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Actualités de Washington
  

Mme Rice donne un iftar au département d'État

La générosité des musulmans se reflète dans l'esprit de sacrifice du ramadan, affirme la secrétaire d'État.

Mme Condoleezza Rice
Mme Condoleezza Rice. (© AP/WWP)

Ces mois derniers, les musulmans de par le monde ont fourni la preuve des qualités de générosité et de charité qui sont au cœur des traditions observées durant le saint mois du ramadan, a affirmé la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, au cours d'un iftar, ou dîner de rupture du jeûne, qu'elle a donné au département d'État le 25 octobre.

« Après le passage du cyclone Katrina, des États musulmans nous ont présenté des offres d'aide parmi les plus généreuses que nous ayons reçues », a fait observer Mme Rice aux convives réunis pour ce septième iftar annuel du département d'État. « Et après le récent séisme en Asie du Sud, le monde entier a vu des milliers de musulmans, déjà profondément engagés dans leur observation du ramadan, prendre la direction des secours sans rompre leur jeûne. »

La secrétaire d'État a déclaré que les musulmans de tous les pays méritaient de jouir des droits fondamentaux auxquels aspire tout être humain : « le droit de vivre à l'abri de l'oppression, le droit de pratiquer son culte à l'abri de toute persécution, et le droit de penser, de s'exprimer et de se réunir sans craindre aucun injuste châtiment. »

Les États-Unis appuieront « les peuples de toute culture, de toute race et de toute religion qui désirent prendre leurs propres décisions, choisir librement leur gouvernement et s'exprimer ouvertement », a-t-elle ajouté.

Mme Rice a souligné que la compassion, la coopération et la charité, ces vertus que proclament l'islam et d'autres religions, constituaient les éléments fondamentaux de toute société, en particulier des démocraties, dont l'existence dépend de l'échange respectueux des points de vue.

On trouvera ci-après le texte de la déclaration de Mme Rice.

Bonsoir. Ramadan Karim. Mesdames et messieurs, je suis honorée de la présence, ce soir, de membres distingués du Corps diplomatique et je me réjouis que notre société civile et que nos groupes confessionnels soient également représentés ici. Merci beaucoup d'être venus.

En tant qu'ancienne universitaire, je suis heureuse de voir aussi parmi nous un grand nombre de professeurs et d'étudiants, en particulier les boursiers Fulbright et d'autres professeurs venus de l'étranger. Il n'existe rien de plus important, dans tout ce que nous faisons, que les échanges de jeunes de nationalités différentes.

Je tiens également, bien sûr, à souhaiter chaleureusement la bienvenue aux nombreux représentants des médias de mon pays et de l'étranger qui se sont joints à nous ce soir.

Bienvenue, donc, à tous, à notre Iftar annuel du département d'État. Imam Hendi, je vous remercie de cette invocation aussi belle qu'émouvante. Nous nous rappellerons toujours l'esprit du ramadan ainsi que vous nous l'avez décrit.

Ces dernières années, j'ai eu l'occasion d'assister à plusieurs iftars donnés par le président Bush à la Maison-Blanche. Ces repas m'ont permis de m'entretenir avec un grand nombre de musulmans, hommes et femmes, qui m'ont fait mieux comprendre cette période du ramadan. J'ai appris que le ramadan était un temps de sacrifice et de foi fervente, de prière et de contemplation, de compassion et de joie profonde.

J'ai aussi appris que le ramadan inspirait plus d'un milliard de musulmans à travers le monde à renouveler leurs relations avec leur proches, leurs amis, leurs voisins, leurs collègues et, par-dessus tout, avec Dieu.

Aux États-Unis, nous connaissons cette générosité qui est au cœur de l'islam. Nous l'avons vue à l'œuvre de maintes façons. Récemment, après le passage du cyclone Katrina, des États musulmans nous ont présenté des offres d'aide parmi les plus généreuses que nous ayons reçues. Et après le récent séisme en Asie du Sud, le monde entier a vu des milliers de musulmans, déjà profondément engagés dans leur observation du ramadan, prendre la direction des secours sans rompre leur jeûne.

Nous savons aussi, dans notre pays, que les musulmans, comme des personnes d'autres fois ainsi que des gens n'en professant aucune, possèdent certains droits fondamentaux qui relèvent de notre égale dignité humaine. Au nombre de ceux-ci figurent le droit de vivre à l'abri de l'oppression, le droit de pratiquer son culte à l'abri de toute persécution, et le droit de penser, de s'exprimer et de se réunir sans craindre aucun injuste châtiment.

Mesdames et messieurs, il ne s'agit pas là de droits américains ou occidentaux. Ce sont des droits humains, désirés et mérités universellement. Les musulmans des États-Unis exercent librement leurs droits en tant que citoyens américains et les musulmans ont revendiqué leurs droits partout en Afrique du Nord, en Europe occidentale ainsi qu'en Asie centrale et du Sud-Est.

Le président Bush est persuadé que lorsque des États assurent à leurs citoyens leurs droits fondamentaux, notre monde en ressort plus juste et plus sûr. Les États-Unis appuient les peuples de toute culture, de toute race et de toute religion qui désirent prendre leurs propres décisions, choisir librement leur gouvernement et s'exprimer ouvertement. Nous savons que des choix libres peuvent susciter des désaccords, mais l'essence de la démocratie consiste bien à s'écouter les uns les autres, à échanger des idées respectueusement et à coopérer en toute occasion et en tout lieu possible. N'est-ce pas là, également, la mission de la diplomatie ?

L'Amérique soutient les aspirations démocratiques de tous les peuples, non pas parce qu'elle se croit parfaite ; au contraire, c'est précisément parce qu'elle est imparfaite, qu'elle a une longue histoire d'échecs et de mauvais départs, qu'elle chérit la démocratie et appuie tous ceux qui relèvent ses défis.

Ce week-end dernier, je suis rentrée chez moi, à Birmingham en Alabama. Le ministre britannique des affaires étrangères, M. Jack Straw, m'accompagnait. Nous avons retrouvé un peu le Birmingham de mon enfance, ce lieu où les personnes de ma race s'étaient vues privées de droits et de liberté, ce lieu où, à l'évidence, on n'avait guère avancé depuis que les « Pères fondateurs » avaient proclamé « Nous le Peuple » - et m'en avaient exclue.

Mais j'ai vu un autre Birmingham, aussi, un Birmingham qu'avait lancé cette grande pionnière que nous venons de perdre hier soir, Rosa Parks, une femme au courage immense, à l'esprit à la fois doux et indomptable, au cœur merveilleux, aussi grand que l'Amérique.

Et j'ai parcouru ce nouveau Birmingham qu'elle avait lancé, qui commence à se souder, où les cultes commencent à s'entendre, où les peuples de couleurs et d'ethnies différentes commencent à se solidariser. Et je me suis dit que c'était une merveilleuse réalisation pour l'esprit humain, que des êtres humains arrivent à surmonter leur histoire et leur héritage d'oppression et de manquements pour prendre un nouveau départ.

Ainsi donc, de toutes les nations, la nation américaine n'a pas de quoi s'exalter faussement, mais a, au contraire, toute raison de s'abaisser. Mais elle a aussi toute raison de croire que lorsqu'un peuple se dresse pour défendre les principes universels de la démocratie, il ne se laissera pas abattre.

Ainsi donc, au nom de tous les hommes et de toutes les femmes du département d'État, merci de nous avoir honorés ce soir de votre présence. Merci pour tout ce que vous faites, chaque jour, en tant que membres de l'une des grandes religions de la terre, d'une religion de paix et d'amour. Merci de nous avoir consacré cette importante soirée. Ramadan Karim.

Mais on me prie de vous informer que le dîner n'est pas encore achevé. Le café et le dessert seront maintenant servis. Je vous remercie.


Date de rédaction: 26 octobre 2005 Mise à jour: 26 octobre 2005

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