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Actualités de Washington
  

Les pays africains coopèrent de plus en plus à la lutte contre le terrorisme

Selon le rapport annuel sur le terrorisme, il reste cependant encore des obstacles à surmonter.

Par Jim Fisher-Thompson
Rédacteur du « Washington File »

Washington - L'Afrique n'est plus tout à fait le « terrain fertile » du terrorisme qu'avait décrit devant le Congrès un ancien secrétaire d'État adjoint aux affaires africaines il y a quelques années. Elle gagne du terrain au niveau de la coopération avec des alliés tels que les États-Unis, affirment les auteurs du Rapport annuel sur le terrorisme que le département d'État a publié le 28 avril.

Si l'Afrique continue d'abriter des groupes qui cherchent à saper la stabilité politique et économique du continent par la violence, il y a eu l'année dernière peu d'attentats terroristes internationaux en Afrique, et « de nombreux gouvernements ont renforcé leur coopération et intensifié leurs efforts dans la guerre contre le terrorisme ».

« L'Union africaine et d'autres organisations régionales africaines ont pris des initiatives d'amélioration de la coopération et de l'échange d'informations au niveau de la lutte contre le terrorisme », affirment les auteurs du rapport.

Un exemple de cette coopération accrue est Djibouti, qui non seulement abrite la seule base militaire des États-Unis en Afrique subsaharienne, mais aussi soutient résolument les efforts de lutte contre le terrorisme.

« Le président Ismaïl Omar Guelleh et nombre de hauts responsables de Djibouti ont exprimé plusieurs fois le soutien complet et inconditionnel de leur pays à la guerre mondiale contre le terrorisme » et ont répondu favorablement à toutes les requêtes des États-Unis.

Par contre, « un petit nombre d'agents d'Al-Qaïda en Afrique de l'Est, notamment en Somalie, continue de représenter la plus grave menace pour les intérêts américains et alliés dans la région », est-il affirmé dans le rapport. Des démarches régionales en faveur de la restauration de la paix et de la stabilité en Somalie sont en cours. Si les capacités des autorités somaliennes de mener à bien des activités de lutte contre le terrorisme sont limitées, elles ont néanmoins fait quelques pas dans cette direction. »

En Afrique occidentale et centrale, le degré d'enracinement des groupes terroristes est moins évident. Toutefois, la collecte de fonds, le recrutement et autres activités de soutien à Al-Qaïda et groupes affiliés, notamment en Afrique du Sud, au Nigeria et dans la région transsaharienne, demeurent très préoccupants.

Cette menace est contrée par un partenariat d'un coût de plusieurs millions de dollars entre le ministère de la défense des États-Unis (DOD) et dix pays du Sahel, appelé Initiative transsaharienne de lutte contre le terrorisme. Son objectif est de former et d'équiper des troupes locales afin de faciliter la coopération face aux organisations terroristes dans la région.

Cette initiative mettra l'accent sur « la préservation de la tolérance traditionnelle et de la modération de règle au sein de la plupart des communautés musulmanes de l'Afrique et contrera le développement de l'extrémisme, particulièrement au sein de la jeunesse et des populations rurales ».

Le rapport évoque également le soutien de l'Union africaine comme élément crucial des démarches antiterroristes des États-Unis.

En octobre 2004, par le truchement de son commandement européen, le ministère de la défense a contribué à établir à Alger le Centre africain d'étude et de recherche sur le terrorisme. Ses opérations se sont étendues. De plus, l'année dernière, le département d'État et le Centre d'études stratégiques africaines de la National Defense University ont coopéré avec l'Union africaine afin d'organiser des ateliers de lutte contre le terrorisme.

Autres domaines de coopération

- En Éthiopie, les responsables se sont sérieusement intéressés à la lutte contre le terrorisme ; ils ont consenti à la mise en œuvre de nouvelles initiatives et continuent à prendre part aux efforts visant à recueillir des informations ayant trait aux groupes terroristes et à les partager.

Les forces spéciales de l'Armée et le « Combined Joint Task Force-Horn of Africa » (CJTF-HOA, Force militaire combinée pour la Corne de l'Afrique) continuent à offrir une formation en vue de renforcer les compétences des soldats éthiopiens chargés de la patrouille et de la sécurité des frontières.

Pour sa part, réagissant à des informations faisant état de menaces ciblant des ressortissants américains, le gouvernement éthiopien a renforcé la sécurité des personnes concernées, fait des enquêtes et leur a accordé une protection.

- Au Kenya, le gouvernement continue à coopérer avec les États-Unis en vue d'identifier les groupes de terroristes opérant dans le pays. Il reste cependant du travail à faire, au plan intérieur, lorsqu'il s'agit de faire respecter les lois, de promulguer des lois visant la lutte antiterroriste et de poursuivre en justiste les personnes soupçonnées d'être impliquées dans le terrorisme.

- A Madagascar, les responsables gouvernementaux sont disposés à collaborer avec les États-Unis, mais le manque de matériel, de personnel et de formation pour le contrôle des côtes augmente les risques d'une pénétration de l'île par des terroristes. Au port principal de Tamatave, qui gère 80 % du trafic maritime de l'île, des mesures ont été prises pour renforcer les contrôles à l'entrée du pays et la sécurité en général.

- Le Mali n'a ménagé aucun effort pour combattre le terrorisme et a pris au sérieux les questions liées au financement du terrorisme.

Le gouvernement malien distribue régulièrement aux banques des informations relatives aux activités à surveiller, mais n'a jusqu'ici découvert ou gelé aucun avoir appartenant à des terroristes.

Le gouvernement malien a également accepté l'aide des États-Unis visant à renforcer le contrôle de ses frontières et à prendre des mesures afin de lutter contre le Groupe salafiste pour la prédication et le combat présent dans le nord du Mali.

- Le Nigeria a assumé un rôle prépondérant en matière de lutte contre le terrorisme en Afrique de l'Ouest. Les services de sécurité de ce pays font preuve de dynamisme lorsqu'il s'agit d'enquêter sur les éventuelles menaces aux intérêts américains et se sont efforcés d'améliorer le partage d'informations relevant des services de renseignement liées à la lutte contre le terrorisme. L'appareil militaire nigérian a également travaillé à la création d'unités ayant les moyens de lutter contre le terrorisme.

Ce pays a par ailleurs apporté un appui diplomatique infaillible aux initiatives mises en œuvre par la Coalition afin de lutter contre les talibans et Al-Qaïda, malgré les implications politiques que cela pourrait avoir pour ce pays qui abrite la population la plus importante de musulmans d'Afrique.

- Le président d'Afrique du Sud, M. Thabo Mbeki, a dit à plusieurs reprises qu'aucune circonstance « ne pouvait jamais justifier le recours au terrorisme » et les parlementaires de tous les partis, y compris des musulmans, se sont fait l'écho de ces sentiments.

La présence de terroristes en Afrique du Sud n'a pu être vérifiée, mais le rapport indique que de nombreux analystes pensent qu'Al-Qaïda et d'autres groupes extrémistes sont présents au sein des communautés musulmanes généralement modérées du pays afin d'y recueillir des fonds ou un appui quelconque. Cependant, le gouvernement sud-africain n'a jamais reconnu diplomatiquement de groupes terroristes ou fourni une aide matérielle quelconque à de tels groupes.

- L'Ouganda est une voix régionale solide lorsqu'il s'agit de s'opposer au terrorisme international et a appuyé les initiatives des États-Unis visant la lutte contre le terrorisme.

La Banque de l'Ouganda a le pouvoir de geler les avoirs des organisations terroristes reconnues, notamment Al-Qaïda, et l'Ouganda est membre du Groupe d'Afrique orientale et australe de lutte contre le blanchiment de l'argent, un organisme régional auquel adhèrent 14 pays qui organisent régulièrement des ateliers au niveau ministériel portant sur la lutte contre le recyclage de fonds et la lutte contre le terrorisme.


Date de rédaction: 28 avril 2006 Mise à jour: 28 avril 2006

VOIR AUSSI :
Fiche analytique : l'évolution du terrorisme mondial en 2005

Le Rapport sur 2005 fait état de mesures intégrées

 
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