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Actualités de Washington
  

Les États-Unis sont un pays très religieux, affirme un visiteur musulman

C'est à cette conclusion qu'est arrivé ce Mozambicain après son séjour.

Limam Abdul Carimo Sau et Gregg Garland, chargé de presse américain à Maputo
L'imam Abdul Carimo Sau et le chargé d'affaires publiques américain à Maputo, M. Gregg Garland. (Photo offerte par M. Garland)

Par Jim Fisher-Thompson and Gregg Garland
Rédacteurs du « Washington File »

Washington - Après avoir passé trois semaines à sillonner les États-Unis et à se rendre compte de ses propres yeux comment les Américains vivaient, les préjugés et stéréotypes d'Abdul Carimo Sau, un musulman du Mozambique, ont disparu.

M. Sau, vice-président du Conseil islamique du Mozambique, est venu aux États-Unis dans le cadre du programme des visiteurs internationaux du bureau des affaires éducatives et culturelles du département d'État.

À son retour dans son pays, il a évoqué son voyage à l'occasion d'une émission radiophonique transmise par une station locale islamique durant laquelle les interlocuteurs pouvaient poser des questions, et le 24 août, il a participé à une table ronde parrainée par l'ambassade des États-Unis à laquelle avaient été conviés une quarantaine de chefs de file de la communauté musulmane locale et quelques étudiants musulmans, leurs discussions étant elles aussi diffusées par la station de radio.

Selon un compte rendu de l'ambassade des États-Unis à Maputo, M. Sau a parlé chaleureusement et en toute franchise du programme des visiteurs internationaux et fait valoir que, d'après ses observations, les États-Unis étaient « un pays extrêmement religieux, pluraliste et respectueux des diverses religions, de leurs traditions et de leurs pratiques ».

La seule critique qu'il ait faite de la vie aux États-Unis, c'est que les horaires trop serrés des Américains sont mal adaptés à l'habitude qu'ont les Africains d'avoir des réunions qui se prolongent et des repas qui durent, regrettant de ne pas avoir eu plus de temps pour parler avec les gens.

Durant l'émission diffusée à la radio, dont la durée était prévue pour une heure, mais qui s'est prolongée d'une heure supplémentaire, il a souligné la religiosité du peuple américain et le caractère vigoureux de l'islam aux États-Unis.

Les Américains, a-t-il découvert à l'occasion de ce premier voyage aux États-Unis, sont bien différents de l'image stéréotypée qu'en brossent les médias. L'islam, a-t-il fait remarqué, est bien vivant en Amérique, une situation qu'il a attribuée en partie à la séparation des religions et de l'État et qui prouve que les musulmans ne peuvent s'attendre qu'à des avantages de la liberté de religion dans une société pluraliste.

Les préoccupations relatives au port du voile en public, a-t-il dit à un interlocuteur, n'ont aucune raison d'être, l'Amérique étant un pays où la tolérance des différences et le respect des religions prévalent.

Lors de la table ronde, il a réitéré la religiosité du peuple américain, expliquant que tous les repas qu'il avait pris avec des Américains avaient commencé par une prière d'action de grâce. Il a décrit le rôle important que jouent les organisations religieuses en appui aux services sociaux locaux, évoquant le travail du « Père Joe Carroll » de San Diego, un prêtre catholique qui s'occupe d'un important refuge pour sans-abri. Il s'est déclaré très impressionné par la générosité des Américains et les vastes sommes qu'ils contribuent aux organisations caritatives.

Interrogé à propos de la situation de l'islam en Amérique, il a précisé que toute ville de taille moyenne avait désormais une mosquée et que cette religion avaient autant d'adhérents que le judaïsme. Portant les vêtements traditionnels des musulmans durant son voyage, il a affirmé ne s'être buté à aucune discrimination, observant que certains des problèmes que connaissent les musulmans dans d'autres parties du monde étaient absents aux États-Unis.

Évoquant la politique américaine à l'égard du Moyen-Orient, il a fait valoir que les États-Unis étaient le seul pays en lequel aussi bien les Palestiniens que les Israéliens avaient confiance et qu'ils avaient assumé le rôle nécessaire d'intermédiaire.

À propos de la guerre en Irak, il a déclaré à ses interlocuteurs qu'à son sens, les États-Unis n'étaient pas un monolythe, précisant que la guerre faisait l'objet d'un débat intense quotidien au sein du Congrès et dans les médias. Il a mentionné les manifestants contre la guerre qui étaient rassemblés à proximité du ranch du président Bush, au Texas, et une autre manifestation anti-guerre devant la Maison-Blanche, et posé la question de savoir si avant la guerre un dirigeant irakien aurait jamais toléré des manifestants pratiquement sur son pas de porte.


Date de rédaction: 02 septembre 2005 Mise à jour: 02 septembre 2005

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