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Actualités de Washington
  

M. Zoellick appelle à la cessation de la violence au Tchad

Les réfugiés soudanais au Tchad doivent être protégés, affirme le secrétaire d'État adjoint.

M. Robert Zoellick, secrétaire dÉtat adjoint
M. Robert Zoellick. (©AP/WWP)

Par Charles W. Corey
Rédacteur du « Washington File »

Washington - Le secrétaire d'État adjoint américain, M. Robert Zoellick, a appelé à la cessation immédiate de la violence au Tchad et à l'adoption d'un « processus politique différent » afin d'éviter de nouveaux troubles et notamment des attaques rebelles telles que celle lancée le 13 avril contre N'Djamena, la capitale.

Dans l'allocution qu'il a prononcée ce même jour à l'institut Brookings, centre d'études politiques de Washington, M. Zoellick a observé que la crise au Tchad était en partie liée au Soudan, « mais également tout à fait liée aux rouages internes du Tchad », et que le gouvernement du président tchadien Idriss Deby « avait sa propre fragilité ».

Des élections sont prévues au Tchad début mai, mais il semble que certaines actions des rebelles soient motivées par leur sentiment que ces consultations ne seront ni libres ni honnêtes, a dit le haut responsible dans cet important discours portant essentiellement sur le Soudan.

« Malgré nos efforts et ceux de la France et de l'Union africaine, nous n'avons pas réussi à obtenir un arrangement satisfaisant entre le gouvernement Deby et certains membres de l'opposition en vue d'une élection honnête ou d'un quelconque processus politique auquel tous pourraient participer », a déclaré M. Zoellick à son auditoire.

Vu « l'histoire turbulente » du Tchad, le régime en place devra engager une série de réformes, a-t-il dit. Il ne faut surtout pas minimiser la gravité de la situation, en particulier le risque de débordement du conflit : « Nous voulons éviter tout ce qui pourrait mettre de l'huile sur le feu ou provoquer des désertions susceptibles de conduire à des attaques rebelles. »

Au sujet du Soudan, le secrétaire d'État adjoint a déclaré qu'il fallait au premier chef assurer la sécurité et la satisfaction des besoins essentiels des populations qui se trouvaient dans les camps de réfugiés. Fuyant devant la violence au Soudan, plus de 200.000 personnes se sont réfugiées dans ces camps du Tchad où elles résident à l'heure actuelle.

Selon M. Zoellick, on compte au Tchad environ 1.200 soldats français, dont la mission principale est de protéger les camps. « Nous sommes en communication avec eux, ainsi qu'avec le HCR (le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) pour répondre aux besoins des réfugiés », a-t-il dit, ajoutant que, selon les informations qu'il avait reçues, la situation serait stable dans ces camps.

Le haut responsable américain a demandé à toutes les parties de mettre fin au conflit. Il a, de plus, fait état d'une réunion d'information urgente du Conseil de sécurité convoquée à la demande des États-Unis et d'autres pays, visant à faire le point des moyens qu'on pourrait mettre en œuvre pour éliminer toute intervention extérieure éventuelle, à demander aux groupements rebelles de cesser leurs actes de violence et à inciter, de même, les autorités à renoncer à la violence.

Situation d'instabilité au Tchad

Lors du point de presse quotidien du 13 avril au département d'État, le porte-parole, M. Sean McCormack, a qualifié de « fluide » la situation au Tchad.

Les États-Unis, a-t-il dit, « souhaitent vivement que la crise politique se résolve, et il appartient au peuple tchadien de régler ses différends politiques dans le respect de la loi, par le dialogue et par des moyens pacifiques, et non par le recours à la violence ».

Ce principe s'applique également à la situation au Soudan et au Darfour, a-t-il poursuivi. « Nous avons des discussions suivies sur ce dossier et nous faisons tout ce que nous pouvons à l'heure actuelle pour répondre aux préoccupations immédiates en matière d'aide humanitaire ainsi que de sécurité, en coopération avec la communauté internationale. Dans le domaine de la sécurité, nous travaillons très étroitement avec la mission de l'Union africaine et nous avançons sur d'autres fronts également, notamment l'OTAN et l'ONU. »

Du côté humanitaire, M. McCormack a affirmé que les États-Unis étaient l'un des principaux fournisseurs d'aide d'urgence en vue d'améliorer la situation au Darfour, et notamment qu'ils faisaient tout leur possible pour faire face aux problèmes qui surgissaient à présent le long de la frontière tchado-soudanaise.

« Cette crise ne pourra finalement se résoudre qu'au niveau politique. C'est la seule solution à long terme non seulement à l'instabilité au Tchad mais aussi au problème soudanais. Nous essayons par conséquent de concentrer nos efforts sur tous ces fronts, et nous encourageons le peuple tchadien à résoudre par la concertation les différends qui pourraient exister sur le plan politique, et à ne pas recourir à la violence. »

Le département d'État a créé un groupe de travail chargé de coordonner toutes les activités de ce ministère à l'égard du Tchad.


Date de rédaction: 14 avril 2006 Mise à jour: 14 avril 2006

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