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Le monde s'intéresse de plus en plus aux biocarburantsPour motif de sécurité nationale, les États-Unis vont privilégier les carburants autres que le pétrole
Par Charlene Porter Washington - Les besoins mondiaux de pétrole s'accroissant régulièrement et les ressources en la matière n'étant pas illimitées, les pays commencent à se tourner vers des carburants de remplacement, notamment les biocarburants. C'est ce que fait ressortir un communiqué rendu public le 25 avril par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) (http://fao.org/newsroom/fr/news/2006/1000282/index.html) qui prévoit que les carburants issus de matériaux organiques, tels que la sciure de bois, les produits issus de l'agriculture et les résidus de la taille des arbres pourraient répondre à 25 % des besoins énergétiques du monde dans les 15 à 20 prochaines années. Ces prévisions font écho aux propos du président Bush qui, lors d'un discours prononcé le 22 avril à Sacremento (Californie) à l'occasion de la Journée de la Terre, avait mis l'accent sur le recours à des sources d'énergie de remplacement. De l'avis de M. Bush, la dépendance des États-Unis à l'égard du pétrole produit par des pays au gouvernement parfois instable ou peu amical risque de soulever des problèmes de sécurité nationale. Les États-Unis et leurs partenaires internationaux travaillent actuellement à la mise au point de carburants dérivés de l'hydrogène, a indiqué le président, mais l'accroissement de la production d'éthanol, qui provient des végétaux, est un domaine de recherche également prometteur. « L'idée que les agriculteurs américains puissent produire du carburant me plaît. Il me plaît de penser que les gens puissent dire : "Ma récolte de maïs a augmenté et, en conséquence, nous dépendons moins du pétrole venant de pays étrangers", et c'est ce que nous commençons de faire. » Les biocarburants et l'agriculture La FAO s'intéresse vivement aux effets qu'aurait une augmentation de l'utilisation des biocarburants sur les petits exploitants agricoles. « Les agriculteurs, en particulier dans les régions tropicales, perçoivent les nouveaux débouchés qui seraient liés à une production accrue et pensent pouvoir augmenter leurs revenus », a dit M. Gustavo Best, premier coordonnateur de la FAO pour les questions liées à l'énergie. Si ces débouchés se réalisaient, les cultures destinées à la production d'énergie pourraient devenir une force positive pour le développement économique des régions rurales. De l'avis de M. Best, une expansion des marchés pour les biocarburants pourrait aussi faire remonter le prix des récoltes qui auraient fortement chuté, notamment de la canne à sucre. Si la sécurité énergétique est l'un des facteurs considérés lorsqu'un recours accru aux biocarburants est mentionné, les préoccupations concernant l'environnement et le réchauffement de la terre en sont deux autres. Par ailleurs, pour éviter une concurrence entre la culture des terres pour des récoltes vivrières et leur culture pour des récoltes énergétiques, a souligné M. Best, il sera nécessaire de faire des plans appropriés. « L'objectif est de promouvoir les cultures de façon à avoir suffisament de carburant et suffisament de nourriture », a fait valoir M. Alexander Müller, sous-directeur général de la FAO chargé du développement durable. Au mois de mai, la FAO présentera aux Nations unies une plate-forme internationale sur la bioénergie recommandant des stratégies visant à élaborer des politiques nationales qui maintiendront l'équilibre entre les besoins et la demande. Initiatives internationales La biomasse, un matériau organique, est aujourd'hui la première source d'énergie renouvelable aux États-Unis, produisant même davantage d'électricité que les barrages hydroélectriques, indique le ministère américain de l'énergie. L'énergie issue de la biomasse fournit plus de 3 % de l'énergie consommée aux États-Unis. La biomasse est surtout utilisée par l'industrie de la pâte à papier et du papier et la production d'électricité à partir des sous-produits de l'industrie forestière et des déchets municipaux solides. Au Laboratoire national de l'énergie renouvelable, dans le Colorado, les chercheurs sont en train de mettre au point des techniques permettant l'utilisation de l'énergie issue de la biomasse, notamment les biocarburants, la bioénergie pour la production d'énergie et les produits biologiques qui pourraient remplacer les carburants à base de pétrole. Le Brésil est le troisième producteur mondial de bioéthanol. Il a commencé à produire ce carburant de remplacement il y a 30 ans. Aujourd'hui, dans ce pays, selon la FAO, un million de voitures utilisent du carburant produit à partir de cannes à sucre et 1,5 million d'agriculteurs cultivent la canne à sucre pour la transformer en carburant. La plupart des nouvelles voitures construites au Brésil ont des moteurs capables de fonctionner à l'essence, au bioéthanol ou avec un mélange des deux. Le biodiesel, tiré de n'importe quel oléagineux, est le carburant de choix en Europe, région qui est aujourd'hui le plus gros producteur du monde de biodiesel. Les agriculteurs européens cultivent du colza, du soja et du tournesol pour leurs graines qui alimentent le marché en pleine croissance de ce carburant. Date de rédaction:
26 avril 2006 Mise à jour:
26 avril 2006
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