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Actualités de Washington
  

Selon Mme Rice, les Irakiens sont résolus à poursuivre le processus démocratique

Plus de 9 millions d'Irakiens ont participé au récent référendum.

Manipulation des bulletins de vote en Irak
Commencement du dépouillement du scrutin dans un lieu de vote de Bagdad le 15 octobre. (© AP/WWP)

Par Howard Cincotta
Correspondant du « Washington File »

Washington - La participation importante au référendum sur le projet de constitution illustre la détermination croissante des Irakiens à faire confiance au processus démocratique pour améliorer leur avenir, a affirmé la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, lors de plusieurs interviews accordées à diverses chaînes de télévision les 15 et 16 octobre.

Vote constitutionnel

Dans le cadre de l'émission « Meet the Press », animée par Tim Russert, Mme Rice a indiqué que pour le référendum du 15 octobre sur la proposition de constitution pour l'Irak, le nombre d'électeurs avait peut-être été supérieur d'un million à celui des votants lors de l'élection du mois de janvier portant sur l'Assemblée nationale de transition et qu'apparemment, un grand nombre de Sunnites y avait cette fois pris part.

« Quelles que soient les suites données au référendum, le peuple irakien s'est désormais investi dans le processus politique pour faire valoir ses vues, et ceci est une mauvaise nouvelle pour les terroristes », a dit Mme Rice à Chris Wallace, lors de l'émission « Fox News Sunday ».

Elle s'est refusée à faire des prédictions quant à l'issue du référendum, mais rejeté l'idée selon laquelle un non majoritaire au référendum signifierait aussi la défaite de la démocratie en Irak. Selon Mme Rice, quel que soit le résultat, la démocratie est servie car un grand nombre de Sunnites ont participé au référendum, ce qui signifie qu'ils ont confié leur sort au processus démocratique.

Il faudrait que les deux tiers des électeurs aient voté non dans trois des dix-huit provinces de l'Irak pour que le projet de constitution ne soit pas adopté. Les informations fournies par les médias et donnant des résultats non officiels semblent indiquer que le oui est majoritaire.

L'Associated Press rapporte que d'après les estimations des responsables électoraux, 61 % des personnes en droit de voter ont participé au référendum. Pour le New York Times, la participation des Sunnites a été irrégulière : beaucoup à Mossoul, par exemple, mais bien moins à Ramadi où les menaces de violence due aux insurgés étaient intenses.

Il semblerait que la participation des Chiites et des Kurdes, des populations dont la majorité appuie le projet de constitution, ait aussi été très importante.

S'adressant de Bagdad à Wolf Blitzer pour l'émission « Late Edition » de CNN, l'ambassadeur des États-Unis en Irak, M. Zalmay Khalilzad, a indiqué que plus de 9 millions d'Irakiens avait voté « et les Sunnites ont été de participants de plein droit ».

Pour M. Khalilzad, le succès en Irak repose sur deux élements : un processus politique qui inclut tous les Irakiens et un mécanisme, en matière de sécurité, pouvant protéger la population. « Hier, sur ces deux points, d'importants progrès ont été réalisés », a-t-il affirmé.

Vaincre la violence

Reconnaissant que l'approbation du projet de constitution par référendum ne signifiait par pour autant la fin de la violence en Irak, Mme Rice a fait valoir que les terroristes avaient prouvé qu'ils n'étaient pas capables d'arrêter le processus politique.

« Ces insurgés ne jouissent plus de base politique. Les Sunnites s'associent à la fondation de ce vaste processus politique et cela finira par sonner le glas de l'insurrection », a-t-elle fait remarquer.

À l'occasion d'une interview pour la BBC, à Londres le 15 octobre, Mme Rice a souligné l'amélioration notable des forces de sécurité irakienne, déclarant : « Les forces irakiennes de sécurité deviennent de plus en plus capables ; elles reçoivent un entraînement ; elles vont être capables de prendre la relève et de lutter contre ces violents. »

Selon les services de presse, dans l'ensemble, le calme a régné durant le référendum, les actes de violence étant rares et dispersés. On n'a signalé aucune mort à déplorer parmi les électeurs. Par contre, cinq soldats américains ont été tués par une bombe placée en bord de route à Ramadi (ouest de Bagdad), un endroit où se concentre la violence des insurgés.

Selon des sources militaires américaines, répondant à des informations relevant des services de renseignement et à des informations fournies par de simples Irakiens, les forces de la coalition ont effectué des raids dans la région de Ramadi le 14 octobre, capturant 24 terroristes et en tuant 12 autres.

Durant son interview pour l'émission « Late Edition » de CNN, M. Khalilzad a rendu hommage aux forces irakiennes de sécurité, rappelant que tant la coalition que les responsables irakiens disposaient d'informations faisant état de préparations, par les insurgés, d'importantes initiatives visant à troubler le bon déroulement du référendum, mais qu'ils avaient échoué. « C'est clairement aux efforts des forces de sécurité qu'en revient le mérite en partie », a-t-il affirmé.

Transition démocratique

Mme Rice a exprimé son optimisme en ce qui concerne l'avenir de l'Irak et déclaré : « Je pense qu'une très belle perspective nous attend, et c'est celle de la mise en place de la fondation d'un Irak démocratique et prospère pouvant résoudre ses différences par des moyens politiques et le compromis, d'un Irak pouvant devenir un modèle dans un Moyen-Orient en train de changer. »

« Si vous prenez comme référence le Liban, les territoires palestiniens et ce qui ce passe en Égypte, vous constatez que ce Moyen-Orient est en train de se transformer en quelque chose de bien mieux que ce que nous avons pu observer ces 60 dernières années, période durant laquelle nous pensions que nous pouvions ignorer la démocratie et obtenir la stabilité alors qu'en réalité nous n'avons obtenu ni l'une ni l'autre. », a-t-elle déclaré lors de son interview pour « Meet the Press ».

Pendant son interview à la BBC, Mme Rice a demandé qu'il soit rendu hommage aux Irakiens qui, a-t-elle rappelé, sont allés voter en grand nombre à deux reprises malgré les menaces et le feront encore en décembre, pour nommer un nouveau gouvernement.


Date de rédaction: 17 octobre 2005 Mise à jour: 17 octobre 2005

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