste à mieux comprendre les problèmes liés à leur style personnel de direction.

À la question de savoir quels étaient les effets des pourparlers d'Abuja sur l'accord de paix, Mme Frazer a estimé que les rebelles, au Darfour, « avaient manqué l'occasion » en ne se mettant pas d'accord à Abuja.

En vertu de l'accord de paix, des institutions nationales sont en train d'être créées, mais les rebelles « ne participent pas aux discussions ou à la création de ces institutions ».

« Il est donc essentiel de réussir à Abuja pour qu'ils puissent participer à la mise en œuvre de l'accord de paix (...) Il y aura des élections d'ici trois ans et les gens du Darfour n'ont aucun parti politique pour les représenter. C'est là la clé. Ils ne peuvent pas laisser passer l'occasion d'établir les institutions qui découlent de l'accord de paix et d'assumer une place au sein de ces institutions », a-t-elle expliqué.

Et d'ajouter : « Il faut continuer à exercer des pressions. Le gouvernement Bush s'efforce activement à travailler avec toutes les parties pour obtenir de bons résultats. Et ce qui définit le succès, c'est la fin du conflit et de la violence au Darfour et aussi l'application des dispositions de l'accord de paix. »


Date de rédaction: 23 novembre 2005 Mise à jour: 23 novembre 2005

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