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Actualités de Washington
  

La croissance de l'Afrique subsaharienne s'accélère, selon la Banque mondiale

Résumé des conclusions d'un rapport sur les indicateurs du développement

François Bourguignon, économiste en chef à la Banque mondiale
M. François Bourguignon, économiste en chef de la Banque mondiale. (©AP/WWP)

Par Kathryn McConnell
Rédactrice du « Washington File »

L'Afrique subsaharienne qui, sur le plan de la croissance économique, est longtemps restée en queue de peloton, a atteint en 2005 un taux annuel de croissance de 4,8 %, dépassant sa performance de 2004.

« Le continent africain connaît une croissance qui pourrait lui permettre de faire beaucoup plus en matière de réduction de la pauvreté », a déclaré François Bourguignon, économiste en chef de la Banque mondiale, le 22 avril, à l'occasion de la publication du rapport intitulé « Indicateurs de développement pour 2006 ».

La publication de ce rapport coïncidait avec les réunions de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) à Washington.

Le taux de croissance enregistré par l'Afrique subsaharienne en 2005 est égal au taux global de croissance du monde en développement depuis 2000, précisent les auteurs du rapport. Ce taux représente également plus du double du taux de croissance enregistré dans les économies à revenu élevé pour la même période.

À 9 %, c'est l'Asie de l'Est qui a enregistré le plus fort taux de croissance en 2005.

Pour les autres régions du monde, les taux de croissance pour 2005 sont les suivants : Europe et Asie centrale, 7,2 % ; Asie du Sud, 6,7 % ; Amérique latine et Caraïbes, 5,9 % ; et Moyen-Orient et Afrique du Nord, 5,9 %. Les pays à revenu élevé ont connu un taux de croissance de 3,4 %.

L'Afrique

M. Bourguignon a affirmé qu'il était capital que l'Afrique poursuive sur sa lancée, la montée de son taux de croissance s'expliquant en grande partie par la flambée du prix des matières premières, particulièrement du pétrole.

Toutefois, a-t-il précisé, quinze pays non producteurs de pétrole de la région connaissent une croissance moyenne de 5,3 % depuis 1995, et semblent être engagés sur la voie d'une croissance continue.

Les données du rapport renforcent les conclusions d'un autre rapport de la Banque mondiale (Rapport de suivi mondial - 2006) qui lie la réduction de la pauvreté à « la poursuite de politiques rationnelles, à une aide bien ciblée, et à une amélioration de la gouvernance et à un bon climat de l'investissement », affirme la Banque mondiale dans un communiqué de presse du 22 avril.

Par ailleurs, la croissance démographique en Afrique subsaharienne représente à la fois une chance de maintien de la croissance économique et un facteur de risque, a dit M. Bourguignon. Un large pourcentage de la population de la région est jeune. Une meilleure éducation des jeunes pourrait certes renforcer les capacités de réduction de la pauvreté, mais cela supposerait des investissements accrus dans les domaines de l'éducation et des soins médicaux.

Malheureusement, l'Afrique subsaharienne demeure une région dans laquelle il est coûteux et risqué d'investir, d'où les faibles taux d'investissements qu'on y enregistre.

Le commerce et les investissements privés

Le rapport attribue la croissance économique de l'Asie de l'Est au commerce. « La rapide expansion des échanges de la Chine a non seulement nourri la croissance de ce pays, mais aussi permis à ses partenaires commerciaux de la région de s'intégrer plus rapidement au secteur manufacturier mondial », affirme la Banque dans son communiqué.

Les investissements privés constituent un autre lien à la croissance. Le secteur des télécommunications, notamment, a attiré la majeure partie des investissements entre 2000 et 2004, des augmentations spectaculaires ayant été enregistrées en Europe de l'Est et en Asie centrale.

« L'accroissement des échanges, la réalisation de nouveaux investissements étrangers directs, et l'expansion du secteur des télécommunications sont autant d'indications que les pays s'intègrent pleinement à l'économie mondiale et ont de bonnes perspectives de croissance », explique dans le communiqué M. Eric Swanson, chef de programme dans le Groupe de gestion des données sur le développement.

Le rapport sur les indicateurs du développement fait en outre les conclusions suivantes :

- l'Asie de l'Est et le Pacifique ont le réseau routier le plus développé en zones rurales ;

- l'espérance de vie augmente depuis 1994 dans toutes les régions sauf en Afrique subsaharienne, en Europe et en Asie centrale ;

- malgré une amélioration des conditions globales, la déforestation demeure un problème considérable en Amérique latine et dans les Caraïbes ;

- c'est au Moyen-Orient et en Afrique du Nord que la consommation d'eau a été la plus élevée, notamment du fait des besoins d'irrigation dans l'agriculture ;

- l'Asie du Sud fait des progrès dans le domaine de la santé, notamment grâce à l'utilisation de combustibles moins polluants.


Date de rédaction: 24 avril 2006 Mise à jour: 24 avril 2006

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