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Le dramaturge américain August Wilson meurt à 60 ansSon œuvre offre une chronique de la vie des Afro-Américains au XXe siècle.
Par Michael Bandler Washington - Le dramaturge américain August Wilson, décédé d'un cancer du foie le 2 octobre, a dit un jour que ses pièces de théâtre avaient pour sujet « l'amour, l'honneur, le devoir, la trahison - toutes choses humaines qui inspirent les écrivains depuis la nuit des temps ». Wilson, l'un des dramaturges les plus vénérés de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle, cherchait, comme il avait coutume de dire, à « porter la culture sur la scène et à démontrer qu'elle est capable de vous soutenir ». Il était un universaliste par essence, un dramaturge modèle dont les œuvres continuent de s'adresser à toutes les cultures et à tous les peuples du monde. Son célèbre cycle de dix pièces couvre tout le XXe siècle Né et élevé dans un quartier du centre-ville de Pittsburgh, en Pennsylvanie, Wilson a passé les vingt dernières années de sa vie à faire la chronique de la vie afro-américaine dans un cycle de dix pièces qui est unique dans le monde du théâtre dramatique moderne. Chaque pièce représente une décennie du siècle dernier vue à travers les personnages qui vivent sur « The Hill » ( » la Colline », surnom donné au quartier ou a grandi Wilson). (La seule exception est « Ma Rainey's Black Bottom », dont l'action se situe ailleurs.) Les personnages vont et viennent, l'histoire nationale prend vie, et les changements qui ont lieu à une échelle plus grande, voire universelle, sont évoqués avec passion et émotion. Ses œuvres les plus célèbres, tant aux États-Unis qu'à l'étranger, sont « Ma Rainey's Black Bottom » (la première pièce de la série, montée en 1984), « Fences », « Jitney », « The Piano Lesson », « Two Trains Running » et « Joe Turner's Come and Gone ». Sa dernière, « Radio Golf », dont l'action se situe dans les années 90, a fait l'objet de deux productions initiales, et d'autres suivront sous peu. Des théâtres locaux ont joué ses œuvres Malgré sa célébrité en tant qu'écrivain - favori du public mais également profondément respecté par les critiques, les universitaires et autres spécialistes du théâtre - il devait beaucoup au soutien des théâtres régionaux. Et réciproquement, il a beaucoup attiré l'attention du public sur plusieurs de ces troupes. Au cours des trois dernières décennies, en effet, les grands dramaturges américains ne sont pas sortis des scènes commerciales de New York telles que Broadway et autres, mais des nombreux théâtres sans but lucratif que l'on trouve un peu partout dans le pays. Wilson et ses travaux illustrent bien cette tendance. Au cours des 21 dernières années, ils ont acquis leur célébrité au sein de compagnies telles que le Yale Repertory Theater, à New Haven, dans le Connecticut ; le Goodman Theater de Chicago ; et le Pittsburgh Public Theater, dans la ville natale de Wilson. Ensuite, ses neuf premières pièces dramatiques ont été remontées à Broadway et ailleurs, et « Radio Golf » devrait bientôt ouvrir à New York. Des thèmes dramatiques émanant d'humbles origines Wilson est né en avril 1945 sous le patronyme de Frederick August Kittel. Son père, qui était souvent absent du foyer, était un boulanger d'origine allemande. Sa mère, une Afro-Américaine du nom de Daisy Wilson, a élevé ses enfants, leur inculquant une grande fierté de leur héritage et un sens profond de la justice. Parvenu à l'âge adulte, August a décidé de porter le nom de jeune fille de sa mère. Si son éducation officielle a pris fin à l'âge de 15 ans, il a continué de s'imprégner de connaissances et de compétences à sa bibliothèque locale. À la fin de son adolescence, il a commencé à écrire des poèmes. En coopération avec une troupe locale de théâtre et une galerie d'art qu'il avait aidé à fonder, il s'est essayé à la dramaturgie, puis y a renoncé pendant plusieurs années. L'inspiration lui est revenue à la fin des années 70, lorsqu'il a trouvé un emploi au musée des sciences de Saint Paul, dans le Minnesota. Il était chargé d'adapter des contes populaires amérindiens en pièces de théâtre pour enfants. Il exprima bientôt son affinité croissante pour la dramaturgie et les sons et souvenirs de son enfance dans « Jitney », sa première pièce présentée en 1982 à Pittsburgh, mais rapidement confinée dans des tiroirs pour révision. La même année, cependant, le prestigieux Eugene O'Neill Theater Center de Waterford, dans le Connecticut, acceptait de monter sa seconde pièce, « Ma Raineys' Black Bottom ». Les personnages de sa pièce suivante, « Fences », dont l'action se déroule en 1957, se trouvaient aux prises avec une société américaine en plein changement. Certaines de ses œuvres ont un sujet limité - portant sur les difficultés et les problèmes auxquels se heurtent les personnages à une époque donnée. Dans d'autres, le champ est beaucoup plus vaste, comme dans sa neuvième pièce intitulée « Gem of the Ocean », dont l'action se déroule en 1904, et dans laquelle le mythe et le réalisme magique se combinent sur une vaste toile de fond couvrant plusieurs siècles. « The Piano Lesson », l'une des deux pièces de Wilson a avoir reçu le Prix Pulitzer, (l'autre étant « Fences »), a également une dimension historique lorsque deux enfants, durant les années 30, se battent au sujet d'une question d'héritage. Des acteurs sont devenus célèbres en incarnant les personnages de Wilson Les pièces d'August Wilson ont attiré vers le théâtre plusieurs grands acteurs qui se sont distingués dans leur art au fil des ans : Angela Bassett, Viola Davis, Leslie Uggams, S. Epatha Merkerson, Courtney Vance, Laurence Fishbume et Charles Dutton, pour n'en citer que quelques-uns. « Il est difficile pour un acteur de se tromper s'il est fidèle aux mots qu'a écrits August Wilson », a dit James Earl Jones il y a quelques années. Évoquant son interprétation du personnage principal de « Fences », à Broadway, en 1987, il a déclaré que « les tirades se guidaient elles-mêmes ; elles étaient bien construites. August était poète avant de devenir dramaturge, et la poésie fait toujours partie du discours de ses personnages. » Au fil des ans, Wilson est devenu un individu candide qui exprimait ses idées avec passion et conviction. Et c'est peut-être cet état d'esprit qui l'a poussé à révéler au monde, à la fin août, qu'il souffrait d'une maladie mortelle. « Ce n'est pas comme au poker. Je ne peux pas passer la main », avait dit Wilson lors d'une interview accordée au « Pittsburgh Post-Gazette ». « J'ai vécu une vie bénie. Je suis prêt. » Poète et dramaturge, créateur de personnages mémorables et d'atmosphères envoûtantes, il était, avant tout, un chroniqueur de son temps. Date de rédaction:
05 octobre 2005 Mise à jour:
05 octobre 2005
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