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Actualités de Washington
  

La réforme de l'ONU sera un travail long et difficile

Résumé des propos de M. John Bolton

M. John Bolton, représentant des E.-U. à lONU
M. John Bolton lors de sa déposition au Sénat, le 18 octobre. (© AP/WWP)

Par Merle D. Kellerhals Jr.
Rédacteur du « Washington File »

Washington - Le représentant des États-Unis à l'ONU, M. John Bolton, affirme qu'il est probable que la refonte de la Commission des droits de l'homme de l'ONU sera achevée d'ici à la fin 2005, mais que les autres réformes plus complexes de l'organisation prendront beaucoup plus de temps.

« Nous n'allons pas déclarer victoire après seulement quelques changements superficiels. La réforme des Nations unies ne se fera pas du jour au lendemain. »

Depuis que le président Bush l'a nommé à son poste en août dernier, M. Bolton a fait de la réforme de l'ONU son cheval de bataille. Le 18 octobre, lors d'une déposition devant la commission sénatoriale des relations étrangères, il a toutefois précisé que les 191 pays membres de l'ONU ne devaient pas considérer les réformes comme une initiative uniquement américaine, mais comme un processus diplomatique global de longue durée.

« En plus du remaniement de la gestion de l'ONU, celui des mécanismes fondamentalement inefficaces de l'ONU dans le domaine des droits de l'homme demeure une priorité pour nous. »

Les États-Unis ont en effet affirmé que l'actuelle Commission des droits de l'homme était irrécupérable et devait être remplacée par un nouveau conseil des droits de l'homme qui soit ouvert, légitime et efficace.

« Notre objectif est d'essayer d'achever les travaux sur le conseil des droits de l'homme d'ici à la fin de cette année », a-t-il dit.

Il a affirmé que l'une des plus importantes mesures approuvées lors du récent Sommet mondial des Nations unies avait été une résolution du Conseil de sécurité interdisant toute incitation au terrorisme et toute offre d'asile aux terroristes.

« Nous avons pensé que c'était une résolution très importante et nous espérons qu'elle est le signe avant-coureur d'autres résolutions sur la lutte contre le terrorisme et la prolifération. »

Les États-Unis souhaitent que les Nations unies adoptent une convention globale sur le terrorisme international.

La commission sénatoriale s'était réunie pour écouter la déposition de M. Bolton et de M. Paul Volcker, qui a dirigé la commission indépendante d'enquête sur les scandales qui ont entouré le programme « pétrole contre nourriture » en Irak. La commission sénatoriale a droit de regard sur la politique des États-Unis à l'ONU et organise régulièrement des audiences sur la réforme de cette organisation.

« Durant le scandale du programme pétrole contre nourriture, des milliards de dollars qui auraient dû servir à couvrir les besoins humanitaires des Irakiens ont été détournés par le régime de Saddam Hussein par le truchement d'un système de surcharges et de pots-de-vin », a déclaré le président de la commission sénatoriale des relations étrangères, M. Richard Lugar (républicain de l'Indiana). « Cette corruption s'appuyait sur des membres du Conseil de sécurité qui étaient complices de ces activités. »

M. Lugar a en outre déclaré que le monde dépendait de la crédibilité des Nations unies et que « les profiteurs, la mauvaise gestion et les méandres administratifs gâchaient cette précieuse ressource ».

M. Volcker a quant à lui déclaré : « Il est clair que l'ONU a besoin de faire le ménage, de remédier à ses imperfections et de restaurer sa capacité de fonctionner honnêtement et efficacement. Mais je crains qu'elle ne soit structurellement affaiblie et incapable de se réformer elle-même. »

Des pays qui n'ont pas d'intérêts financiers directs engagés dans une organisation efficace dominent l'ONU, a-t-il affirmé.

« Huit pays paient près de 75 % du budget. Ce n'est pas par hasard que ceux qui versent le plus de fonds à l'ONU sont ceux qui sont le plus intéressés par les réformes. »


Date de rédaction: 19 octobre 2005 Mise à jour: 19 octobre 2005

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