|
|||||||||||
|
|||||||||||
|
![]() | ||
Les risques de pandémie de grippe aviaire se précisentLa surveillance mondiale est l'une des clés de la mise au point d'un vaccin.Par Cheryl Pellerin Cet article est le premier d'une série que nous consacrons à la grippe humaine et aviaire et aux vaccins. Washington - Des scientifiques du monde entier cherchent à mettre au point un vaccin humain contre la souche H5N1 du virus de la grippe aviaire qui s'étend vers l'ouest depuis qu'elle est apparue en Asie, en 2003, mais les experts ne sont pas sûrs de l'efficacité d'un tel vaccin en cas de pandémie. Le problème est que les virus de la grippe, y compris ceux de la grippe aviaire, mutent si rapidement qu'un vaccin créé une année n'est plus efficace l'année suivante. « C'est un souci », affirme Andrew Pekosz, professeur adjoint de microbiologie moléculaire à l'École de médecine de l'université Washington, dans le Missouri. « Parce que les virus changent chaque année, nous ne pouvons pas espérer qu'un virus tiré de la souche H5N1 de l'année précédente pourra réagir avec la souche H5N1 de l'année suivante. » À ce jour, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé 117 cas humains d'infection au H5N1 dans quatre pays d'Asie. Soixante des malades sont morts. Mais étant donné que l'accès aux soins médicaux est limité dans certaines zones rurales et que certains cas n'ont peut-être pas été diagnostiqués, le nombre des victimes humaines pourrait être plus élevé. Depuis la confirmation, le 13 octobre, de la présence du H5N1 dans des élevages avicoles européens, l'inquiétude et la vigilance ont augmenté dans de nombreuses capitales. Cependant, même si des cas de grippe aviaire ont été confirmés dans plusieurs pays, aucun cas humain n'a encore été signalé en Europe. Pendant ce temps, la saison de la grippe commence dans l'hémisphère Nord, et les responsables de la santé publique conseillent aux personnes âgées et autres groupes vulnérables de se faire vacciner. Au milieu de la confusion concernant une éventuelle pandémie de grippe aviaire, les discussions sur les vaccins soulèvent des questions sur les différences entre la grippe humaine et la grippe aviaire, et sur la façon dont les gens peuvent se protéger au mieux contre cette menace qui, selon des estimations prudentes de l'OMS, pourrait faire de 2 à 8 millions de victimes. Hémagglutinine et neuraminidase Il y a trois types de virus de la grippe : A, B et C. Le virus de type A mute beaucoup plus rapidement que les deux autres. Le virus de type A infecte les humains, les oiseaux, les porcs, les chevaux, les phoques, les baleines et autres animaux, mais les oiseaux sauvages sont son hôte naturel. Du fait de ses capacités de mutation, le virus A de la grippe est divisé en sous-types en fonction de deux protéines qui se trouvent à sa surface : l'hémagglutinine et la neuraminidase. Les lettres H et N désignent respectivement le numéro de l'hémagglutinine et celui de la neuraminidase. Ainsi le sous-type H5N1 de la grippe a 5 protéines hémagglutininiques et 1 protéine neuraminidique. Il y a 16 sous-types hémagglutiniques et 9 sous-types neuraminidiques. Conséquemment, de nombreuses combinaisons sont possibles. Cela implique qu'il est essentiel que les experts de la grippe observent continuellement les virus en circulation, afin que les vaccins produits chaque année contre la grippe protègent contre les souches principales. Certains sous-types du virus A de la grippe - H1N1, H1N2 et H3N2 - se propagent généralement au sein de la population humaine. D'autres sous-types sont normalement limités à certaines espèces animales. H7N7 et H3N8, par exemple, affectent les chevaux. Selon le Centre d'épidémiologie des États-Unis (CDC), il est fort probable que certaines parties génétiques des actuels virus A de la grippe humaine proviennent des oiseaux. Il n'existe pas de sous-types pour les virus de type B et C parce qu'ils ne mutent pas aussi fréquemment que le virus de type A. Les virus de type B de la grippe ne se trouvent en général que chez l'homme ; ces virus peuvent causer des épidémies - de nombreux individus dans une zone donnée sont atteints en même temps - mais n'ont pas entraîné de pandémies - à savoir des épidémies qui couvrent de vastes zones géographiques et affectent une large proportion des populations. Les virus de type C sont peu virulents chez l'homme et ne causent ni épidémies ni pandémies. La grippe aviaire et l'homme Les virus de la grippe de type A sont les seuls à infecter les oiseaux et les humains. Les oiseaux sauvages, qui sont l'hôte naturel de tous les sous-types de virus A, ne sont généralement pas malades lorsqu'ils sont infectés par le virus de la grippe. Mais les oiseaux d'élevage, par exemple les dindes, les canards et les poulets, deviennent très malades et meurent de la grippe aviaire. En outre, certains virus aviaires peuvent également entraîner de graves maladies et la mort des oiseaux sauvages. Les virus de type A décelés chez certaines espèces peuvent parfois infecter d'autres espèces. Ainsi le virus de la grippe aviaire peut être transmis à l'homme par les oiseaux, soit par contact direct avec leur sang, leurs fientes et des environnements contaminés par le virus, soit par le truchement d'un hôte intermédiaire comme le porc. La transmission du virus par ces moyens ne déclenche pas de pandémie humaine. Pour ce faire, il faut que le H5N1 mute de façon à se transmettre facilement de l'homme à l'homme. Or normalement, les virus de type H5 n'infectent pas l'homme, ce qui fait que les populations humaines ont peu de protection immunitaire contre ces virus. Les vaccins sont le meilleur moyen de prévenir tous types de grippe. La mise au point annuelle d'un vaccin est un processus complexe, international et de longue haleine, qui commence par l'observation de la maladie. Veille sanitaire mondiale La surveillance est l'observation rapprochée de quelqu'un ou de quelque chose, dans ce cas, de la grippe. Parce que les virus ne respectent pas les frontières nationales, une telle opération acquiert un caractère international et est coordonnée par le Réseau mondial de surveillance de la grippe, créé par l'OMS en 1952. Le réseau de l'OMS est constitué de quatre centres collaborateurs - aux États-Unis, en Australie, au Japon et au Royaume-Uni - et de 112 institutions dans 83 pays. Les centres nationaux collectent des spécimens dans leur pays, et isolent et décrivent scientifiquement le virus. Ces centres envoient ensuite la souche nouvellement isolée aux centres collaborateurs de l'OMS aux fins d'analyses scientifiques et génétiques supplémentaires. Les spécialistes de l'OMS se fondent sur ces analyses pour recommander la formule du vaccin mis au point chaque année dans les hémisphères Nord et Sud, et pour préparer et distribuer les souches de vaccins candidats aux fabriquants. Le Réseau mondial de surveillance de la grippe sert aussi de mécanisme d'alerte en cas d'apparition de virus présentant un risque de pandémie, comme la souche H5N1 de la grippe aviaire. Selon un article intitulé « The Threat of Pandemic Influenza : Are We Ready ? », publié en 2004 par l'Académie nationale des sciences des États-Unis, ce réseau est efficace en Occident, suffisant en Europe de l'Est et au Moyen-Orient, mais « truffé de vides stratégiques en Afrique ainsi qu'en Asie ». Veille sanitaire locale Aux États-Unis, le CDC est l'un des quatre Centres collaborateurs de l'OMS. Dans le cadre de ses procédures locales de surveillance, le service spécialisé dans la grippe rassemble et rapporte chaque semaine, d'octobre à mai, des informations sur l'évolution de la grippe aux États-Unis. Le système de surveillance de la grippe aux États-Unis a plusieurs éléments qui informent le CDC de la présence de la grippe, du type de virus en circulation, de la façon dont il se modifie, des lieux où se répand la maladie, et de ses effets, notamment les décès. Ce système de surveillance comprend des rapports émanant de plus de 120 laboratoires, de 2.000 cabinets médicaux « sentinelles », de bureaux des statistiques dans 122 villes, de chercheurs et de médecins sur des sites spécifiques de surveillance, et de coordonnateurs de la surveillance de la grippe et d'épidémiologistes de tous les offices publics de la santé. Tous les rapports transmis par les États fédérés et les cabinets médicaux le sont bénévolement. Une telle surveillance est essentielle afin de suivre les mutations des virus de type A et de s'assurer que le vaccin distribué chaque année protège contre les souches en circulation. (Cet article fait partie d'une série sur la grippe humaine et aviaire, et sur les vaccins contre la grippe. La deuxième partie décrira le processus de mise au point et de fabrication du vaccin contre la grippe et évoquera les nouvelles tendances en matière de production de ce vaccin.) Date de rédaction:
20 octobre 2005 Mise à jour:
20 octobre 2005
|
||
|
Options: |
|
||||||||||||||||||