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Pétrole contre nourriture : Saddam Hussein aurait reçu 1,8 milliard de dollarsLa Commission d'enquête a remis son rapport final au secrétaire général de l'ONU.
Par Judy Aita New York - Selon la Commission d'enquête independante (CEI) sur le programme « Pétrole contre nourriture » de l'ONU qui a remis son rapport le 27 octobre, le régime de Saddam Hussein a détourné à son profit 1,8 milliard de dollars de surtaxes et de dessous-de-table liés à la vente du pétrole et à l'achat d'articles humanitaires dans le cadre du programme « Pétrole contre nourriture » et s'est approprié 11 milliards de dollars supplémentaires par le truchement de ventes clandestines alors qu'il faisait l'objet de sanctions de l'ONU. Ces malversations sont imputables en partie au fait que les responsables de l'ONU et les pays membres de cette organisation n'ont pas exercé de vérifications adéquates de ce programme, souligne le rapport. Le président de la CEI, M. Paul Volcker, a expliqué, lors d'une conférence de presse annonçant la publication du rapport final, « qu'à partir de 2000, l'imposition de dessous-de-table et de surcharges par le régime de Saddam Hussein a donné lieu à la création de sociétés fictives et d'organismes internationaux d'échanges disposés à accepter ces paiements illicites ». « Ce fait a changé de façon irrévocable la nature du programme. C'est à partir de ce moment-là que ceux qui étaient chargés de vérifier l'intégrité du programme - le secrétariat, le Conseil de sécurité et les sous-traitants de l'ONU - ont failli le plus gravement à leurs responsabilités », a dit M. Volcker. Le programme « Pétrole contre nourriture » avait été établi à l'origine comme un programme temporaire supervisé par l'ONU en vertu duquel les recettes de la vente du pétrole irakien devaient servir à l'achat de fournitures humanitaires pour les civils irakiens. Malheureusement, Saddam Hussein a manipulé le programme à son profit, a révélé la Commission d'enquête. Le fait que le secrétariat de l'ONU et le Conseil de sécurité n'aient pas défini clairement les responsabilités qui leur incombaient au plan administratif et que les pays membres n'aient pas pris de décisions cruciales en temps opportun a encore aggravé le problème, et ce qui est remarquable, a fait valoir M. Volcker, « c'est la politisation du processus ». « Saddam Hussein a fini par favoriser les pays, sociétés et individus qui, pensait-il à tort ou à raison, l'aideraient à faire lever les sanctions imposées à l'encontre de l'Irak depuis la fin de la Guerre du Golfe », a dit M. Volcker, ajoutant : « Il est vrai, par ailleurs, ainsi que nos précédents rapports l'ont souligné, que les différends politiques et les pressions au sein même de l'ONU - Conseil de sécurité, secrétariat et organes de l'ONU - ont entravé une réaction appropriée et efficace à la manipulation et à la corruption du programme (...) Nombreux étaient ceux qui participaient à la corruption ; celle-ci était importante mais elle n'aurait pu être aussi étendue si l'ONU et les organismes qu'elle chapeaute avaient fait preuve de plus de discipline dans leur gestion. » Le rapport de la CEI est « accablant », a dit le représentant permanent des États-Unis auprès de l'ONU, M. John Bolton. Pour M. Bolton, chef de file des efforts visant à réformer l'ONU, on peut tirer trois leçons très claires du scandale : une réforme urgente et immédiale de la direction de l'ONU est nécessaire ; les régimes de sanctions ont besoin d'être renforcés et améliorés ; les pays doivent poursuivre en justice les individus et les sociétés qui ont joué un rôle dans la corruption du régime de sanctions. Aux États-Unis, les autorités fédérales et locales ont déjà inculpé plusieurs personnes et sociétés qui ont participé à des manœuvres illicites pour tirer profit du programme « Pétrole contre nourriture ». « Les États-Unis estiment qu'il est du devoir des organismes chargés de faire respecter les lois dans tous les pays du monde de poursuivre en justice les gens et les sociétés qui, dans leur pays, ont fait la même chose. La meilleure façon de dissuader à l'avenir la complicité dans la corruption pour contourner les régimes de sanctions, c'est de vigoureusement poursuivre en justice les personnes et les sociétés qui en ont profité sur le plan financier« ', a fait remarquer M. Bolton. Date de rédaction:
28 octobre 2005 Mise à jour:
28 octobre 2005
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