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Actualités de Washington
  

Les pourparlers d'Abuja pourraient mettre un terme à la crise au Darfour

La déposition de M. Zoellick devant la commission sénatoriale des relations étrangères

M. Robert Zoellick, secrétaire dÉtat adjoint
M. Robert Zoellick, secrétaire d'État adjoint. (© AP/WWP)

Par Jim Fisher-Thompson
Rédacteur du « Washington File »

Washington - La fin de la violence dans la région du Darfour, au Soudan, qui a fait quelque 150.000 victimes au cours des trois dernières années, est maintenant entre les mains des négociateurs représentant les factions rebelles et le gouvernement soudanais qui sont réunis à Abuja (Nigeria), a déclaré le 28 septembre le sous-secrétaire d'État, M. Robert Zoellick, à l'occasion d'une déposition devant la commission sénatoriale des relations étrangères.

Selon lui, « les pourparlers de paix parrainés par l'Union africaine entre le gouvernement du Soudan et les rebelles qui se battent au Darfour ont légèrement progressé » depuis leur début il y a quelques mois.

Il a fait part au président de la commission, M. Richard Lugar (républicain de l'Indiana) de son espoir que ces négociations, qui ont repris le 16 septembre à Abuja, offriront une solution durable à la crise au Darfour qui a obligé deux millions de personnes à quitter leur domicile et pour 200.000 d'entre elles à se réfugier dans 12 camps au Tchad.

Si la signature, en janvier, d'un accord global de paix entre le gouvernement de Khartoum et le Mouvement de libération du peuple du Soudan (MLPS) a jugulé le conflit vieux de vingt ans qui opposait le Nord et le Sud, des factions rebelles, au Darfour, notamment l'Armée de libération du Soudan (ALS) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (Justice and Equity Movement, JEM), continuent de s'affronter et de se battre avec les djandjawids, ces milices appuyées par le gouvernement soudanais, alors même que les négociations se poursuivent à Abuja.

M. Zoellick a précisé aux parlementaires que les actes de violence organisée sur une grande échelle avaient bien diminué du fait que les militaires soudanais se sont retirés du Darfour, mais que les djandjawids et autres milices ne s'étaient pas dissous et continuaient à attiser la violence. Les membres de l'ALS et du JEM n'ont pas non plus cessé leurs exactions : ils s'attaquent aux convois humanitaires et cherchent mutuellement à se voler leur bétail, a-t-il dit.

En juillet, les participants aux pourparlers d'Abuja, réussirent finalement à s'entendre sur une déclaration de principes qui sert aujourd'hui de cadre à la poursuite des négociations.

Faisant valoir qu'il n'y avait pas d'innocents dans cette partie du monde, il a expliqué que la récente montée de la violence au Darfour pourrait relever de manœuvres auxquelles se livreraient les parties en prévision des négociations d'Abuja et que les États-Unis ne toléreraient pas une telle stratégie qui irait à l'encontre du progrès.

L'objectif de l'aide américaine, a-t-il dit, qui se chiffre à 1,9 milliard de dollars depuis 2003, et de l'appui militaire américain, qui consiste principalement à assurer le transport par avion de forces de sécurité de l'Union africaine, dont les effectifs atteindront bientôt 7.700 hommes, est de « créer un environnement sûr » et d'encourager une réconciliation politique entre les tribus de façon que les gens puissent volontairement retourner chez eux en toute sécurité dès les premiers mois de 2006.

Malgré le décès récent de M. John Garang, chef du MLPS et premier vice-président du Soudan dans le nouveau gouvernement d'unité nationale, M. Zoellick s'est déclaré confiant que l'accord global de paix réussirait à mettre en place un nouveau gouvernement d'unité.

« L'accord de paix crée un cadre politique et constitutionnel pour le partage de l'autorité et de la richesse qui devrait permettre de mettre fin aux conflits au Darfour et dans d'autres régions », a-t-il dit, ajoutant que la secrétaire d'État ajointe pour les affaires africaines, Mme Jendayi Frazer, doit se rendre au Soudan dans quelques semaines pour s'entretenir avec les membres du nouveau gouvernement.

Pour sa part, M. Lugar s'est déclaré encouragé par l'intérêt personnel que porte M. Zoellick au Soudan. Tout en reconnaissant que le nombre de décès avait diminué au Darfour par rapport à il y a un an et que l'aide humanitaire arrivait plus régulièrement aux personnes déplacées, il a prévenu que « les désaccords qui couvent dans l'est du Soudan et dans le sud représentent encore une menace à l'accord de paix ».


Date de rédaction: 29 septembre 2005 Mise à jour: 29 septembre 2005

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