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Actualités de Washington
  

L'USAID apporte de l'aide à la Corne de l'Afrique frappée par la sécheresse

Il s'agit notamment de remédier aux problèmes à long terme.

Mike Hess, de lUSAID, en Ethiopie
M. Michael Hess (à droite) lors de sa mission en Éthiopie. (Photo USAID)

Par Charles W. Corey
Rédacteur du « Washington File »

Washington - Selon un haut responsable de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) qui vient de revenir d'un voyage dans la Corne de l'Afrique, cette région touchée par une grave sécheresse qui menace la subsistance de 8 millions de personnes, est en proie à une crise « pastorale ».

Les États-Unis, a indiqué récemment l'administrateur adjoint de l'USAID chargé des questions liées à la démocratie, aux conflits et à l'aide humanitaire, M. Michael Hess, à l'occasion d'une conférence de presse à Washington, ne ménagent aucun effort pour aider les habitants affamés de cette région dévastée par la sécheresse en faisant des dons de nourriture et en cherchant des solutions à long terme aux nombreux problèmes humanitaires chroniques auxquels elle est confrontée.

Les régions les plus durement touchées, a indiqué M. Hess, sont la Somalie, le nord du Kenya, le sud de l'Éthiopie et une partie de Djibouti.

La situation qui prévaut dans la Corne de l'Afrique a été qualifiée de « crise pastorale » en raison du statut des personnes touchées. « Il s'agit de 7 à 8 millions de personnes dont les revenus proviennent de leur bétail et qui se déplacent régulièrement à travers la Corne de l'Afrique. Ce sont ces gens-là qui sont le plus gravement touchés car ils dépendent des pâturages (qui se dessèchent si les pluies font défaut) pour que leurs bovins, leurs ovins, leur bétail en général et leurs chameaux puissent brouter et survivre », a-t-il expliqué.

Les pasteurs sillonnent régulièrement la région, a indiqué M. Hess, car il leur faut trouver des endroits où il y a suffisamment de nourriture et d'eau. Et du fait de leurs constants déplacements, il est difficile de leur faire parvenir une aide humanitaire.

L'USAID a élaboré des programmes d'aide ciblant spécifiquement la Corne de l'Afrique et qui permettent aux organes humanitaires de répondre rapidement à la situation d'urgence actuelle.

Selon une fiche thématique rendue publique à l'occasion de la conférence de presse, les États-Unis se sont engagés à ce jour à verser plus de 208 millions de dollars en vue d'appuyer les opérations de secours qui seront mises sur pied immédiatement et porteront sur la fourniture d'eau, de nourriture et de matériel d'assainissement aux régions de la Corne de l'Afrique le plus durement touchées.

Une flambée de cas de poliomyélite a surpris les hauts responsables

Abordant le côté sanitaire de la crise, M. Hess a précisé : « En cas de sécheresse, la rougeole est assez courante car les enfants sont affaiblis et contractent cette maladie facilement. » Constituant un problème lorsqu'elle est apparue, l'épidémie de rougeole n'a pas été aussi grave qu'on s'y attendait car les programmes de vaccination commençaient à porter leurs fruits. Cependant, les responsables des opérations humanitaires ne s'attendaient guère à constater une flambée de cas de poliomyélite, notamment en Somalie, et les secouristes travaillent d'arrache-pied pour juguler le problème.

Pour ce qui est de la malnutrition, a indiqué M. Hess, c'est en Somalie - épicentre de la zone de sécheresse - qu'on observe le taux le plus élevé, lequel atteint jusqu'à 30 % dans certaines régions du pays, alors que la moyenne est de 23,7 % ailleurs. Ce taux est tout de même très préoccupant pour les spécialistes de l'aide humanitaire qui s'inquiètent lorsqu'il dépasse 15 %.

« Ce taux de malnutrition ne fait qu'aggraver les problèmes de maladies qui existent également », a souligné M. Hess.

Les États-Unis arrivent à faire parvenir des vivres dans la région et entretiennent de bonnes relations de travail avec leurs partenaires, le Programme alimentaire mondial et CARE, mais les secours continuent à être entravés par des problèmes de logistique et de distribution. La majeure partie de la nourriture, a précisé M. Hess, arrive au port de Djibouti et est répartie dans des camions à qui il faut au moins une douzaine de jours pour arriver à destination, le manque de routes compliquant les choses.

La crise à court terme à laquelle la région est confrontée à l'heure actuelle n'empêche pas l'USAID de rechercher des solutions à long terme aux crises humanitaires qui se succèdent dans la région.

M. Hess a rappelé que les sécheresses n'étaient pas rares aux États-Unis, mais qu'elles ne conduisaient pas à des crises comme c'était le cas dans la Corne de l'Afrique. S'interrogeant sur les raisons de cet état de choses, il a fait valoir que « des mécanismes étaient en place aux États-Unis pour remédier à la situation » et indiqué que l'USAID s'efforçait d'aider les pays de la Corne de l'Afrique à mettre en place ce genre de mécanismes.

Selon M. Hess, l'USAID encourage la réalisation de projets durables d'adduction d'eau dans la région et cherche les moyens de donner une formation aux habitants qui leur permettrait de gagner leur vie d'une autre façon.

« Nous ne voulons pas obliger ces gens (les pasteurs) à faire un autre métier, mais nous aimerions au moins leur donner la possibilité d'essayer une autre façon de vivre », a-t-il dit. La culture du ver à soie a été suggérée ainsi que l'élevage de poulets, des femmes de certains villages ayant reçu des poussins d'un mois.

L'élevage des poulets et la vente des œufs et de ces volatiles, a-t-il indiqué, ont donné à ces femmes la possibilité d'ouvrir un compte d'épargne et aussi de diversifier leur régime alimentaire.

Il est essentiel que les pasteurs aient un peu d'argent de côté, car du fait des crises humanitaires qui se sont succédé au cours des ans, leurs avoirs ont diminué et ils n'ont plus guère les moyens de surmonter le choc d'une autre sécheresse.

L'USAID travaille aussi avec les gouvernements des pays de la Corne de l'Afrique en vue de développer des marchés, notamment au Moyen-Orient, pour le bœuf et les autres animaux élevés par les pasteurs.

Répondant aux questions de journalistes, M. Hess a fait valoir que tous les gouvernements de la région - Djibouti, Érythrée et Kenya - apportent leur coopération aux secours humanitaires. Pour ce qui est de la Somalie, la situation est différente car ce pays n'a pas de gouvernement permanent en place. Le gouvernement des États-Unis a promis près de 85 millions de dollars en 2006 pour appuyer les activités humanitaires dans ce pays.

À la question de savoir quelles sortes d'aliments étaient envoyées par les États-Unis dans la région, M. Hess a répondu qu'il s'agissait principalement de blé, d'huile végétale et d'un mélange de maïs et de soja, un supplément alimentaire particulièrement efficace pour les enfants souffrant de malnutrition. Le Kenya, pour sa part, a récemment libéré 60.000 tonnes de maïs de ses réserves pour alimenter ceux qui en avaient besoin.


Date de rédaction: 27 avril 2006 Mise à jour: 27 avril 2006

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