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Actualités de Washington
  

Les conditions de vie des Irakiens s'améliorent, affirme un envoyé de l'ONU

De nombreux projets en cours : santé, éducation, adduction d'eau et hygiène

Par Judy Aita
Correspondante du « Washington File »

Nations unies - Alors que le monde concentre son attention sur la précarité de la situation au plan de la sécurité en Irak, des milliers de personnes attachées aux organismes d'aide locaux et internationaux se consacrent à des projets qui, s'ils échappent souvent à l'attention des médias, ont cependant amélioré de façon notable la vie quotidienne de millions d'Irakiens.

Le 19 octobre, à l'occasion d'une conférence de presse, l'envoyé spécial adjoint de l'ONU pour l'Irak, M. Staffan de Mistura, a fait remarquer que si la sécurité était bien une priorité pour les Irakiens, d'autres questions telles que l'eau, l'hygiène, la santé et l'éducation les préoccupaient tout autant et ils souhaitaient que la situation s'améliore rapidement dans ces domaines.

Évoquant neuf projets mis en œuvre par des donateurs internationaux, l'Irak et les Nations unies, M. de Mistura a précisé que la discrétion était la norme en ce qui concerne ces projets et que c'était pour cette raison qu'on en parlait moins que de l'appui de l'ONU au processus politique en Irak.

« Ce qui compte, c'est d'avoir un impact plutôt que de bénéficier d'une certaine visibilité », a-t-il dit, précisant que les camions de livraison utilisés dans le cadre de ces projets étaient banalisés pour ne pas attirer l'attention des terroristes.

Il a expliqué que les projets, qui ont trait à l'enseignement, à la santé, à l'eau et à l'hygiène, ont été choisis après qu'une enquête menée auprès de civils irakiens pour connaître leurs souhaits a montré que s'ils attachaient de l'importance au processus politique, ils avaient des préoccupations plus terre à terre et voulaient, entre autres, que leurs enfants soient vaccinés et puissent aller à l'école.

Des solutions ont été trouvées en matière de santé

« Il n'y a pas de choléra en Irak », a souligné M. de Mistura, ajoutant : « Les eaux d'égout qui s'écoulent en plein air et la chaleur sont des conditions propices au choléra. Mais tous les jours en Irak, toutes les zones concernées par les eaux sales sont javellisées grâce à un programme financé à hauteur de 22 millions de dollars. »

« Il n'y a pas de polio non plus, ce qui est surprenant car cette maladie est présente dans la région », a-t-il ajouté, précisant qu'en septembre 2004, alors que la violence faisait rage, une vaste campagne de vaccination avait été organisée pendant deux semaines avec l'aide des autorités irakiennes.

Grâce à un service de messagerie offert gracieusement, le personnel médical a pu envoyer des messages téléphoniques à 5 millions de familles leur précisant les dates et les endroits où elles pourraient faire vacciner leurs enfants et environ 4,9 millions d'enfants ont ainsi été vaccinés.

D'autres projets ont été mis en œuvre : l'un d'eux vise à maîtriser le paludisme ; un autre porte sur l'acheminement de 3.500 tonnes de biscuits à forte teneur de protéines destinés à 1,2 million d'enfants souffrant d'une malnutrition modérée et à 400.000 femmes enceintes ; d'autres portent sur l'enrichissement de la farine de blé et de 90 % du sel avec de l'iode, dans le nord du pays, un projet qui doit être étendu à d'autres régions du pays.

Lorsque l'eau est coupée, des camions-citernes vont livrer de l'eau dans les hôpitaux et l'ONU apporte une aide technique et fournit des pièces de rechange aux ingénieurs pour qu'ils puissent remettre en état les usines hydrauliques, a indiqué M. de Mistura.

L'appui à l'éducation

« Les enfants vont à l'école. Sait-on pourquoi ? C'est parce qu'environ 7,9 millions de garçons et de filles ont reçu un petit sac contenant les fournitures scolaires dont ils avaient besoin et que près de 6 millions de manuels scolaires ont été imprimés », a souligné M. de Mistura, ajoutant que 223 écoles avaient été en partie rénovées et 115 autres complètement.

« Les enfants ne sont pas dans les rues lorsque les attentats font de nombreux morts, et c'est parce qu'ils ont la chance d'être à l'école », a-t-il fait valoir, rappelant que des Irakiens étaient en charge des projets et que des responsables locaux assuraient la distribution des marchandises.

Se concentrer sur le renforcement des moyens

Les six prochains mois vont être cruciaux pour la communauté internationale et l'Irak alors que ce pays avance vers la phase suivante du processus politique, lequel comprend des élections pour la nomination d'un nouveau gouvernement.

Pour les Nations unies et les donateurs internationaux, cette phase exigera que l'on se concentre sur le renforcement des moyens, à savoir veiller à la formation des responsables ministériels, coordonner l'aide, aider le Parlement à apprendre à gouverner et en même temps assurer le suivi des projets locaux tels que les installations de traitement des eaux usées dans le sud du pays et une usine de dessalement à Bassora.

Travaillant sur le terrain en Irak, M. de Mistura a pu se rendre compte de la détermination et du courage de la population.

« Ils ont des traditions vieilles de 5.000 ans, 200 milliards de barils de pétrole, une population très cultivée composée d'ingénieurs, de docteurs, d'avocats, de gens très capables. Ce dont ils ont besoin, c'est seulement d'un peu de stabilité », a-t-il fait remarquer.


Date de rédaction: 20 octobre 2005 Mise à jour: 20 octobre 2005

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