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Actualités de Washington
  

La lutte contre le paludisme est à l'ordre du jour

Le sénateur Sam Brownback lance une campagne d'information sur le paludisme

Le sénateur Brownback et une équipe sur le paludisme
De gauche à droite: Paul Driessen, du Congrès de l'égalité raciale; le sénateur Sam Brownback; Lance Laifer, président de Hedge Funds vs Malaria; George Ayittey, professeur à l'American University et président de la Fondation pour la libération de l'Afrique. (Photo du Sénat des États-Unis)

Par Jim Fisher-Thompson
Rédacteur du « Washington File »

Washington - C'est parce qu'un résident de l'État qu'il représente, le Kansas, a inventé le basket-ball que le sénateur Sam Brownback a voulu symboliser la victoire sur le paludisme en « smashant » devant des visiteurs un ballon de basket dans un panier, à l'occasion d'une cérémonie organisée dans son bureau le 25 avril, journée consacrée au paludisme en Afrique.

M. Lance Laifer, un homme d'affaires de New York qui se voue à la lutte contre cette maladie qui fait au moins un million de victimes chaque année dans le monde, dont 80 % en Afrique subsaharienne, avait apporté un petit panier de basket-ball et un ballon dans le bureau du sénateur à Washington.

Selon M. Laifer, le filet du panier symbolise les moustiquaires de lits qui sont, selon lui, « l'une des flèches du carquois contre le paludisme ». Ces moustiquaires sont traitées avec des insecticides qui tuent les moustiques vecteurs de la maladie.

Indiquant qu'il voulait que les gens soient mieux informés au sujet des conséquences pour l'Afrique de cette maladie mortelle en s'adressant à l'esprit sportif des habitants de New York, ville qu'il habite également, M. Laifer a expliqué qu'il s'était promené un jour du Bas-Manhattan jusqu'à Harlem en tenant un petit panier de Basket-ball auquel était attaché un filet « afin que les gens prennent conscience du problème ». « J'ai été surpris que si peu de personnes savaient que le paludisme tuait de nombreux Africains et que c'était une maladie que l'on pouvait à la fois prévenir et soigner », a-t-il fait remarquer.

C'est alors qu'il a décidé de créer une organisation non gouvernementale (ONG), « Hedge Funds Vs. Malaria » qui, avec le parrainage de l'équipe professionnelle de basket « The Knickerbockers », a lancé en mars une campagne baptisée « Dunk Malaria » (Écrasons le paludisme). L'argent recueilli a permis d'établir des « zones libérées du paludisme » dans des villages du Ghana, du Nigeria, du Kenya et de Tanzanie.

Le rôle des insecticides dans la lutte contre la maladie

« Nous avons enregistré quelques progrès sur le front de la prévention », a dit à l'occasion de la cérémonie dans le bureau de M. Brownback M. George Ayittey, président de l'ONG « Free Africa Foundation », également professeur à l'American University. Ce dernier a collaboré avec M. Laifer au projet visant la lutte contre le paludisme en Afrique, et précisé que la pulvérisation de DDT dans les habitations n'avait pas fait partie de la stratégie sous-tendant ce projet. Cette pratique, couramment utilisée dans les années 1950 et 1960, obtenait de bons résultats lorsqu'il s'agissait de tuer les moustiques, mais elle a été découragée par les groupes se vouant à la protection de l'environnement car un emploi excessif de cet insecticide a eu des effets néfastes sur l'environnement.

Le DDT est l'une des 12 substances chimiques interdites par la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants (POP) (http://pops.int/documents/convtext_fr.pdf) qui autorise néanmoins son utilisation pour la lutte antivectorielle dans les pays prédisposés au paludisme. Cette dérogation a été mise en place parce que les autres insecticides sont souvent trop coûteux pour les pays en développement où le taux de paludisme est élevé.

Les POP se sont révélés dangereux à la fois pour la santé de l'homme et pour l'environnement car leurs composants chimiques ne se dégradent pas facilement et qu'ils ont tendance à s'accumuler dans l'environnement et dans les organismes vivants. (Les États-Unis ont interdit la plupart des utilisations du DDT en 1972 et le département d'État a exhorté le Congrès à ratifier la Convention de Stockholm.)

Beaucoup de pays africains ont été dissuadés d'avoir recours à la pulvérisation préventive de DDT, en partie à cause des objections soulevées par l'Union européenne qui a indiqué qu'elle serait peu disposée à accepter des produits agricoles en provenance d'Afrique si une pratique de pulvérisation de DDT se généralisait.

De l'avis de M. Paul Driessen, analyste attaché au « Congress of Racial Equality » (CORE), qui participait aussi à la cérémonie organisée dans le bureau de M. Brownback, étant donné l'efficacité du DDT dans l'éradication du paludisme par le passé, il serait judicieux de faire prendre conscience de la valeur de cette substance pour ce qui est de la lutte antipaludéenne.

Et de souligner : « Le succès engendre le succès et l'intérêt, et de plus en plus de communautés et de pays vont vouloir du DDT. »

Déclarant qu'il était déjà acquis à l'idée (de recourir au DDT) et soulignant la nécessité d'employer une stratégie à volets multiples pour lutter contre le paludisme, M. Brownback s'est proposé d'écrire une tettre à M. Paul Wolfowitz, président de la Banque mondiale, organisme qui apporte un financement aux programmes antipaludéens en Afrique.

La forte mortalité associée au paludisme en Afrique a fait une vive impression sur M. Brownback qui a effectué plusieurs visites humanitaires sur le continent, notamment en République démocratique du Congo, au Rwanda et au Kenya en décembre 2005.

Limiter le nombre des endroits propices aux moustiques et généraliser l'utilisation de moustiquaires de lits traitées avec un insecticide sont deux des mesures recommandées pour contrôler les moustiques et empêcher le paludisme.

Dans un communiqué publié le 25 avril, l'Institut national de la santé a rappelé que le président Bush avait lançé, en juin 2005, une nouvelle initiative de lutte antipaludéenne (voir, en anglais, http://fightingmalaria.gov/index.html) qui vise une réduction de 50 % des décès imputables au paludisme dans les douze pays ciblés après avoir donné au programme trois ans pour faire ses preuves. Lancé en 2006 en Angola, en Tanzanie et en Ouganda, ce programme, mis en œuvre conjointement par l'USAID et le ministère américain de la santé et des services sociaux, doit être étendu en 2007 à 4 autres pays africains où le paludisme est légèrement endémique et à 5 autres en 2008.


Date de rédaction: 28 avril 2006 Mise à jour: 28 avril 2006

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