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Un Kényan apporte un peu des « Shimba Hills » à WashingtonIl va ouvrir un café dans un grand complexe sportif de la capitale des États-Unis.Par Susan Ellis Un petit morceau du Kenya sera bientôt au cœur de la ville de Washington, au Centre Verizon où jouent les « Wizards », l'équipe locale de basket-ball. Outre les rencontres sportives, ce centre organise des concerts qui attirent un public important. Le nouveau café, appelé « Shimba Hills » (d'après une réserve naturelle assez peu connue au Kenya), est situé au rez-de-chaussée de cet énorme complexe sportif. Il est l'aboutissement du rêve d'Andrew Agak, un Kényan qui a acquis le sens des affaires très tôt en vendant des pommes de terre près de Mombasa. Il est ensuite venu aux États-Unis où il a fait des études bancaires et financières à l'université d'État du Maryland à Bowie. M. Agak s'est lancé dans cette aventure avec deux associés, Lillian Karuri-Magero, une amie d'enfance spécialisée dans la commercialisation, et Shalin Carter qui, en sa qualité de spécialiste de la communication, le conseille dans le domaine des activités caritatives, entre autres. Selon M. Agak, le café « Shimba Hills » est « un café chargé de mission, parce que pour chaque livre de café vendue nous versons 5 % des recettes à certaines associations caritatives. » L'une d'entre elles est « City Arts DC », une association locale sans but lucratif qui a pour vocation de promouvoir les arts chez les enfants. En plus de la vente du café en vrac, « Shimba Hills » offrira des cafés et des thés fins d'Afrique orientale, et certains produits d'Amérique latine étiquetés « commerce équitable ». Il servira également de la pâtisserie et, le soir, des cafés parfumés à divers alcools, de la bière et du vin. M. Agak a également l'intention d'ouvrir trois stands dans le complexe sportif. Lors d'une interview accordée au « Washington File » le 7 avril, il a déclaré qu'il avait reçu des conseils avisés des responsables du Centre Verizon, ainsi que des responsables de la section loisirs du quotidien « The Washington Post ». Sa maîtrise de la théorie commerciale est évidente lorsqu'il parle de sa nouvelle entreprise mais, comme il le dit, « l'université et l'entreprise sont deux choses différentes. On apprend en faisant des erreurs, et l'emplacement est la clé de la réussite. » C'est ce qu'il a constaté lors de l'ouverture antérieure d'un magasin d'installation de stéréos pour voitures au Texas. « Nous avons ouvert notre commerce et, deux mois plus tard, « Circuit City » et « Wal-Mart » se sont installés dans la ville. Ils faisaient la même chose, mais bien moins cher ! Cela m'a appris à m'informer des plans des services municipaux d'urbanisme. » M. Agak a précisé que son café ne pouvait pas bénéficier de la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique subsaharienne (AGOA), « parce que le Kenya avait déjà un marché du café très développé ». Les textiles kényans, par contre, sont couverts par l'AGOA, qui vise à aider les entreprises africaines à exporter aux États-Unis. Grâce à l'AGOA, de petites entreprises africaines ont ainsi la possibilité d'augmenter leur chiffre d'affaires en ayant accès au marché américain. M. Agak est venu aux États-Unis en 1994. Pendant six ans, avant d'ouvrir son propre café, il a importé des grains de café du Kenya, de l'Ouganda et de la Tanzanie qu'il revendait à des torréfacteurs de la région. Il a également travaillé pour les services de comptabilité de plusieurs entreprises de Washington et du Maryland, où il a lié connaissance avec des hommes d'affaires. Étant donné que le café kényan ne peut être vendu qu'aux enchères à Nairobi, il a une licence qui lui permet de s'y faire représenter par un ami. « Nous achetons, a-t-il dit, des cafés de qualité produits par des cultivateurs qui reçoivent un prix plus élevé pour le café vendu aux enchères. » Date de rédaction:
12 avril 2006 Mise à jour:
12 avril 2006
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