|
|||||||||||
|
|||||||||||
|
Exposé au Sénat sur les partenariats militaires États-Unis-AfriqueDéposition du commandant des forces américaines en Europe devant la commission sénatoriale des relations étrangères
Par Jim Fisher-Thompson Washington - Plus que jamais, les militaires américains sont résolus à aider les Africains à trouver des solutions à leurs problèmes de sécurité, lesquels menacent leur stabilité et leurs progrès économiques durement gagnés, a fait valoir, le 28 septembre, le général des « Marines » James Jones, commandant des forces américaines en Europe (EUCOM), à l'occasion d'une déposition devant la commission sénatoriale des relations étrangères qui se penchait sur la question de la crise au Soudan. Étant donné que les conflits, la pauvreté, la maladie et le terrorisme qui affligent l'Afrique auront toujours une incidence directe sur la sécurité des États-Unis, le continent africain, a-t-il fait remarquer, revêtira une importance prioritaire pour les décideurs américains tant civils que militaires. Il a ajouté, par ailleurs, que les liens économiques avec l'Afrique se multipliaient et « étant donné que dans dix ans 25 % des importations américaines de pétrole proviendront d'Afrique, la coopération au plan de la sécurité est plus importante que jamais ». Egalement commandant suprême des forces alliées de l'OTAN (SACEUR), le général Jones a indiqué aux parlementaires que l'EUCOM, l'OTAN, et l'Union européenne apportaient leur coopération à une mission humanitaire au Soudan dans le cadre de laquelle le transport par avion de 7.000 soldats de la paix de l'Union africaine était assuré. Une partie de cet effectif sera chargée d'assurer la sécurité des réfugiés de la région du Darfour. Il a expliqué que dans d'autres nations d'Afrique subsaharienne, l'EUCOM travaillait avec le département d'État pour aider l'Union africaine et les organisations régionales à élaborer leur cadre de sécurité. Les défis auxquels l'Afrique se heurte au plan de la sécurité vont de la protection des lieux de pêche vulnérables à celle des plates-formes pétrolières en mer en passant par la lutte contre les activités terroristes liées à Al-Qaïda dans la région du Sahel. « Les programmes de sécurité sur le terrain (« Theater Security Cooperation, TSC ») sont la pièce maîtresse de nos efforts. Ils comprennent la formation militaire des participants aux opérations de maintien de la paix et la gestion des ressources militaires et de l'infrastructure. Ces programmes ciblent les pays qui ont la capacité de mener l'Afrique vers l'avenir et en manifestent le désir », a expliqué le général Jones. À beaucoup d'égards, le programme ACOTA (African Contingency Operations Training and Assistance) est exemplaire. Il a remplacé l'Initiative de réaction aux crises en Afrique (African Crisis Response Initiative, ACRI), un programme de partenariat plus ancien. Depuis 1996, plus de 12.000 soldats africains ressortissants de 10 pays ont reçu une formation pour le maintien de la paix dans le cadre de ce programme. Le général Jones a précisé qu'un nouvel élan a été donné au programme ACOTA, qui est financé à hauteur de 40 millions de dollars, lorsque la Maison-Blanche l'a privilégié pour être le principal formateur en Afrique dans le cadre de l'Initiative pour les opérations mondiales de paix du gouvernement Bush (Global Peace Operations Initiative, GPOI), qui vise à renforcer la capacité des militaires étrangers à mener à bien les opérations de paix. En 2005, le Sénat avait montré sa confiance en la validité du programme ACOTA en lui renouvelant son financement. L'Initiative transsaharienne de lutte contre le terrorisme (Trans-Sahara Counterterrorism Initiative, TSCTI) qui implique le Mali, le Niger, la Mauritanie et le Tchad, est un autre programme auquel participe l'EUCOM. Ce programme fait fond sur l'Initiative Pan-Sahel (Pan Sahel Initiative, PSI), qui jouissait d'une grande popularité. L'année dernière, lors d'un engagement avec le Groupe salafiste pour la prédication et le combat, un groupe armé terroriste, des soldats de la PSI ont capturé l'un de ses principaux commandants, Abderrazak al-Para. Faisant valoir que les pays participant à la TSCTI étaient plus nombreux que ceux de la PSI et comprenaient l'Algérie, le Maroc, le Nigeria, le Sénégal, la Tunisie, « et peut-être la Libye par la suite », le général Jones a dit aux parlementaires que la stratégie d'ensemble était simple : renforcer les capacités locales et faciliter la coopération entre les gouvernements de la région qui souhaitent être des partenaires dans la lutte contre l'extrémisme islamique dans la région du Sahel. Le général Jones a mentionné un autre programme novateur de l'EUCOM, le « National Guard State Partnership Program » (SPP, programme de partenariat avec les Gardes nationaux au niveau des États) qui devrait créer des liens étroits entre les militaires africains et leurs homologues des différents États et territoires des États-Unis. Aux États-Unis, chacun des cinquante États a son institution militaire de Gardes nationaux, dont le commandant est le gouverneur. Les unités sont formées de réservistes issus des communautés locales, qui travaillent dans le privé et prennent part régulièrement à des exercices militaires. Le président peut faire appel à leurs services lors de catastrophes naturelles, de situations d'urgence, ou pour servir dans les forces armées à l'étranger. « Le statut civil-militaire particulier qui caractérise les Gardes nationaux leur permet de participer activement à un vaste éventail d'activités liées à la sécurité qui peuvent aider les pays partenaires à accomplir la transition de gouvernement autoritaire à démocratique », a souligné le général Jones. Outre la formation et parfois le matériel offerts dans le cadre de ce programme, les Africains et les Américains bâtissent à tous les niveaux des liens utiles qui durent parfois toute une vie et qui renforcent la coopération et appuient les intérêts stratégiques des États-Unis, a précisé le général. La plupart des partenaires du SPP sont des pays d'Europe de l'Est, mais le programme a été élargi il y a deux ans à des pays d'Afrique. L'Afrique du Sud est partenaire avec l'État du New York, le Maroc avec l'Utah, le Ghana avec le Dakota du Nord, et la Tunisie avec le Wyoming. Ce programme s'est révélé un tel succès que l'EUCOM envisage de demander des fonds supplémentaires pour l'étendre à d'autres pays d'Afrique. Date de rédaction:
11 octobre 2005 Mise à jour:
11 octobre 2005
|
||||||
|
Options: |
|
||||||||||||||||||