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Actualités de Washington
  

Affaire Hariri : trois pays soumettent un projet de résolution sur la Syrie à l'ONU

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni demandent à la Syrie de coopérer avec la commission d'enquête.

M. John Bolton, représentant permanent des États-Unis à lONU
M. John Bolton, représentant permanent des É.-U. à l'ONU. (© AP/WWP)

Par Judy Aita
Correspondante du « Washington File »

New York (Nations unies) - Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont soumis au Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies un projet de résolution exigeant que la Syrie coopère avec la commission d'enquête internationale sur l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais Rafic Hariri.

Ce projet de résolution fait suite au rapport de la Commission d'enquête indépendante, présidée par le magistrat allemand Detlev Mehlis, qui a fait état de l'implication de hauts responsables tant libanais que syriens dans l'assassinat de Rafic Hariri et de vingt autres personnes le 14 février. La commission a également indiqué que l'absence de coopération de la Syrie avait entravé ses travaux.

Le représentant permanent des États-Unis auprès de l'ONU, M. John Bolton, a déclaré à la presse : « C'est une résolution énergique. Nous estimons qu'il importe de signaler clairement et avec vigueur au gouvernement syrien que le fait d'avoir fait jusqu'ici de l'obstruction en ce qui concerne les travaux de la commission Mehlis est inacceptable. »

Si le Conseil de sécurité vote en faveur du projet de résolution, tous les États devront bloquer les avoirs financiers des suspects nommés par la commission Mehlis et interdire à ceux-ci toute entrée dans leur territoire ou tout transit.

Le projet de résolution prévoit des sanctions contre les personnes que la commission Mehlis a déclaré être des suspects, mais elle ne prévoit pas de sanctions contre l'État syrien.

Le Royaume-Uni s'est joint aux États-Unis et à la France pour présenter le premier projet de résolution aux autres douze membres du Conseil de sécurité le 25 octobre. M. Bolton a indiqué que les consultations avaient déjà commencé et qu'elles se poursuivraient tout au long de la journée du 26 octobre. Les auteurs du projet de résolution espèrent que le Conseil de sécurité procédera à un vote le 31 octobre.

La Syrie doit également permettre à la commission d'enquête de s'entretenir avec des responsables syriens et toute autre personne que la commission jugera nécessaire d'interroger en dehors de la Syrie et/ou en dehors de la présence de tout autre responsable syrien.

Selon M. Bolton, la liste des responsables syriens que la commission pourrait interroger comprend bien évidemment le président Béchir Assad. « Nul n'est censé ignorer la loi, a-t-il dit, et le président a eu le temps de parler à la presse, à vous tous, mesdames et messieurs. S'il a le temps de faire cela, il a aussi le temps de parler à M. Mehlis. »

Le projet de résolution indique que le Conseil de sécurité envisagera de nouvelles mesures si la Syrie ne se conforme pas à ses exigences. Ces mesures comprennent diverses sanctions économiques et la rupture des relations diplomatiques.

Il est aussi extrêmement important, selon le projet de résolution, de poursuivre la piste tant au Liban qu'en dehors de ce pays afin d'élucider totalement tous les aspects de cet acte de terrorisme et en particulier de découvrir ses commanditaires et ses auteurs et de les traduire en justice.

Le projet de résolution indique aussi que la commission d'enquête poursuivra ses travaux jusqu'au 15 décembre et félicite les autorités libanaises « pour les décisions courageuses qu'elles ont déjà prises à propos de cette enquête ».


Date de rédaction: 27 octobre 2005 Mise à jour: 27 octobre 2005

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