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Actualités de Washington
  

L'amélioration au Soudan est possible, affirme M. Zoellick

Le discours du secrétaire d'État adjoint à Washington

M. Robert Zoellick, secrétaire dÉtat adjoint
M. Robert Zoellick. (©AP/WWP)

Par Charles W. Corey
Rédacteur du « Washington File »

Washington - Lors d'un discours prononcé à Washington le 13 avril, le secrétaire d'État adjoint des États-Unis, M. Robert Zoellick, a déclaré que malgré les problèmes actuels, il existait des possibilités d'amélioration au Soudan.

Ces problèmes, a-t-il dit, ont des racines historiques très profondes. Selon lui, la principale difficulté consiste à réconcilier Khartoum, la capitale du Soudan, avec les provinces. Il a rappelé que Khartoum avait été peuplée par des administrateurs et des commerçants. Sa source de vie était le Nil, et la ville a toujours été orientée vers les centres économiques et intellectuels du monde arabe : le Caire (Égypte), Damas (Syrie), et l'Arabie saoudite.

Dans ses relations avec le reste du Soudan, le gouvernement de Khartoum s'est toujours comporté comme « un dirigeant, un manipulateur, un exploiteur (...) et le gouvernement actuel ne fait pas exception à cette tradition qui remonte au moins à l'époque coloniale. »

Le sud du Soudan, a ajouté M. Zoellick, est un parfait exemple de ce phénomène. « Il y a des dimensions tribales (...) religieuses (...) des tensions entre Arabes et Africains et, bien sûr, il y a cette longue histoire de violence terrible. »

Les relations de Khartoum avec le Darfour, ainsi qu'avec l'est et certaines régions du nord du Soudan, suivent le même modèle.

La question fondamentale qui se pose est de savoir comment trouver des moyens novateurs de réconcilier le centre métropolitain du pays avec sa périphérie.

On sait, notamment en Afrique, que la façon dont le Soudan réagira affectera de nombreux autres pays. Après tout, a rappelé M. Zoellick, le Soudan est le plus vaste pays d'Afrique et a neuf voisins.

« De ce point de vue, donc, il devient évident que l'Accord de paix général négocié en janvier 2005 représente un changement historique d'une grande importance potentielle. » Cet accord a mis fin à une guerre civile de 21 ans qui a fait des millions de morts. Il offre également un « cadre constitutionnel » pour tout le Soudan, ce qui est tout aussi important.

M. Zoellick a cependant reconnu que l'application de cet accord était un succès relatif. « Sa mise en œuvre avance lentement. Mais malgré les obstacles, je pense qu'il y a des progrès. »

Pour que cet accord marche, il faudra des « contributions substantielles » des États-Unis et des autres pays donateurs. Les États-Unis consacrent déjà 1,3 milliard de dollars au Soudan chaque année (somme répartie entre le Darfour et le sud du pays).

Ce qui est le plus frustrant, a-t-il ajouté, c'est qu'il faut encore consacrer une partie importante de ces fonds à la satisfaction de besoins élémentaires. Il a exprimé l'espoir que ces fonds puissent un jour servir au déminage des routes, à l'établissement de systèmes de santé et à la création de perspectives de développement.

Le Darfour demeure « extraordinairement fragile »

Passant à la situation au Darfour, M. Zoellick a affirmé que la situation humanitaire demeurait « extraordinairement fragile ». Il y a eu quelques progrès en 2005 a niveau de la réduction du taux de mortalité. Mais avec le changement survenu dans la nature du conflit à la fin 2005, le niveau de danger a de nouveau augmenté.

« Ce qui m'a toujours préoccupé, c'est que la sécurité et les secours humanitaires ne tiennent qu'à un fil, et qu'il ne faudrait pas grand-chose pour que tout s'effondre. C'est pour cela que nous accordons tant d'attention à cette situation. »

En 2006, jusqu'à présent, les États-Unis ont fourni 86 % de tous les vivres que le Programme alimentaire mondial a envoyés au Soudan.

M. Zoellick a ensuite affirmé que la stabilité était vitale au Darfour afin que les gens puissent reconstruire leur vie et, sur ce plan, a-t-il dit, le gouvernement soudanais ne fait pas assez.

Au sujet de la sécurité, il a affirmé que la communauté internationale devait beaucoup à la Force de l'Union africaine au Soudan, qui a joué un rôle
clé au niveau de l'endiguement de la violence.

« Nous devons coopérer étroitement avec l'Union africaine, tant au niveau diplomatique que militaire. Ses soldats seront l'élément principal de toute force qui sera déployée. » Ils ont accompli un travail énorme, et ils ont besoin de plus de soutien, a affirmé M. Zoellick.

Pendant ce temps, le gouvernement d'unité nationale de Khartoum continue de faire de la résistance. « Là, il s'agit d'employer des moyens diplomatiques classiques. Nous devons continuer à faire valoir aux membres de ce gouvernement qu'ils sont les seuls à résister. Le génocide, la violence, les risques terribles qu'ils ont fait courir à leur peuple ont conduit des Américains, des Européens, des Africains, des Arabes et des Asiatiques à les pousser à modifier leur comportement. »

L'instauration de la sécurité dans le Darfour serait dans l'intérêt du gouvernement du Soudan, a-t-il affirmé, parce que chaque fois que cela va mal dans le Darfour, « c'est le gouvernement de Khartoum qui est tenu pour responsable ».

Selon M. Zoellick, un autre aspect important du règlement de la situation au Darfour est de demander des comptes à ceux qui ont participé à la tuerie.

Au sujet des négociations de paix qui sont actuellement en cours à Abuja (Nigeria), M. Zoellick a affirmé que, là encore, l'Union africaine avait joué un rôle très important. « Mais quel que soit l'accord qui en découlera, ce ne sera qu'une étape supplémentaire » dans un long processus qui doit inclure les besoins de développement essentiels du Darfour.

« Et il ne faudra pas s'arrêter là. » Il faudra ensuite tourner son attention vers les Béja, à l'est du Soudan.

« L'objectif est de trouver une paix globale, un nouveau cadre politique qui mènera à la démocratie et offrira une chance de développement à tous les Soudanais.


Date de rédaction: 14 avril 2006 Mise à jour: 14 avril 2006

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